Re: Soldier

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    Ran laissa Coza derrière lui et se dirigea vers Hua, mais après quelques heures il descendit de cheval et lui fouetta la croupe, il henni et partit au galop toujours en direction d’Hua.

    La véritable destination de Ran était Lyzana, la capitale du royaume située au Nord-Ouest de Coza et d’Hua, en plein centre du pays, et surtout, le lieu où résidait la princesse. Même à Cheval il aurait mis au moins une journée entière à l’atteindre et s’il restait sur les grandes routes il serait définitivement repéré. Il décida donc d’abandonner sa monture et de s’enfoncer dans la forêt.

    Après des mois de chasse en solitaire, Ran s’était habitué au terrain irrégulier et à la végétation dense, il pouvait donc se déplacer sans problèmes dans les immenses forêts qui parcouraient le royaume. Mais malgré cela, il mit plus de 2 jours et demi avant d’atteindre Lyzana et arriva en début de soirée.

    De loin, la ville semblait au moins 3 fois plus grande qu’Hua, elle était entourée de champs sur plusieurs kilomètres et évidemment, en tant que capitale la ville possédait un imposant mur d’enceinte. Ran aperçut son objectif, le château abritant la famille royale trônant au milieu de la ville.

    Peu importe sa vitesse, il serait surement repérer s’il fonçait tête baissée, et il voulait à tout prix éviter une confrontation inutile. S’il voulait agir, mieux valait attendre la nuit.

    Lorsque l’obscurité se fut installée, Ran sortit du couvert de la forêt et sprinta en direction de la ville, il décida de ne pas activer son mode d’assaut rapide, le bruit l’aurait immédiatement fait repérer.

    Ran avait eu tout le temps d’observer les allées et venues des gardes, il savait que la patrouille la plus proche était à plusieurs centaines de mètres de sa position. Il ne serait pas découvert si facilement.

    En approchant du mur, au lieu de ralentir, il accéléra ! Invoquant silencieusement une nouvelle magie élémentaire qu’il avait créée.

    Il sauta en l’air, mais au lieu de retomber au sol il prit appui dans le vide et sauta de nouveau !

    {Air step}, comme son nom indiquait, Ran avait condensé l’air sous ses pieds et avait ordonné aux gaz de rester statique un court instant pour se donner un point d’ancrage. Le principe semblait simple mais le cout en mana était assez élevé, après tout, Ran demandait à des gaz de supporter plus d’une centaine de kilos ! Ce simple fait montrait la maitrise qu’il avait acquise sur ses capacités.

    Il poursuivit ainsi sa montée du mur et une fois arrivé en haut, se jeta de l’autre côté, amortissant sa chute avec un coussin d’air.

    Il continua sur sa lancée vers le palais royal, évitant soigneusement les gardes qui patrouillaient la ville. Un mauvais pressentiment le prit soudain, la sécurité était trop élevée, même s’il s’agissait de la capitale, le nombre de gardes parcourant les rues en pleine nuit était trop important.

    En observant d’avantage, Ran aperçut l’emblème de la famille royale sur la patrouille, ce n’était donc pas des gardes… C’était des soldats de l’armée royale.

    Son sentiment se confirma lorsqu’il arriva près du mur intérieur protégeant le palais, de nombreux soldats étaient postés au sommet, il n’avait aucune chance de passer sans être repérer.

    Etaient-ils là pour lui ? S’il avait été jugé suffisamment dangereux après avoir tué Gliver il était logique que la royauté et les nobles aient renforcés leur défense.

    C’était embêtant, Ran resta caché dans une ruelle adjacente le temps de formé une stratégie. Il lui fallait une diversion. Un sourire sinistre passa sur ses lèvres, il plongea sa main dans son inventaire, cette fois ci, il avait pensé à en apporter.



    Marco était furieux, dès son retour à Hua le commandement de l’armée royale avait ordonné de mettre l’ensemble des nobles du royaume sous protection, cela représentait des milliers d’hommes à mobiliser! Des hommes sensés défendre la frontière des menaces extérieures, au moment où l’empire se faisait de plus en plus insistant, mais à quoi pensaient-ils ? Il ne s’était pas engagé pour servir de chien de garde !

