Re: Soldier

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Commentaires

  • encore un pistolet made in china XD
    c'est beau le future...
  • avril 2018 modifié
    la Fin du combat est là !:

    Ran pesta, il jeta son fusil dans son inventaire et sorti son katana pour accueillir la dizaine de mercenaires se ruant sur lui. Ils étaient déjà trop près pour utiliser les munitions explosives, Ran agrippa donc fermement son arme à deux mains et fendit l’air en face de lui dans un mouvement circulaire explosif

    Le premier mercenaire qui avait chargé était lourdement armé comparé à ses camarades, plutôt robuste, il possédait une armure en métal, un bouclier en bois massif et une masse d’arme. Il pensait arrêter l’arme de Ran avec son bouclier et lui écraser le crane, mais à peine avait-il levé son bouclier que ce dernier se brisa net sous l’impact, emportant son bras avec lui. La lame continua son chemin et tailla une bonne partie du torse avant qu’il ne soit projeté contre la falaise, Il cracha du sang et glissa le long de la paroi. Inutile de dire qu’il ne se releva plus.

    Mais Ran n’eut pas de répit, déjà un autre avait profité de cet échange pour lui bondir dessus, celui-ci était tout l’inverse du précédent, petit et agile, il maniait 2 dagues effilées et visa directement la visière de Ran.

    Ce Dernier était toujours dans son mouvement de rotation et ne pouvait pas bloquer, il décida donc de lâcher son arme et de se laisser tomber en arrière pour éviter un coup mortel. La première dague fendit l’air à quelques centimètres de son casque, mais la deuxième changea brutalement de course pour descendre en piquet !

    Ran bloqua comme il put avec son avant-bras, ils se retrouvèrent tous deux au sol, le mercenaire avait lâché sa deuxième arme pour forcer de tout son poids sur la dague mais Ran tenait bon !

    Cependant, les autres mercenaires ne restaient pas sans rien faire et se précipitaient pour achever Ran.

    Alors un sifflement aigu lui parvint, une flèche sortie de nulle part traversa le crane du mercenaire qui le menaçait, puis une autre s’abattit sur ces camarades, et encore une, bientôt, toute une volée vint terrasser les mercenaires pris par surprise.

    Alors que Ran dégagea le cadavre qui gisait sur sa poitrine, il aperçut Era, en haut de la falaise, un arc à la main avec autour d’elle plusieurs villageois criant leur victoires. Le plan original voulait que les villageois fuient dans la forêt après avoir lancé les cocktails, au cas où Ran aurait perdu, mais il sentit un sentiment agréable grandir en lui, il était vraiment heureux qu’ils soient revenus pour lui.

    Mais le temps n’était pas encore aux réjouissances, Ran récupéra son katana et commença à achever les survivants qui gémissaient de douleur, il fut bientôt rejoint par quelques villageois équipés de lances qui s’étaient dévoués pour faire le sale boulot.

    A leur tête, on voyait bien que cela était un supplice pour eux, mais ils n’avaient pas le choix, ils devaient s’endurcir pour survivre, de plus, les lésions que Ran avait infligé étaient mortelles, autant achever leurs souffrances.

    Il pensait enfin en avoir fini, lorsqu’un mouvement attira son attention, sous le cheval mort du marquis. Ran aperçu Gliver qui tentait désespérément de dégager sa jambe coincée sous sa monture.

    Il redoubla d’efforts lorsqu’il se rendit compte que Ran l’avait remarqué, mais c’était bien trop tard.

    Le grand et puissant noble qui avait joué avec tant de vies tentait maintenant de sauver sa peau, Ran aurai presque put en rire, si les enjeux n'avaient pas été aussi grands.

    Tout en avançant lentement, Ran sortit son fusil, éjecta la douille qui s’était coincé et vérifia son chargeur, puis tira la culasse. Il était maintenant juste en face de Gliver.

    « - Un dernier mot ?

    Le visage de Ran était impassible, celui du marquis en revanche exprimait une multitude d’émotions, de la peur, de la colère, essayant toujours de garder une attitude hautaine.

    - Sale chien, ta mort sera lente, les autres nobles ne resteront pas sans rien faire ! Va au diable crevure !

    - Je vois... La dernière détonation de cette nuit sembla plus assourdissante que les autres, son échos dura plus longtemps, il était rempli d’un sens plus profond.

    Dans ce cas passe devant… »
  • mars 2018 modifié
    Salut ! Je sais ça fait longtemps, le prochain chapitre sort demain voici de quoi patienter en attendant ^^ (petits correctifs sur la 2eme image)
  • Ran rangea son arme et une notification apparut :

    -Félicitations, vous avez gagné 25 niveaux ; nombres de points à distribuer : 150

    - Titre : {révolutionnaire} acquis

    - compétences {contrôle intermédiaire du mana}, {magie élémentaire basique}*, {Kill count}, acquises :

    {Contrôle intermédiaire du mana} : réservé à ceux ayant compris le fonctionnement profond de la magie, réduction de 30% du cout en mana de tous les sorts, augmentation de 30% de la puissance des sorts.

