Re: Soldier

12346»

Commentaires

  • ...

    Ran laissa Coza derrière lui et se dirigea vers Hua, mais après quelques heures il descendit de cheval et lui fouetta la croupe, il henni et partit au galop toujours en direction d’Hua.

    La véritable destination de Ran était Lyzana, la capitale du royaume située au Nord-Ouest de Coza et d’Hua, en plein centre du pays, et surtout, le lieu où résidait la princesse. Même à Cheval il aurait mis au moins une journée entière à l’atteindre et s’il restait sur les grandes routes il serait définitivement repéré. Il décida donc d’abandonner sa monture et de s’enfoncer dans la forêt.

    Après des mois de chasse en solitaire, Ran s’était habitué au terrain irrégulier et à la végétation dense, il pouvait donc se déplacer sans problèmes dans les immenses forêts qui parcouraient le royaume. Mais malgré cela, il mit plus de 2 jours et demi avant d’atteindre Lyzana et arriva en début de soirée.

    De loin, la ville semblait au moins 3 fois plus grande qu’Hua, elle était entourée de champs sur plusieurs kilomètres et évidemment, en tant que capitale la ville possédait un imposant mur d’enceinte. Ran aperçut son objectif, le château abritant la famille royale trônant au milieu de la ville.

    Peu importe sa vitesse, il serait surement repérer s’il fonçait tête baissée, et il voulait à tout prix éviter une confrontation inutile. S’il voulait agir, mieux valait attendre la nuit.

    Lorsque l’obscurité se fut installée, Ran sortit du couvert de la forêt et sprinta en direction de la ville, il décida de ne pas activer son mode d’assaut rapide, le bruit l’aurait immédiatement fait repérer.

    Ran avait eu tout le temps d’observer les allées et venues des gardes, il savait que la patrouille la plus proche était à plusieurs centaines de mètres de sa position. Il ne serait pas découvert si facilement.

    En approchant du mur, au lieu de ralentir, il accéléra ! Invoquant silencieusement une nouvelle magie élémentaire qu’il avait créée.

    Il sauta en l’air, mais au lieu de retomber au sol il prit appui dans le vide et sauta de nouveau !

    {Air step}, comme son nom indiquait, Ran avait condensé l’air sous ses pieds et avait ordonné aux gaz de rester statique un court instant pour se donner un point d’ancrage. Le principe semblait simple mais le cout en mana était assez élevé, après tout, Ran demandait à des gaz de supporter plus d’une centaine de kilos ! Ce simple fait montrait la maitrise qu’il avait acquise sur ses capacités.

    Il poursuivit ainsi sa montée du mur et une fois arrivé en haut, se jeta de l’autre côté, amortissant sa chute avec un coussin d’air.

    Il continua sur sa lancée vers le palais royal, évitant soigneusement les gardes qui patrouillaient la ville. Un mauvais pressentiment le prit soudain, la sécurité était trop élevée, même s’il s’agissait de la capitale, le nombre de gardes parcourant les rues en pleine nuit était trop important.

    En observant d’avantage, Ran aperçut l’emblème de la famille royale sur la patrouille, ce n’était donc pas des gardes… C’était des soldats de l’armée royale.

    Son sentiment se confirma lorsqu’il arriva près du mur intérieur protégeant le palais, de nombreux soldats étaient postés au sommet, il n’avait aucune chance de passer sans être repérer.

    Etaient-ils là pour lui ? S’il avait été jugé suffisamment dangereux après avoir tué Gliver il était logique que la royauté et les nobles aient renforcés leur défense.

    C’était embêtant, Ran resta caché dans une ruelle adjacente le temps de formé une stratégie. Il lui fallait une diversion. Un sourire sinistre passa sur ses lèvres, il plongea sa main dans son inventaire, cette fois ci, il avait pensé à en apporter.



    Marco était furieux, dès son retour à Hua le commandement de l’armée royale avait ordonné de mettre l’ensemble des nobles du royaume sous protection, cela représentait des milliers d’hommes à mobiliser! Des hommes sensés défendre la frontière des menaces extérieures, au moment où l’empire se faisait de plus en plus insistant, mais à quoi pensaient-ils ? Il ne s’était pas engagé pour servir de chien de garde !

    Et pourtant son départ était prévu pour le lendemain…

    On lui avait appris à obéir aux ordres donc il ne pouvait que se soumettre à la décision de ses supérieurs.

    Mais le point qui le révoltait le plus fut qu’on lui avait demandé de signer un document comme quoi Ran avait tenté d’éliminer les soldats venus l’arrêter, avec l’aide des habitants de Coza !