    Et pourtant son départ était prévu pour le lendemain…

    On lui avait appris à obéir aux ordres donc il ne pouvait que se soumettre à la décision de ses supérieurs.

    Mais le point qui le révoltait le plus fut qu’on lui avait demandé de signer un document comme quoi Ran avait tenté d’éliminer les soldats venus l’arrêter, avec l’aide des habitants de Coza !

    Il avait bien sûr refusé de signer, recevant des regards noirs de la part de son leader. Il pensait même avoir été suivi jusque chez lui…
    Une fois à l’abri, il verrouilla la porte et se mit à réfléchir.

    La situation était bien plus sérieuse qu’il n’avait cru ! Marco senti un poids sur ses épaules, pourquoi le leader s’acharnait il sur Ran ? Jusqu’où cette affaire remontait elle ? Il n’en savait rien. Et seul, il ne pouvait rien faire. Il s’approcha de son bureau et commença à rédiger une longue lettre expliquant la situation en détails.

    Son père était un gradé, il était strict mais avait toujours été juste et impartial, et plus que tout, Marco avait toute confiance en lui, oui, si c’était lui, il saurait sûrement quoi faire.

    Une fois terminé, Marco ouvrit la volière à côté de la fenêtre et attacha la lettre à la patte de l’oiseau de proie qu’il utilisait pour communiquer avec son père avant de le relâcher. L’oiseau disparut rapidement, une tâche sombre dans le ciel nocturne.

    Pensant avoir fait ce qu’il fallait, il soupira, il ne lui restait plus qu’à attendre.

    Mais son répit fut de courte de durée, il tressaillit lorsque quelqu’un frappa à sa porte. Qui cela pouvait-il être à une heure pareille ?

    Marco s’assura d’avoir son épée avec lui avant d’entrouvrir la porte, mais sa tension s’évanouit lorsqu’il vit celui qui se trouvait derrière.

    « Ludvig, tu m’as fait peur imbécile, qu’est-ce que tu fais là à cette heure-ci ? »

    « Quoi ? Un camarade de section ne peut pas rendre visite à son junior ? Tu avais l’air tendu depuis qu’on est revenu, on commençait à s’inquiéter avec les gars tu sais ? »

    « Bah, je suis juste stressé en ce moment c’est tout, ne t’inquiètes pas pour moi.»

    « Oh ? Alors tu n’étais pas juste honteux d’avoir foiré ta première mission ? Au point de rester cloitré chez toi ?

    Marco toussota pour cacher sa gêne. Il se dirigea vers le bar pour servir un verre à son ami.

    « Ne dis pas de bêtises, le seul point qui me dérange vraiment c’est cette histoire de déposition je n’arrive pas à comprendre pourquoi leader veut absolument nous faire signer… »

    « Allons tu sais bien comment c’est, la politique je veux dire. »

    Marco se retourna le verre à la main.

    « Comment tu peux dire ça ? Tu as vu le tissu de conneri… ?!! »

    Marco ne termina pas sa phrase. Ludvig s’était rapproché de lui sans un bruit, et une lame était enfoncée dans sa poitrine.

    Marco était figé, le choc et l’incompréhension se lisait sur son visage.

    « Ludv..Pourq…. »

    Son interlocuteur retira la dague ensanglanté de sa poitrine sans se départir de son expression amicale.

    Marco s’effondra au sol, une flaque écarlate grandit aussitôt sur le tapis.
    Ludvig poussa un soupir et s’accroupi à côté du corps de celui qui le considérait comme son ami, le regardant s’étouffer avec son propre sang.

    « Marco, Marco, mon pauvre Marco… Il a fallu que tu joues au héros, hein ? Je parie que tu pensais faire ce qu’il fallait en refusant de signer cette merde. Le seul problème tu vois, c’est que tout le reste de la section l’a signé, alors on serait bien embêté si monsieur jouait au soldat model. »

    Les yeux de Marco perdaient peu à peu leur éclat alors que la flaque grandissait.

    « M’en veut pas mec, c’est un ordre du leader et tu sais comme moi que les ordres sont absolus, pas vrai ? »

    Il eut un petit rire avant de se relever.

    « C’est vraiment une honte quand même, le fils d’un sous-officier, si prometteur et plein d’avenir, tué par un fugitif… »
  • 4 juil. modifié


    2 jours plus tard, Lyzana.