    {Magie élémentaire basique}* : permet d’utiliser la magie à travers les éléments, l’effet augmente avec la compréhension de l’élément choisi.

    Ran sentit la connaissance s’écouler en lui, il comprit qu’il venait de nouveau d’obtenir des capacités spectaculaires, le control du mana lui permettait d’invoquer des sorts sans devoir passer par une incantation, laquelle lui faisait seulement perdre un temps précieux en plus d’annoncer directement à l’ennemi son prochain mouvement.

    Mais Ran remarqua l’astérisque à droite de sa nouvelle capacité, cela ne présageait rien de bon, il appuya dessus et une nouvelle fenêtre d’information émergea :

    *Attention : En raison d’un niveau insuffisant, 1 seul type de magie élémentaire peut être choisi parmi {feu}, {eau}, {terre}, {air} et {poison}

    Ran soupira, évidemment, ça ne pouvait pas être aussi simple. Il dut réfléchir prudemment sur quel élément choisir car cela influerait sans aucun doute sur sa façon de combattre à l’avenir.

    Avec les connaissances qu’il venait d’acquérir sur la magie, il comprit que le feu se spécialisait dans les dégâts brut, le poison dans les dégâts de zone et sur la durée, l’eau permettait de soigner les blessures et la terre offrait une protection efficace.

    Chacun avait ses avantages mais Ran n’en avait pas fondamentalement besoin car son arme tuait sur le coup, ses nano robots pouvaient arrêter une hémorragie et réparer les dégâts internes et son armure pouvait résister à pas mal de choses.

    Il ne restait plus que la magie de vent, elle n’était pas aussi puissante que celle du feu, mais beaucoup plus versatile, elle s’adaptait parfaitement au style de combat de Ran qui souriait déjà en imaginant les possibilités.

    Il restait encore une dernière capacité, lorsque Ran lut sa description, il resta sans voix :

    {Kill count} : Chaque ennemi abattu octroie un bonus permanent pour toutes les statistiques

    Kill count actuel : 168

    Une capacité simple mais effrayante, elle permettait de manière sûr et efficace de devenir plus fort, c’était presque aussi puissant que {Tueur}, un peu comme avoir une deuxième barre d’expérience.

    Mais encore une fois, toute sa progression se jouait sur la mort de ses opposants, il jeta un regard sur le champ de bataille où gisait des dizaines d’hommes, une ombre tomba sur son visage, une question lancinante dansait à l’arrière de sa tête « n’y avait-il une autre voie ? », puis il vit Era descendre la falaise pour le rejoindre et son cœur s’apaisa.

    C’était cruel, mais s’il n’avait pas combattu, les habitants du village seraient ceux étendus dans une mare de sang. Ran pouvait les voir, tous étaient biens vivants et soulagés d’avoir échappés à la tempête qui venait pour eux.

    Era se jeta dans ses bras en pleurant, répétant qu’ils avaient réussi. Ran tenta de la calmer en lui disant que c’était fini, que tout allait bien se passer maintenant…Mais il savait très bien que ce n’était pas le cas.

    Après avoir marché sur la queue du lion, soit on se faisait dévorer, soit on le décapitait pour de bon.

    Il décida de conserver les cadavres dans son inventaire pour ne pas laisser de traces et réunit rapidement les personnages principaux du village pour discuter de la marche à suivre.

    « -Bravo à tous, ce soir c’est notre victoire, mais le plus dur reste à faire, je vais me rendre à Hua dès demain pour expliquer la situation à la princesse.

    L’inquiétude passa sur les visages et un homme prit la parole.

    - En faisant cela, tu avoues que l’on a participé au meurtre d’un noble, ne vaut-il pas mieux ne rien dire et garder cela secret ?

    -C’est possible, mais si quelqu’un l’apprend plus tard la situation ne fera qu’empirer en ayant caché les faits. Je pense que la princesse m’écoutera, ne vous en faites pas je dirai que j’ai agi seul. Dites simplement aux habitants de tenir leur langue et tout devrait bien se passer. »

    D’une manière ou d’une autre le discours de Ran semblait les avoir convaincus.

    Il se mit en chemin immédiatement, Era avait insisté pour venir mais Ran le lui avait formellement interdit, sa discussion avec la princesse promettait d’être mouvementé, il ne voulait pas qu’elle assiste à cela.

    Il ne voulait pas qu'elle voit à quoi il pouvait ressembler quand il devait être « convaincant ».
  • mai 2018 modifié
    Ran arriva à Hua aux premières lueurs du jour, les gardes semblaient plus alerte après la tentative d’assassinat et des contrôles d’identité avaient été mis en place mais heureusement, un des gardes présent reconnu Ran immédiatement, il lui fit un signe de tête et il put entrer en ville sans encombre.

    Hua était plus calme que la dernière fois, la ville était encore à moitié endormi et il n’eut aucun mal à se faufiler entre les échoppes jusqu’à la résidence du maire. Il fut surpris de voir 2 femmes lourdement armées, vêtues d’une armure intégrale et maniant une hallebarde surveiller la porte. A leur posture, Ran vit qu’elles étaient bien mieux entrainées que tout ce qu’il avait pu voir jusqu’ici.