    Il avait bien sûr refusé de signer, recevant des regards noirs de la part de son leader. Il pensait même avoir été suivi jusque chez lui…
    Une fois à l’abri, il verrouilla la porte et se mit à réfléchir.

    La situation était bien plus sérieuse qu’il n’avait cru ! Marco senti un poids sur ses épaules, pourquoi le leader s’acharnait il sur Ran ? Jusqu’où cette affaire remontait elle ? Il n’en savait rien. Et seul, il ne pouvait rien faire. Il s’approcha de son bureau et commença à rédiger une longue lettre expliquant la situation en détails.

    Son père était un gradé, il était strict mais avait toujours été juste et impartial, et plus que tout, Marco avait toute confiance en lui, oui, si c’était lui, il saurait sûrement quoi faire.

    Une fois terminé, Marco ouvrit la volière à côté de la fenêtre et attacha la lettre à la patte de l’oiseau de proie qu’il utilisait pour communiquer avec son père avant de le relâcher. L’oiseau disparut rapidement, une tâche sombre dans le ciel nocturne.

    Pensant avoir fait ce qu’il fallait, il soupira, il ne lui restait plus qu’à attendre.

    Mais son répit fut de courte de durée, il tressaillit lorsque quelqu’un frappa à sa porte. Qui cela pouvait-il être à une heure pareille ?

    Marco s’assura d’avoir son épée avec lui avant d’entrouvrir la porte, mais sa tension s’évanouit lorsqu’il vit celui qui se trouvait derrière.

    « Ludvig, tu m’as fait peur imbécile, qu’est-ce que tu fais là à cette heure-ci ? »

    « Quoi ? Un camarade de section ne peut pas rendre visite à son junior ? Tu avais l’air tendu depuis qu’on est revenu, on commençait à s’inquiéter avec les gars tu sais ? »

    « Bah, je suis juste stressé en ce moment c’est tout, ne t’inquiètes pas pour moi.»

    « Oh ? Alors tu n’étais pas juste honteux d’avoir foiré ta première mission ? Au point de rester cloitré chez toi ?

    Marco toussota pour cacher sa gêne. Il se dirigea vers le bar pour servir un verre à son ami.

    « Ne dis pas de bêtises, le seul point qui me dérange vraiment c’est cette histoire de déposition je n’arrive pas à comprendre pourquoi leader veut absolument nous faire signer… »

    « Allons tu sais bien comment c’est, la politique je veux dire. »

    Marco se retourna le verre à la main.

    « Comment tu peux dire ça ? Tu as vu le tissu de conneri… ?!! »

    Marco ne termina pas sa phrase. Ludvig s’était rapproché de lui sans un bruit, et une lame était enfoncée dans sa poitrine.

    Marco était figé, le choc et l’incompréhension se lisait sur son visage.

    « Ludv..Pourq…. »

    Son interlocuteur retira la dague ensanglanté de sa poitrine sans se départir de son expression amicale.

    Marco s’effondra au sol, une flaque écarlate grandit aussitôt sur le tapis.
    Ludvig poussa un soupir et s’accroupi à côté du corps de celui qui le considérait comme son ami, le regardant s’étouffer avec son propre sang.

    « Marco, Marco, mon pauvre Marco… Il a fallu que tu joues au héros, hein ? Je parie que tu pensais faire ce qu’il fallait en refusant de signer cette merde. Le seul problème tu vois, c’est que tout le reste de la section l’a signé, alors on serait bien embêté si monsieur jouait au soldat model. »

    Les yeux de Marco perdaient peu à peu leur éclat alors que la flaque grandissait.

    « M’en veut pas mec, c’est un ordre du leader et tu sais comme moi que les ordres sont absolus, pas vrai ? »

    Il eut un petit rire avant de se relever.

    « C’est vraiment une honte quand même, le fils d’un sous-officier, si prometteur et plein d’avenir, tué par un fugitif… »


  • 2 jours plus tard, Lyzana.

    En plein milieu de la nuit, la princesse Elisa se réveilla, frigorifiée. Sa fenêtre était grande ouverte, les rideaux flottaient au vent et un courant d’air glacé infiltrait sa chambre. En s’approchant de l’extérieur, elle vit une lueur éclairer la nuit, c’était bien trop brillant pour de simples torches.

    Elle entendit des sons indistincts, des gens criaient et donnaient des ordres, étaient-ils attaqués ? Elle vit alors les jardins du palais, embrasés ! Les arbres et les fleurs crépitaient, les soldats et quelques serviteurs tentaient de maitriser les flammes.
    Elle était confuse, comment diable un incendie avait-il pu se déclencher en plein milieu de la nuit ?