    En plein milieu de la nuit, la princesse Elisa se réveilla, frigorifiée. Sa fenêtre était grande ouverte, les rideaux flottaient au vent et un courant d’air glacé infiltrait sa chambre. En s’approchant de l’extérieur, elle vit une lueur éclairer la nuit, c’était bien trop brillant pour de simples torches.

    Elle entendit des sons indistincts, des gens criaient et donnaient des ordres, étaient-ils attaqués ? Elle vit alors les jardins du palais, embrasés ! Les arbres et les fleurs crépitaient, les soldats et quelques serviteurs tentaient de maitriser les flammes.
    Elle était confuse, comment diable un incendie avait-il pu se déclencher en plein milieu de la nuit ?

    « Bonsoir Princesse »

    Une voix plus froide encore que le vent nocturne raisonna par-dessus le crépitement du feu.

    Elisa se retourna immédiatement, totalement réveillée maintenant.
    Ran était assis là, sur un fauteuil de velours, une expression neutre sur le visage.

    « Je pense que vous savez pourquoi je suis là… Pas vrai ? » Il lui lança l’ordre signé ordonnant son arrestation.

    « Apparemment j’ai tenté de vous assassiner, puisque la famille royale a déjà ordonné mon arrestation, peut être devrais-je finir le travail, non ? »

    Elisa ne parut pas le moins du monde effrayée, mais elle afficha tout de même une mine coupable.

    « -Je sais parfaitement que si tu voulais me tuer je serais déjà morte depuis longtemps. Je comprends ta colère Ran, mais sache que ma mort ne t’apportera rien.

    Elle s’arrêta un instant

    …Cela ne ferait surement qu’empirer les choses.

    - Comment ça ?


    - Je n’ai plus aucun pouvoir politique, mon sceau a été confisqué et je suis confinée au palais…

    -Pourtant je n’ai vu que des gardes et des soldats de l’armée impérial en venant jusqu’ici. Et vous ne semblez pas particulièrement emprisonnée.

    - Ran, sais-tu quelles sont les forces en présence dans ce pays ?

    - Plus ou moins, l’armée royale défend les frontières, les gardes défendent les villes et les nobles embauchent des mercenaires, pas vrai ?

    - C’est exactement ça, alors pourquoi des soldats sont-ils sur le mur intérieur du palais ?

    - Pour me stopper ?

    Elisa eut un petit rire amusé.

    - Ils ne seraient surement pas de trop pour t’arrêter, mais tu te surestimes dans le cas présent. Si les nobles ont acquis autant de pouvoir ce n’est pas seulement grâce à leurs mercenaires et à l’Empire, ils ont soudoyé une partie des officiers de l’armée royale pour disséminer nos forces à travers le royaume et affaiblir nos défenses… Puis ils s’occuperont des gardes, et enfin, l’Empire n’aura plus qu’à récupérer le pays sans avoir à combattre.

    Elle pointa vers le mur d’enceinte du palais.

    Et ces gars-là sont ici pour surveiller la royauté et s’assurer qu’on ne tente rien pour les arrêter.

    Ran resta silencieux, considérant la situation, cela avait du sens, les nobles voulaient vendre le Royaume à l’Empire mais ils ne pouvaient pas simplement se débarrasser de la famille royale et risquer un soulèvement… De plus Ran ne détectait aucune trace de mensonges dans les propos d’Elisa.

    - Je comprends… Dans ce ca…

    - Et c’est pour ça que j’ai besoin de ton aide.

    Ran fut décontenancé.

    - Pardon ?

    Elle roula des yeux.

    - L’armée royale et les gardes ne peuvent pas bouger et la princesse du royaume ne peut pas engager des mercenaires pour éliminer des nobles… Mais toi tu peux.

    - Vou… Tu me demandes d’aller assassiner des nobles ?

    Sa politesse s’envola.

    La princesse hocha la tête.

    Désolé, je n’ai aucun intérêt à m’impliquer d’avantage. C’est votre guerre, pas la mienne.

    - Malheureusement ce n’est plus le cas à présent, lorsque tu m’as sauvé la vie et lorsque tu as abattu Gliver tu es devenu une cible à abattre pour eux…

    - Dans ce cas je m’en irais vers le nord, ni l’Empire ni les nobles ne viendront me chercher dans la coalition.