    A peine avait-il fait mine de s’approcher que les hallebardes le menacèrent.

    « -Halte, personne ne passe.

    Le ton était sans équivoque. Ran leva les mains en l’air et répondit.

    - J’ai une annonce à faire à son altesse, dites-lui que Ran doit lui parler, c’est urgent.

    Les 2 soldats réagirent en entendant son nom puis chuchotèrent entre elles, semblant discuter de la meilleure chose à faire. L’une d’elles entra finalement dans la maison puis revint rapidement.

    -Elle va vous recevoir. »

    Une des gardes l’accompagna à l’intérieur, l’endroit n’avait pas changé, mais une agitation inhabituelle régnait, des porteurs couraient à droite à gauche et ne prêtèrent pas la moindre attention à Ran.

    Ils arrivèrent dans la grande salle de réception, 6 gardes pareils à ceux de l’entrée encadraient la princesse installée dans son fauteuil de cuir, encore une fois, toutes étaient des femmes.

    La princesse prit les devants :

    « - Bienvenue ! Je ne m’attendais pas à te revoir aussi tôt, tu arrives pile au bon moment, je rentre au Palais aujourd’hui même, Père m’a envoyé la garde royale pour m’escorter, avec ce qu’il s’est passé, on est jamais trop prudent. Quelle affaire t’amène donc ?

    Bien qu’elle tentait de garder une mine réjouie elle pouvait facilement voir à l’expression de Ran que la situation était sérieuse.

    -Votre altesse, c’est un plaisir, pardonnez-moi de vous déranger, mais les informations que j’ai à vous transmettre sont sensibles.

    Il tourna son regard vers les gardes.

    La princesse perdit son sourire, elle hocha la tête et ordonna aux serviteurs de sortir, on ferma aussitôt les portes et tous avaient ordre de ne pas s’approcher de cette salle.

    Ran fut impressionné par sa réactivité, il l’avait compris plus tôt mais la princesse était loin d’être sotte, ce qui l’arrangeait bien. Les seuls qui demeurèrent dans la pièce furent Ran, la princesse, les gardes et bien sûr…Le majordome.

    - Tu peux parler, je fais entièrement confiance à ceux qui se trouvent dans cette pièce.

    Même si Ran en doutait, il commença à raconter toute l’histoire, l’enlèvement des villageois, le contrat avec l’empire, les taxes exorbitantes et enfin… l’attaque nocturne sur le village.

    Au fil de son histoire, le visage de la princesse s’assombrit et elle commença à se ronger les ongles.

    Les gardes ne laissèrent rien paraitre mais leur consternation était évidente, Graam le majordome était plus outré qu’autre chose.

    - Balivernes ! Un marquis n’aurait jamais fait une chose pareille ! Tu sais ce qu’il en coute de porter de fausses accusations contre un noble ?! As-tu au moins une preuve de ce que tu avances ?!

    Ran ne répondit pas. Graam sourit.

    C’est bien ce que je pens… Soudain, la voix de Gliver sortit de nulle part.

    « Zzz… mon contrat avec l’empire ….zzz… sauvetage de cette emmerdeuse, tu m’évites la peine de te chercher…zzz… Abattez-le ! »

    Le majordome blanchit.

    C’est une imposture ! Princesse dite quelque chose !

    -…

    Cette dernière demeurait silencieuse.

    Graam explosa alors :

    - Gardes arrêtez le pour le meurtre du marquis Alphonse de Gliver ! Il sera jugé et pendu pour l’exemple, il a lui-même avoué son crime !

    Les gardes hésitèrent un instant, mais obéirent finalement aux ordres. Toutes se déployèrent en cercle autour de Ran qui ne bougeait toujours pas. Il répondit simplement :

    - mon crime?

    Une lumière éclatante envahit alors la salle, aveuglant les personnes présentes, une odeur de chair brulée immonde se répandit rapidement dans toute la pièce et lorsque les gardes purent y voir de nouveau, elles eurent un mouvement de recul instinctif, là où se tenait Ran quelques secondes auparavant, se dressait maintenant une immense pile de cadavres.

    Toujours équipés de leur armure, certains dans un meilleur état que d’autres, près de 200 cadavres s’entassaient là dans une vision d’horreur. Le sang commença à couler, imbibant le tapis et formant une flaque grandissante.

    Au sommet de cet amas morbide, Ran apparut, debout, toisant le majordome.
  • Bonjour,

    Ton histoire mérite le coup d'œil ! Bonne continuation.

    Cordialement.
  • Merci beaucoup, ça fait plaisir à entendre !
  • juin 2018 modifié
    « Vous m’avez mal comprit apparemment, je ne suis pas venu avouer un crime, je viens simplement rapporter les faits. »

    Il plongea sa main dans le tas sanglant et en sorti la tête de Gliver, les yeux révulsés, un trou saillant au niveau du front.

    « Cet homme a tenté de massacrer un village, je l’ai stoppé, même un aveugle verrai le méchant de l’histoire. »

    Il lança la tête qui roula le long du tas morbide pour s’arrêter devant le majordome. Ce dernier tenta vivement de reculer mais trébucha maladroitement, se retrouvant les fesses au sol.