    « Bonsoir Princesse »

    Une voix plus froide encore que le vent nocturne raisonna par-dessus le crépitement du feu.

    Elisa se retourna immédiatement, totalement réveillée maintenant.
    Ran était assis là, sur un fauteuil de velours, une expression neutre sur le visage.

    « Je pense que vous savez pourquoi je suis là… Pas vrai ? » Il lui lança l’ordre signé ordonnant son arrestation.

    « Apparemment j’ai tenté de vous assassiner, puisque la famille royale a déjà ordonné mon arrestation, peut être devrais-je finir le travail, non ? »

    Elisa ne parut pas le moins du monde effrayée, mais elle afficha tout de même une mine coupable.

    « -Je sais parfaitement que si tu voulais me tuer je serais déjà morte depuis longtemps. Je comprends ta colère Ran, mais sache que ma mort ne t’apportera rien.

    Elle s’arrêta un instant

    …Cela ne ferait surement qu’empirer les choses.

    - Comment ça ?


    - Je n’ai plus aucun pouvoir politique, mon sceau a été confisqué et je suis confinée au palais…

    -Pourtant je n’ai vu que des gardes et des soldats de l’armée impérial en venant jusqu’ici. Et vous ne semblez pas particulièrement emprisonnée.

    - Ran, sais-tu quelles sont les forces en présence dans ce pays ?

    - Plus ou moins, l’armée royale défend les frontières, les gardes défendent les villes et les nobles embauchent des mercenaires, pas vrai ?

    - C’est exactement ça, alors pourquoi des soldats sont-ils sur le mur intérieur du palais ?

    - Pour me stopper ?

    Elisa eut un petit rire amusé.

    - Ils ne seraient surement pas de trop pour t’arrêter, mais tu te surestimes dans le cas présent. Si les nobles ont acquis autant de pouvoir ce n’est pas seulement grâce à leurs mercenaires et à l’Empire, ils ont soudoyé une partie des officiers de l’armée royale pour disséminer nos forces à travers le royaume et affaiblir nos défenses… Puis ils s’occuperont des gardes, et enfin, l’Empire n’aura plus qu’à récupérer le pays sans avoir à combattre.

    Elle pointa vers le mur d’enceinte du palais.

    Et ces gars-là sont ici pour surveiller la royauté et s’assurer qu’on ne tente rien pour les arrêter.

    Ran resta silencieux, considérant la situation, cela avait du sens, les nobles voulaient vendre le Royaume à l’Empire mais ils ne pouvaient pas simplement se débarrasser de la famille royale et risquer un soulèvement… De plus Ran ne détectait aucune trace de mensonges dans les propos d’Elisa.

    - Je comprends… Dans ce ca…

    - Et c’est pour ça que j’ai besoin de ton aide.

    Ran fut décontenancé.

    - Pardon ?

    Elle roula des yeux.

    - L’armée royale et les gardes ne peuvent pas bouger et la princesse du royaume ne peut pas engager des mercenaires pour éliminer des nobles… Mais toi tu peux.

    - Vou… Tu me demandes d’aller assassiner des nobles ?

    Sa politesse s’envola.

    La princesse hocha la tête.

    Désolé, je n’ai aucun intérêt à m’impliquer d’avantage. C’est votre guerre, pas la mienne.

    - Malheureusement ce n’est plus le cas à présent, lorsque tu m’as sauvé la vie et lorsque tu as abattu Gliver tu es devenu une cible à abattre pour eux…

    - Dans ce cas je m’en irais vers le nord, ni l’Empire ni les nobles ne viendront me chercher dans la coalition.

    - Tu peux faire ça en effet… Mais qu’arrivera-t-il à Coza ? »

    Ran eut un frisson.

    « Il s’agit d’une ville très rentable maintenant et elle n’est protéger que par une simple milice, que ce passera t’il lorsque l’empire se mettra en marche ? »

    Il resta silencieux.

    « Et pour la jeune femme qui t’accompagnait auparavant… Tu es sûrement au courant que l’Empire se procure des esclaves par la guerre, pas vrai ? »

    Ran se leva brusquement de son siège, son regard était devenu menaçant.

    La princesse se tut devant la colère qui semblait monter en Ran, elle savait quand s’arrêter.

    « Pardon, cette fois ci, c’est moi qui suit allée trop loin. Mais tu sais que j’ai raison n’est-ce pas ? »

    Ran voulut répliquer…Mais elle disait vrai. Dès le moment où il s’était promis de protéger le petit village de Coza, la fuite n’était plus une option. Il se rappela sa première rencontre avec Era, en route pour être vendue comme esclave…

    « Je t’écoutes. »
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.