    - Tu peux faire ça en effet… Mais qu’arrivera-t-il à Coza ? »

    Ran eut un frisson.

    « Il s’agit d’une ville très rentable maintenant et elle n’est protéger que par une simple milice, que ce passera t’il lorsque l’empire se mettra en marche ? »

    Il resta silencieux.

    « Et pour la jeune femme qui t’accompagnait auparavant… Tu es sûrement au courant que l’Empire se procure des esclaves par la guerre, pas vrai ? »

    Ran se leva brusquement de son siège, son regard était devenu menaçant.

    La princesse se tut devant la colère qui semblait monter en Ran, elle savait quand s’arrêter.

    « Pardon, cette fois ci, c’est moi qui suit allée trop loin. Mais tu sais que j’ai raison n’est-ce pas ? »

    Ran voulut répliquer…Mais elle disait vrai. Dès le moment où il s’était promis de protéger le petit village de Coza, la fuite n’était plus une option. Il se rappela sa première rencontre avec Era, en route pour être vendue comme esclave…

    Il se rassit.

    « Je t’écoutes. »
  • Elisa lui expliqua alors en détails la situation, le groupement de nobles n’agissaient que par intérêts personnels, ils n’étaient pas unis le moins du monde.

    C’est pour cela que Ran n’avait pas subi de représailles directement après la mort de Gliver, tant qu’ils n’étaient pas en danger, les autres nobles se fichaient pas mal de son sort.

    Mais parmi eux se trouvait 2 hommes qui semblaient maintenir la faible cohésion qui les liaient, Rosinante, le trésorier de la cour était un homme vaniteux et vénal au possible. Il gérait les transactions avec l’empire et c’était le premier à avoir vendu ses gens comme esclaves.

    En accusant des villages de se rebeller, il pouvait légalement les asservir.

    Turak, d’un autre côté, était plus réfléchit, il ne prenait jamais de risques lui-même mais son ambition était démesurée, il était l'un des nobles dont le territoire longeait la frontière sud du royaume, c’était surement grâce à lui que des escouades de l’Empire pouvaient passer la frontière sans problèmes.

    Si Rosinante gérait la puissance économique, Turak lui gérait la puissance militaire, son territoire regorgeait de mercenaires à sa solde et de nombreux soldats de l’empire étaient dissimulés parmi eux.

    Ran écoutait attentivement et finit par demander.

    «-Quel est leur puissance de frappe ?

    La princesse sourit

    - Rosinante se contente d’engager des mercenaires contractuels, il peut se le permettre avec l’argent qu’il génère, mais les aventuriers de niveau avancé ne se mêlent généralement pas des affaires politiques, il ne devrait donc avoir que des hommes de niveau intermédiaire, mais n’oublie pas que l’armée royale a été mobilisée et je ne connais pas l’étendue de leur force…

    Ran hocha la tête et lui fit signe de continuer.

    Je n’ai pas énormément d’informations sur les forces de Turak mais on dit qu’il a recruté de puissants mages directement depuis l’Empire. »

    Ran resta silencieux un moment, Elisa ne le pressa pas le moins du monde.

    Il se leva subitement et vint se planter à quelques centimètres d’Elisa.

    « J’ai 2 conditions. »

    Elle hocha gravement la tête.

    « -Premièrement, si ce que tu dis sur Rosinante est vrai, il va surement tenter de s’en prendre à Coza, déploie tous les moyens nécessaires pour sa protection.

    Elisa répondit comme si cela allait de soi.

    - Et la deuxième ? »

    Ran sourit et s’approcha encore plus de son visage, lui murmurant quelque chose à l’oreille.

    Son visage blanchit en l’écoutant.

    « Toi…Rien n’est jamais normal avec toi pas vrai ? »

    Il se contenta de hausser les épaules.

    Elle soupira en se tenant la tête.

    « Raaah…Je suppose que nous n’avons pas vraiment le choix au point où nous en sommes… C’est d’accord, je ferais en sorte de convaincre mon père. »

    Des pas se firent entendre dans le couloir, ils n’avaient plus beaucoup de temps.