    « Mais à quoi bon discuter avec un bouffon comme toi, j’ai demandé audience à quelqu’un d’autre aujourd’hui. »

    Il se tourna vers la princesse qui n’avait toujours rien dit.

    « - …Combien. Commença-t-elle.

    Ran ne comprit pas.

    - Combien de personnes penses-tu avoir sauvé ?

    - Environ 60, sans compter ces victimes à venir, car il ne serait jamais arrêter là et vous le savez.

    - Je comprends ton geste Ran. Cependant… Par ta faute des milliers d’autres risquent de mourir, si le meurtre d’un marquis reste impunis ce sera l’occasion parfaite pour les traitres et les nobles de se rebeller.

    C’était là le fond du problème, Ran pouvait bien devenir l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres et déclencherai une guerre civile.

    - Alors quoi ? J’aurais dû les laisser se faire massacrer pour son bon plaisir ? Dans ce cas peut être n’aurais-je pas dû vous sauver pour ne pas lui déplaire, qu’en pensez-vous ?
    La princesse se leva d’un coup.

    -Tu sais très bien ce que je veux dire, c’est par reconnaissance pour tes actes que ta tête n’a pas encore roulé au sol comme celle de Gliver.

    Le silence envahit la salle et un froid parcouru l’assemblée.

    - Oh ?... Vous voulez essayez ?»

    Une aura effrayante émana de Ran et les gardes s’empressèrent de former une ligne défensive devant son altesse, pointant une rangée de hallebardes devant lui.

    Pourtant la princesse soutint son regard sans broncher, gardant un air déterminé.

    « D’accord, d’accord, je suis désolé, je ne cherchais pas à vous provoquer, Altesse. » Dit-il.

    Ran s’assit et le malaise ambiant se dissipa.

    « Même si ce que vous dites est vrai, ma mort ne changerai rien, si nous en sommes là aujourd’hui c’est parce que la couronne a laissé faire les nobles pendant trop longtemps. Cette révolte que vous redoutez n’est qu’une question de temps.

    La princesse se rassit et ferma les yeux un moment, puis soupira.

    - Dans ce cas que proposes-tu à la place de ta tête ?

    - Prenez les devants, annoncez que Gliver est mort, tué par des monstres. Faites fouiller sa demeure vous y trouverez surement des documents le liant à votre tentative d’assassinat ou à son trafique avec l’empire

    - J’en doute fort, même si c’était un déchet humain, il était assez prudent pour ne pas laisser de traces.

    - Peut importe, il suffit que les autres nobles pensent que l’on ait quelque chose. Ils feront tout pour étouffer l’affaire et cacher leurs propres crimes.

    C’était un plan intéressant et tant que la vérité n’éclatait pas, Ran était un homme libre.

    - Tu me demandes donc de mentir à tout mon peuple, de couvrir le meurtre d’un noble et de laisser le coupable sortir par la grande porte ?

    Ran sourit et s’inclina légèrement

    - Exactement

    La princesse se mit à rire.

    - Ahaha, tu ne manques vraiment pas d’air toi, mais c’est un bon plan, cependant si la vérité éclate je ne pourrai rien y faire cela te va ?

    - Oui je ne peux pas en demander plus.

    - Alors ainsi soit-il, maintenant va-t’en avant que je ne change d’avis

    Le majordome semblait vouloir protester mais s’abstint en apercevant le regard de la princesse.

    Un nouvel éclat apparut et la pile de cadavres disparu.

    - Merci infiniment Altesse.»

    Il s’inclina de nouveau et prit congé.

    Ran sortit alors de la demeure sans que personne ne l’arrête, et les larges portes se refermèrent derrière lui.

    Il poussa un long soupir de soulagement une fois dehors, son petit coup de théâtre avait porté ses fruits, il s’était assurer la paix…Pour un certain temps du moins.

    Maintenant sa nouvelle vie allait enfin pouvoir commencer, il avait un endroit où retourner et il voyait de grandes choses pour le village de Coza.

    Ran regarda le ciel, un bleu magnifique avec quelques nuages, exactement comme à son arrivée dans ce monde.

    « C’est parti.»
  • ~ 2 mois plus tard ~
    Forêt de Gubu

    Tout était paisible, l’air était tiède en cette fin d’après-midi et le soleil descendait lentement à l’horizon. Le calme ambiant fut troublé par un léger bruissement, des ombres sortirent des fourrés, elles se déplaçaient rapidement, un groupe de 5 hommes au total bougeaient ensemble en formation serrée, ils étaient drapés de capes noires et progressaient en silence, communiquant pas gestes.

    Ils semblaient tous très bien entrainés, l’un d’eux repéra alors Ran se reposant tranquillement sur une branche en hauteur, il était seul, et surtout, il n’avait pas d’armes.

    Tous convergèrent alors sur lui, chacun était armé d’une arbalète modifiée et ils semblaient tous savoir parfaitement s’en servir.

    Lorsque Ran les aperçut, il sauta rapidement au sol et s’avança vers eux sans hésitation.