    « Nous avons donc un accord altesse. »

    Elisa tiqua sur la façon dont Ran avait prononcé ce dernier mot.

    Il se dirigea vers la fenêtre. Mais avant de partir il se retourna vers elle.

    « Ah au fait, si vous avez du mal à convaincre votre père, dites-lui simplement que si j’ai pu m’infiltrer dans ce château 1 fois, rien ne m’empêchera de recommencer. »

    Il arborait un sourire sardonique.

    « Mais oui, mais oui, allez file maintenant » Répondit Elisa à moitié exaspérée.

    La porte s’ouvrit alors violemment et elle poussa un cri plus que convaincant, mais Ran avait déjà disparu dans la nuit.



    Après avoir couru une bonne partie de la nuit, Ran s’arrêta au pied d’un arbre pour se reposer. Il s’était dirigé vers l’Ouest en évitant soigneusement les zones trop exposées, et son endurance avait atteint ses limites.

    Il se dirigeait vers sa première proie, Rosinante. Non seulement il représentait un danger pour Coza, mais de plus en l’éliminant, Ran priverait les nobles de leur soutien financier.

    Le nombre de mercenaires à leur solde devrait donc grandement diminuer. Ce qui lui faciliterait grandement la tâche dans le futur.

    Les paupières lourdes il grimpa le long du tronc massif et s’allongea sur une branche dont le feuillage touffu le camouflait habilement. Ce n’était vraiment pas le moment d’attirer des prédateurs nocturnes… Il ferma les yeux et se laissa bercer par le bruissement du vent, avant de s’endormir profondément.

    Mais avoir tout un royaume sur les basques avaient forcément des conséquences et son répit fut de courte durée et quelques heures plus tard des alertes jaillirent de son exo…
  • 19 juil. modifié
    Alors que l’aube se levait, Ran se réveilla en sursaut réalisant qu’il était complètement encerclé, une dizaine de personnes à environ une centaine de mètres se rapprochaient méthodiquement de lui, profitant de la végétation pour se camoufler.

    Il ne perdit pas un instant et sauta au sol, mais il eut à peine le temps de de se relever qu’une hallebarde siffla à côté de sa tête et vint se planter profondément dans l’arbre derrière lui.

    Ran était maintenant au niveau 41, il était donc considéré comme une des personnes les plus fortes du pays, mais la femme qui s’avançait lentement vers lui le dépassait pourtant, elle était grande, vêtue d’une armure lourde et seul son visage était visible, de long cheveux blonds lui descendait jusqu’à la taille.

    Elle magnait un bouclier massif et aussi grand qu’elle d’une seule main.

    -Varnet, niveau 47, général de la garde royale.-

    Elle sortit une rapière de son fourreau et la pointa vers Ran.

    « Tu nous auras fait courir ordure, mais c’est terminé, sur ordre de son altesse Eliza, je suis ici pour t’arrêter pour tes nombreux crimes ! »

    Elle arborait une expression fière et satisfaite.

    Ran avait comme un sentiment de déjà vu, mais cette fois ci… La femme en face de lui semblait sincèrement penser qu’il était coupable et qu’elle était là pour délivrer la justice.

    Une brute sans cervelle, quoi…

    Ran soupira et se retourna… Pour s’enfuir à toutes jambes ! Comment ça, pathétique ? Il n’avait aucune envie d’affronter King Kong !

    Varnet sembla choquée, elle avait entendu parler de cet homme par ses subordonnées, et du tas sanglant qu’il avait osé faire apparaitre devant son altesse ! Elle pensait qu’il se battrait jusqu’à la mort dans un duel épique !

    « Ar…Arrêtez le, déployez la barrière ! » Cria-t-elle.

    Ran entendit cela et accéléra de plus belle, mais les compagnons de Varnet commencèrent à murmurer des incantations et il fut projeté en arrière, comme si un mur lui était rentré dedans à pleine vitesse !

    Il réussit à conserver son équilibre mais le général était déjà sur lui, il tira en urgence son épée de son inventaire et para la rapière qui menaçait de percer sa visière, le choc produisit un crissement métallique et des étincelles jaillirent.

    La rapière avait entamé le coté de son casque, elle n’était pas normale… Les vérins de son exo crissèrent et il répliqua de toutes ses forces avec une frappe horizontale.

    Mais Varnet avait déjà levé son énorme bouclier et para sans problèmes, la lame ne toucha même pas l’acier, un écran protecteur légèrement bleuté apparut et grésilla au moment de l’impact.

    Elle enchaina en visant la poitrine de Ran, en temps normal, une rapière aussi aiguisée soit elle n’aurait jamais pu pénétrer plusieurs millimètres de tungstène, mais dans ce monde où la force était quantifiée en niveaux, rien n’était plus sûr.

    « Perce. »

    La lame se mit à luire d’une lumière blanche.

    Il esquiva… de justesse, laissant une profonde entaille sur son côté gauche.

    La lueur disparut rapidement alors que Ran reculait à la hâte, c’était surement les capacités de combat rapproché dont la guilde lui avait parlé, il ne savait pas si elle pouvait transpercer son blindage, mais il se sentit soudain bien moins en sécurité.

    En analysant son équipement il découvrit qu’elle s’était parfaitement préparée à l’affronter :

    -Bouclier de Gaia :
    Rareté : unique
    Caractéristiques : Un bouclier imposant en acier finement gravé. La pierre incrustée en son centre puise dans le mana de l’utilisateur pour repousser les attaques physiques et/ou magiques.

    -Taladra :
    Rareté : unique
    Caractéristiques : Une épée fine mais robuste. La gemme incrustée dans la garde puise dans le mana de l’utilisateur pour augmenter le pouvoir de pénétration de la lame.

    Ces armes étaient suffisamment gênantes en elles même, mais ce qui inquiétait vraiment Ran était la différence de maîtrise entre eux, lui avait dû apprendre en autodidacte, mais un simple échange avait suffi à le convaincre que Varnet était un maitre dans l’art de l’épée. S’il continuait ainsi, il n’avait aucune chance de s’en sortir, et encore moins de gagner.

    Il ne pouvait plus se permettre de se retenir…

    « Tu attends quoi ? Si tu veux te rendre ce n’est pas trop tard tu sais ? »

    Son visage indiquait pourtant qu’elle aimerait vraaaiiiment continuer ce combat.

    Ran ne répondit pas.

    Il sortit son fusil de son inventaire et aligna le réticule de visée sur la tête de Varnet dans un geste fluide.

    BANG !...
  • RIP ...
    même si je pense pas que tu va tuer un perso si sous développer comme elle et qui na pas l'aire si "méchante" que ça
    sinon merci pour le chapitre
  • Dès qu’elle aperçut l’arme de Ran, Varnet s’empressa de lever son bouclier et de charger vers lui. Elle entendit une assourdissante explosion et quelque chose vint s’écraser contre ses défenses, la faisant vaciller.

    Des étincelles jaillirent alors qu’une lumière bleutée crépitait devant elle, son bouclier pouvait certes arrêter les attaques, mais elle devait tout de même endurer une partie du recul.

    Elle était au courant de cette arme qui avait massacré des centaines de personnes, elle se sentait soulagée d’avoir emprunté les trésors de la famille royale pour ce combat. Alors qu’elle s’apprêtait à reprendre sa charge, une autre balle vint s’écraser contre l’écran bleuté, l’obligeant à rester sur place.

    « Huh ? »

    Puis une autre, et encore une autre, les balles ne finissaient pas de pleuvoir sur elle dans un déluge d’explosions. La tempête d’acier la força à rester sur place, résistant de toutes ses forces pour ne pas être projetée en arrière.

    Son mana était rapidement drainé, chaque impact lui en prenait environ 10%, c’était inconcevable, avec sa réserve elle aurait dû pouvoir encaisser des centaines de flèches ! Le champ qui la protégeait commença à onduler dangereusement.

    Elle serra les dents et ancra fermement ses jambes dans le sol avant de se propulser de toutes ses forces vers Ran.

    « Ce n’est pas fini ! »

    Elle avait à peine parcouru quelques mètres que l’écran bleuté se fissura et éclata en morceaux ! La balle ainsi ralentie poursuivit malgré tout sa course et vint frapper le bouclier, pénétrant plusieurs millimètres d’acier, l’impact repoussa violemment Varnet et lui fit perdre l’équilibre.