    « - C’est pas trop tôt ! J’allais rentrer sans vous !

    - Pardon chef, le tétra-ours nous a donné plus de mal que prévu.

    Celui qui semblait diriger la troupe lui remit alors un anneau de stockage.

    - Impressionnant, vous pouvez vous défendre par vous-même maintenant, c’était votre dernier test. »

    Ran lui serra la main.

    « - Félicitations, sergent.

    - Merci chef !

    Les hommes restés en retrait bombèrent fièrement le torse, le sourire aux lèvres.

    - Rentrons maintenant.

    Tous répondirent en chœur

    - Chef ! Oui, chef ! »

    L’entrainement militaire de Ran avait porté ses fruits, dès qu’il était rentré 2 mois plus tôt, il avait décidé de former et d’équiper correctement de nouvelles recrues, avec ce groupe-là, la nouvelle milice comptait maintenant une vingtaine de membres. Ils étaient devenues de vrais soldats, ainsi que de très bon chasseurs, ils pouvaient sans problèmes chasser de grands groupes d’animaux… ou d’hommes.

    Durant tout ce temps Ran avait craint une nouvelle attaque des nobles, mais rien n’était arrivé, il eut ainsi le temps nécessaire pour remettre le village sur pieds.

    Sur le chemin du retour, Ran vit les larges champs qui entouraient maintenant le village, les précédents étaient disparates et mal organisés, Ran les avaient donc réunis en 4 grands secteurs et avait mis en place une rotation des cultures sur 4 ans, avec l’engrais, les récoltes s’annonçaient merveilleuses.

    Il s’était même procurer des animaux d’élevages, on pouvait voir vaches et cochons brouter paisiblement dans leur pâturage.

    Enfin, ils passèrent une grande tour de guet en bois et saluèrent les gardes postés en haut. Cette tour était un gros atout, avec une vue dégagée de tous les côtés, ils ne risquaient plus d’attaques surprise comme celle des loups.

    D’ailleurs ces derniers s’étaient révélés très utiles tant pour chasser que pour défendre le village, les habitants s’étaient rapidement faits à leur contact et ils n'avaient besoin que des restes d’animaux chassés pour se nourrir.

    Ran avait essayé de former plus de contrats, mais aucun animal n’avait accepté jusque-là.

    Une fois à l’intérieur du village, il observa les habitants, ils avaient tous bien meilleure mine que lors de leur première rencontre.

    Mais même si les conditions de vie s’étaient grandement améliorées, Ran avait encore un grand projet de rénovation urbaine, cependant la réalité était dure, et l’argent manquait.

    Transformer un village entier n’était pas aussi simple et coutait très cher, même en chassant, tous ses profits étaient rapidement engloutis et il n’avait pas le temps d’attendre que les cultures poussent car il voulait profiter au maximum de l’année sans taxes que la princesse lui avait accordé.

    Ran dû donc trouver une nouvelle source de revenus, en utilisant les souvenirs de son ancien monde il créa un produit qui se vendrait surement très bien, mais un problème subsistait.

    Les innovations avaient toujours été séduisantes et tout le monde les convoitent, Ran était certain que de nombreuses personnes tenterait de voler son idée pour se faire une part du gâteau, ce dont il avait besoin maintenant était un marchand de confiance.

    Alors que le groupe se dirigeait vers la caserne, Ran entendit des bruits de pas précipités, c’était Era, elle se rapprochait rapidement et avait l’air passablement en colère. Elle commença à sermonner Ran pour rentrer si tard.

    Les 5 soldats lui firent un signe de tête compatissant et s’éclipsèrent en vitesse.

    Ran s’excusa en lui caressant la tête, elle était vraiment mignonne quand elle s’inquiétait pour lui.

    Depuis qu’ils vivaient ensemble, leur relation s’était développée, Ran ne pouvait plus imaginer vivre sans elle, elle était devenue son soutien psychologique et affectif.
    Lorsqu’il lui parla de ses problèmes d’argent Era ne sembla pas inquiéter le moins du monde.

    « Un marchand ? J’en connais une si tu veux, c’est une amie d’enfance, elle est partie à Hua l’année dernière, un vrai requin en affaire mais elle ne laisserait jamais tomber ses amis. »

    C’était un souci de moins, Ran se mettrait en route à l’aube pour rencontrer cette marchante, mais pour le moment ils passèrent simplement une nuit très agréable dans les bras l’un de l’autre.
  • août 2018 modifié
    Au matin, Il dut s’incliner quand elle insista pour l’accompagner, ils prirent deux chevaux dans l’étable nouvellement construite et chevauchèrent toute la matinée. Ne se pressant pas, ils arrivèrent à Hua en milieu d’après-midi.

    Ils purent entrer en ville sans problème et Ran put observer la vie quotidienne de la ville maintenant que la princesse était partie. Les échoppes ambulantes animaient les rues toujours autant bondées de monde.

    Ils durent se faufiler à travers la foule jusqu’à la boutique qu’ils cherchaient.

    Elle était l’exacte opposée de celle de Graam, de larges fenêtres laissaient entrer la lumière et de nombreux articles en tout genre étaient exposés en vitrine.

    Ils entrèrent et un léger carillon annonça leur présence, l’intérieur était bien décoré, lumineux et propre. Le comptoir était vide mais un bruit se fit entendre dans l’arrière-boutique.

    Une belle jeune fille apparut alors, rousse aux yeux verts, avec quelques taches de rousseurs rappelant celles d’Era.

    « Une seconde j’arrive, bonjour que puis-je faire pour vou… Era ?! »

    Dès qu’elles s’aperçurent elles se jetèrent dans les bras l’une de l’autre.

    « - Que fais-tu ici ? J’ai entendu ce qu’il s’est passé au village est ce que ça va ?

    - tout va bien maintenant ne t’inquiètes pas, et c’est grâce à lui, elle se tourna vers Ran, Illa je te présente Ran, il m’a… nous a sauvés plus d’une fois.

    Illa eut un sourire narquois.

    - Oh oh ? Alors comme ça notre petite Era c’est enfin trouver un homme convenable ? »

    Era rougit et commença à baragouiner, Ran sourit.

    « Et donc ? Que puis-je faire pour vous ? »

    Ran lui parla de son projet.
    « Hmm… Oui, ça dépend du produit que tu cherches à vendre mais ça ne devrait pas poser de problèmes. »

    Son ton avait changé lorsqu’elle répondit à Ran, il percevait… de la méfiance ?

    Elle se tourna ensuite vers Era, lui fit un grand sourire et lui demanda d’aller acheter quelque chose à manger pendant qu’ils parlaient affaires. Ce qu’elle accepta bien volontiers.

    Mais dès que la porte se referma, Illa la verrouilla, son sourire disparu et son ton devint glacial.

    « Suis-moi. »

    Ils montèrent à l’étage dans un bureau sans fenêtres, éclairé seulement par quelques bougies.

    Ils s’installèrent et Illa le fixa du regard.

    « - Tu sais, Era est ma plus chère amie, évidemment, je me suis renseigné sur tout ce qui se passais au village et je te remercie infiniment de l’avoir sauvée mais j’irais droit au but, qui es-tu ?

    - Je m’appelle Ran et malheureusement je ne me souviens plus de r….

    Elle se leva brutalement et frappa le bureau de ses deux mains, son visage se crispa et son regard s’endurcit :

    - Ne te fous pas de moi ! Les marchands ont un l’un des meilleurs réseaux d’informations mais personne n’a rien trouvé sur toi avant ton arrivée à Coza, tu es apparu de nul part pile au bon moment pour sauver les villageois, sacré hasard, pas vrai ? Mais même si les autres y ont cru, je n’avale pas un instant ton histoire d’amnésie, alors je te le redemande… Qui es-tu, et que veux-tu ?! »

    Ran ne s’attendait pas à ça, cette femme était aiguisée, il savait d’avance que mentir n’arrangerait rien.

    Il prit une profonde inspiration et se lança :

    « - J’aime Era et j’aime ce village, c’est aussi simple que ça.

    - Hein ? Illa parut décontenancée.

    - Mais même en disant ça tu auras toujours des doutes pas vrai ? J’avoue que vu la situation je suis plus que suspect, mais plutôt que juger qui je suis ou d'où je viens, juge donc mes actes, doute donc, observe-moi autant que tu veux et fais toi un avis par toi-même.

    Elle ne semblait pas totalement convaincue, mais ses muscles se relâchèrent et son visage se détendit un peu.

    -…D’accord, je ne chercherais pas plus loin tes origines, mais ne t’y trompe pas je te garderai à l’œil, monsieur le héros. »

    Ran acquiesça. Puis un frisson le parcourut.

    Illa arborai maintenant un sourire glacial, elle conclut avec un calme presque effrayant :

    « Ah, juste une dernière chose, Era à l’air de t’apprécier alors vous avez ma bénédiction mais si tu la blesses… Je te tue, c’est clair ? »

    Ran déglutit et acquiesça de nouveau.

    « - Bien maintenant passons à nos affaires, que désires tu vendre ? »

    Ran sortit alors un petit coffret en bois de son inventaire, ce dernier contenait une fine poudre blanche, Illa semblait intriguée mais sans plus pour le moment.

    - Goute et tu verras.

    Illa s’approcha et trempa son index dans la poudre avant de le porter à ses lèvres.

    - Mais c’est du sucre ! Elle s’empara rapidement du coffret pour l’examiner de plus près, faisant rouler les grains entre ses doigts. La couleur et la finesse des grains sont superbes et il n’y a aucune trace d’impuretés !

    Elle agissait enfin comme une vraie marchande, c’était rafraichissant à voir, la tension passée s’évanouit en un instant.

    Illa se reprit rapidement et reposa la boite sur le bureau, elle adopta une voix plus sereine et monotone pour ne pas laisser transparaitre ses émotions puis arbora un sourire commercial, les négociations avaient déjà commencées.

    - Vu ta réaction je suppose que tu es intéressée ?