    Ran en profita pour s’élancer vers elle, il attrapa sa rapière d’une main et saisi son visage de l’autre.

    Varnet tenta de se dégager mais elle sentie ses poumons se vider puis se remplir de nouveau, elle ne parvenait plus à respirer, sa vision se troubla et elle cessa progressivement de se débattre. Tout devint noir.

    Une fois que ran se fut assuré qu’elle était inconsciente, il la saisie par la taille et sortit son couteau, le plaçant directement sur la gorge de la jeune femme.

    « Les sous-fifres, vous savez ce qui vous reste à faire si vous ne voulez pas qu’elle meure pas vrai ? »

    La forêt demeura silencieuse, sans ses capteurs Ran n’aurait jamais pu dire qu’il était encerclé.

    Il sentit alors un changement de pression, le champ de force qui entourait l’endroit s’était dissipé.

    « Dégagez. » Ran avait un ton froid et autoritaire, rapprochant légèrement la lame du cou de Varnet, soulignant qu’il ne plaisantait pas.

    Toujours pas de réponses. Mais après une certaine hésitation, les signaux autour de lui disparurent les uns après les autres.

    Lorsque le dernier signal disparut, Ran soupira enfin et se laissa tomber au sol, le bluff n’était vraiment pas son truc. Même si ce combat avait été court, il avait été extrêmement brutal, un pas de travers et il était mort.

    Il ne savait pas ce qui était le pire entre le slime et King Kong, mais ce qui était sûr c’est qu’il ne souhaitait plus jamais avoir affaire à elle.

    S’il avait pu gagner sans la tuer c’était uniquement grâce à sa magie élémentaire, en attrapant Varnet par le visage, Ran avait extrait l’air de ses poumons par la force avant d’y injecter une grande quantité de CO2. Privant ainsi son cerveau d’oxygène.

    Bien sûr, il s’était empressé de lui faire respirer de l’air riche en dioxygène après coup pour éviter d’éventuels lésions neurales.

    Elle avait tenté de l’abattre et en temps normal, il n’aurait pas hésité à faire de même, mais il ne se sentait pas la force de l’abattre alors qu’elle pensait sincèrement œuvrer pour la justice.

    Il ne supportait pas non plus l’idée de jouer le jeu des nobles en abattant une des seules forces encore loyale à la couronne.

    Il jeta un coup d’œil à Varnet, joyeusement inconsciente sur le sol et soupira de nouveau, cette fois ça y est…

    Il prit son fusil et décrocha le chargeur.

    Le moment qu’il redoutait tant était arrivé.

    Il était à court de munitions.
  • "Le moment qu’il redoutait tant était arrivé.
    Il était à court de munitions."

    et le moment qu'on attendait tous était arrivé.
    la création d'arme futuriste techno-magique :)

  • Varnet se réveilla lentement, un mal de tête affreux la fit grimacer. Elle s’assit et remarqua aussitôt qu’elle ne portait plus qu’une simple tunique en tissu, elle se souvint alors de la situation, Ran, le combat… Sa défaite. Pourquoi était-elle encore en vie ?

    Elle aperçut alors Ran en face d’elle à quelques mètres de là. Elle bondit sur ses jambes et tenta de se saisir de son épée à sa taille, mais elle n’agrippa que le vide.

    Ran était posément assis sur un rocher, pointant son fusil vers elle.

    « -Bon réveil, miss général. Je pense qu’il est temps que nous ayons une petite conversation.

    - Tue-moi…

    Ran fut pris de court

    - Pardon ?

    - J’ai dit tue-moi ! Je préfère encore mourir plutôt que de te révéler quoi que ce soit !

    - Ecoute ce n’est pas…

    - Même sous la torture, je ne dirais pas un mot ! Tu as peut être déjà défleuri mon corps pendant que j’étais inconsciente mais ni mon cœur ni mon esprit ne vacilleront ! »

    Elle continua ainsi pendant un moment. Ran sentit sa patience arriver à son terme.

    «Maintenant tu la ferme et tu écoutes King Kong ! »

    Varnet s’arrêta net.

    Ran lui expliqua alors en détail les évènements qui s’étaient produits jusqu’à maintenant, le marquis, la princesse, les elfes.