    - En effet, du sucre de cette qualité est assez impressionnant. Mais je suppose qu’il a fallu un long processus pour obtenir un tel résultat, le prix en sera d’autant plus élevé, ma compagnie a les contacts nécessaires pour le vendre au meilleur prix aux nobles et aux bourgeois, qu’en dis-tu, veux-tu faire affaire ?

    Son visage était indéchiffrable mais irradiait de confiance, elle était surement persuadée que Ran ne pourrait pas vendre ce sucre sans elle et ses connections.

    Il eut un sourire mesquin.

    - En fait il coute moins cher à produire que le sucre issu des cannes à sucre et il est même possible de le produire ici, au royaume.

    Illa fit les yeux ronds, perdant instantanément son impassibilité.

    Dans ce monde, si l’on voulait des choses sucrées la plupart des gens n’avaient que les fruits ou le miel, le sucre étant une denrée rare car les cannes à sucres ne poussaient pas bien sur le continent. Une nouvelle source facile d’accès et peu chère promettait d’être extrêmement rentable !

    - Vraiment !? Dans ce cas c’est autrement plus intéressant ! Je peux me charger de la distribution dans tout le pays si cela t’intéresse.

    - Dans ce cas je te laisse t’en charger. Coza se chargera de la production.

    - Et pour le partage des gains ?

    Ils arrivaient enfin à la partie intéressante.

    - 70/30 me parait équitable.

    - Hein ? En plus de gérer la distribution je devrais aussi protéger le secret de fabrication pas vrai ? Disons plus tôt 50/50.

    - 60/40, et j’assure l’exclusivité à ta compagnie.

    - Deal !

    Ils se serrèrent la main et discutèrent des détails avant de signer un contrat en bonne et due forme.

    Era revint quelques minutes plus tard les bras chargés de provisions, Illa les invita à diner chez elle, elle n’avait plus ce ton de méfiance à l’égard de Ran et semblait impatiente de rattraper le temps perdu avec Era, elles discutèrent durant une bonne partie de l’après-midi et Ran en profita pour rendre visite à Galvan son ami forgeron.

    Ils se retrouvèrent pour diner dans une ambiance des plus agréables, mais à peine eurent ils terminé qu’Illa séquestra Era dans sa chambre pour une soirée entre filles. Ran dormit donc dans la chambre d’ami. Il dormit sans problèmes, se sentant juste un peu seul sous les draps.

    Le lendemain ils repartirent sans se presser pour Coza, Illa aurait sans doute besoin de plusieurs jours pour tout mettre en place et réunir les fonds pour Ran.

    Lorsqu’il reçut l’argent, il put enfin mettre ses plans à exécution, cela faisait un moment que plus personne ne remettait en question ses décisions au village, il avait donc le champ complètement libre.
  • octobre 2018 modifié
    Il planifiait de remodeler complétement le village, tout d’abord il fit creuser de larges tranchées pour servir d’égouts, puis il fit bâtir de nouvelles maisons selon 2 axes majeurs servant de rues principales qu’il fit paver. Il créa également une place centrale où les marchands pourraient facilement s’installer.

    On dut détruire la plupart des anciennes maisons, ce qui mit un coup au cœur de ceux qui y avaient vécu toute leur vie, mais même si les travaux étaient rudes, chacun aida du mieux qu’il put, et tous voyaient le futur qu’ils bâtissaient ensembles.

    Bien sûr, l’avance d’Illa était rapidement partie en fumée, mais la vente de sucre se portait si bien que l’argent ne vint heureusement pas à manquer. Ainsi, la nouvelle ville fut terminée en à peine 2 mois.

    Selon les prévisions de Ran, le commerce s’y développa de manière fulgurante, attirés par l’absence de taxes, de nombreux marchands étaient venus s’établirent à Coza pour faire leurs affaires, Illa avait même ouvert une succursale sur la grande place.

    Le petit village campagnard était devenu une cité commerciale florissante. Le nombre d’habitants augmenta rapidement pour atteindre les 300 personnes, principalement des réfugiés des autres villages que Gliver dirigeaient.

    Malgré cette hausse importante de la population, la qualité de vie s’était nettement améliorée, les égouts avaient permis d’amélioré l’hygiène général, luttant ainsi contre de nombreux problèmes de santé et la nourriture était également devenue nettement plus abondante grâce aux nouvelles cultures.

    Quant à la sécurité, Ran avait commencé la construction d’une muraille en pierre autour de la ville et avait porté la milice à 30 hommes, grâce à son entrainement spartiate ils étaient tous devenus bien plus forts, à la fois physiquement et mentalement, leur niveau moyen était faible mais leur efficacité au combat les rendait plus que dangereux.

    Era avait vite reprit sa place à la tête de la milice, même si elle n’était pas aussi forte que ses compagnons, elle n’en restait pas moins un stratège hors pairs. Elle avait réussi à s’imposer en tant que leader et personne ne remettait sa place en question.

    Un soir alors que Ran l’observait s’entrainer, assis en haut de la tour de guet, un de ses hommes accourut pour lui transmettre un message urgent. Après l’avoir écouté, Ran resta pensif quelques instants, profitant de la vue en contrebas, enfin, Il sauta au sol depuis son perchoir.