    Au début Elle ne semblait pas convaincu, mais plus son récit avançait, plus la confiance qui aveuglait Varnet s’ébranla, ses émotions s’affichait clairement sur son visage et le choc était évident.

    Pour appuyer ses dires Ran lui fit écouter les enregistrements de Gliver ainsi que la discussion qu’il avait eue avec la princesse la veille. Evitant tout de même soigneusement le passage où il prévoyait ouvertement plusieurs meurtres.

    Varnet demeura silencieuse un moment, regagnant son calme.

    « - Si tout ce que tu m’as dit est vrai pourquoi ne pas me l’avoir raconté dès le début ? On aurait pu éviter tout ça ! Maintenant que mes subordonnées ont regagné la base les rumeurs ne vont faire qu’empirer, elles reviendront te traquer avec encore plus de monde !

    - J’aurais pu essayer de dialoguer si quelqu’un ne m’avait pas lancé une hallebarde dessus à l’instant même de notre rencontre, une personne semblant particulièrement impatiente de se battre.

    -Huuuh…

    - De plus rien ne me dit que tes subordonnées sont clean, les choses ne feraient qu’empirer si on apprenait que la princesse était de mèche avec un supposé criminel recherché.

    Varnet ne sut que répondre.

    -…Et que vas-tu faire à présent ?

    - Ca, c’est mon problème. Quant à toi, tu ferais mieux d’oublier notre conversation. Retourne auprès de tes camarades et fait comme si rien ne s’était passé.

    - Si je fais ça, je serais de nouveau mobilisée par les nobles, la garde royale n’est censée agir que sur ordre de la famille royale, mais si des traitres se sont vraiment emparés du sceau de son altesse Elisa…

    Ran était choqué, cette tête de muscles avait pensé à ça ?

    - En effet, mais ne pas y retourner ou ouvertement s’opposer aux nobles pourrait être encore plus néfaste. Dans le pire des cas tu te retrouverais également poursuivie. Tu ne servirais à rien en tant que fugitive, il y a un proverbe là d’où je viens, « Sois proche de tes amis, et encore plus proche de tes ennemis. »

    - Je vois, rester auprès de l’ennemi pour frapper au moment propice… Ah, maintenant que j’y pense, d’où viens-tu Ran ? Les rapports que j’ai lus ne mentionnent rien avant ton arrivée à Coza. »

    Ran se contenta de hausser les épaules en souriant.

    Varnet posa encore quelques questions à Ran puis récupéra son équipement et le salua avant de repartir.

    Ran était soulagé, malgré sa première impression, Varnet n’était pas obstinée au point de réfuter directement les preuves et la logique que Ran lui avait présentée.

    Une fois rentrée, elle dirigerait ses poursuivants vers le nord, tandis que lui continuerait vers l’Ouest.

    Il regarda une dernière fois en arrière avant de se remettre en route.

    Il avait un travail à accomplir.



    En arrivant sur le territoire de Rosinante, Ran entendit des voix provenant de la route. En s’approchant il aperçut une scène similaire à son arrivée dans ce monde, des hommes et des femmes étaient enchainés et marchaient en ligne, encadrés par des hommes armés.
    Ils se dirigeaient surement vers la résidence du noble.

    La différence cette fois ci était que ces soldats n’appartenaient pas à l’empire, Gliver avait au moins la décence d’utiliser des soldats ennemis pour réduire son propre peuple en esclavage.

    Mais après tout, ils se trouvaient loin des frontières, ce pays serait déjà perdu si l’empire pouvait s’aventurer si loin sans problèmes.

    Ran réfléchit un instant, contrairement à la dernière fois, s’il agissait ici, il courait le risque que Rosinante prenne peur et s’enfuisse, dans le pire des cas, si d’autres esclaves sont enfermés dans sa demeure, il pourrait décider d’effacer ces traces en les supprimant tous…

    Il se contenta donc de les suivre en silence et à bonne distance, longeant la route qu’ils empruntaient.

    Après quelques dizaines de minutes, des remparts apparurent au loin, le château de Rosinante…

    Accroupit dans les fourrés, il laissa le groupe s’éloigner pour observer plus attentivement les environs.

    Quelques instants plus tard, sans aucun signe précurseur, il sentit le contact glacé d’une lame sur sa gorge.
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