    Il avait pris sa décision.

    Il se dirigea lentement vers la maison de Joras, l’ex-maire, puis frappa à la porte. Joras lui ouvrit, il était en compagnie de 9 ou 10 des anciens du village.

    « Oui ? Oh ! Ran c’est toi ? Viens donc boire avec nous, on discutait justement de tout ce que tu avais fait pour le villag… Pardon, la ville de Coza, on t’en sera à jamais reconnaissant, Pas vrai les gars ? »

    Une clameur lui répondit.
    Il passa son bras autour des épaules de Ran, souriant

    « Mais ! Pour moi, tu seras toujours un gamin, compris ? »

    Ran sourit lui aussi et hocha la tête. Il prit enfin la parole.

    « Merci à tous, je suis heureux que vous le sentiez comme ça, mais cette ville vous l’avez construite de vos mains et je pense qu’il est temps que vous choisissiez votre propre chemin. »

    Il mit ses 2 mains sur les épaules de Joras :

    « - C’est pourquoi, j’aimerai que tu reprennes les rennes à partir de maintenant mon ami.

    L’ambiance devint plus solennelle.

    -…Tu en es sûr ?

    Ran acquiesça.

    Il y a peu, Joras aurait tout fait pour que Ran garde sa place de chef, mais après tout ce qu’il avait fait pour eux, il méritait bien un peu de repos.

    - Et que vas-tu faire maintenant ?

    - Je pense m’installer dans une des vielles maisons en dehors de la ville au nord, mais Era doit rester près du QG de la milice, en cas d’imprévu, veille bien sur elle, d’accord ?

    Joras le lui promit puis le prit dans ces bras,

    - Merci pour tout gamin…

    Après cela, la fête reprit, laissant les sujets sérieux de côté, les hommes burent et s’amusèrent jusque tard dans la nuit. Personne ne parla plus de la décision de Ran. Lorsqu’il sortit sur le porche pour prendre l’air, Era l’attendait, adossée contre un mur.

    « Alors le moment est venu, pas vrai ? »

    Ran hocha gravement la tête.

    Après tout ce temps, les nobles corrompus avaient finalement réunis assez de pouvoir et d’influence pour se dresser contre la monarchie, la situation était tendue et Ran ne doutait pas un instant qu’ils viendraient un jour ou l’autre s’en prendre à lui.

    S’il était qualifié de traitre, tout Coza aurait pu être engouffrée dans une nouvelle guerre inutile. S’éloigner de la ville lui semblait donc la meilleure solution, pour lui comme pour eux.

    Bien sûr, Era avait longuement protesté, mais Ran était resté ferme. S’il devait se battre, il le ferait seul, il ne voulait impliquer personne d’autre, et surtout pas elle.

    Après ce jour, Ran rénova une des bâtisses qui n’avait pas encore été abattu et s’y installa, il passait souvent en ville pour voir Era et vendre les monstres qu’il avait tués, elle lui avait fait la tête un moment mais rien n’avait vraiment changé en fin de compte.

    Il chassait toujours dans les environs pour ne pas rester éloigné trop longtemps et croisait ainsi souvent ses anciens soldats revenant de chasse, ils l’appelaient toujours chef, encore maintenant.

    C’étaient de bon gars, ils n’avaient probablement plus besoin de lui et sans ses responsabilités de leader sur les épaules, Ran put se concentrer pleinement sur sa montée de niveau.

    Il avait d’abord étudié en profondeur les possibilités de sa magie élémentaire et passé un long moment à essayer de capter le flux du vent.

    Utiliser une magie interne comme son cri semblait beaucoup plus facile en comparaison, car invoquer une magie élémentaire revenait à manier un membre invisible en dehors de son corps.

    Heureusement, ses connaissances en chimie de base l’aidèrent à visualiser clairement l’air qui l’entourait, les molécules de dioxygènes et d’azotes glissaient sur lui dans des chocs microscopiques et le dioxyde de carbone expiré à chacune de ses expiations formait de petits nuages noirs se dissipant dans l’air ambiant.

    Il pouvait maintenant parfaitement percevoir le monde gazeux, tel un tableau impressionniste.

    Ran sourit, cette sensation était enivrante, comme obtenir un nouveau sens.
    Il tenta ensuite d’accélérer le flux de molécules circulant autour de lui, mais comme pour ses dernières tentatives, rien ne se produisit, en apparence du moins, car Ran l’avait senti… Une brise, une toute petite brise s’était levée.

    Il sourit de nouveau.
  • Un autre mois passa, Ran était resté sur ses gardes mais rien n’arriva. Durant tout ce temps, Il avait réussi à créer des techniques de combat uniques incluant sa nouvelle magie, bien que faible offensivement, le vent se révélait un puissant soutien. Il n’avait presque pas utilisé le peu de munitions qu’il lui restait et en avait profité pour développer ses capacités à l’épée, il s’était vite amélioré mais les monstres de la région semblaient trop faibles pour que sa technique progresse d’avantage.

    Cette paix apparente avait trop longtemps duré déjà, et un incident vint y mettre un terme.
    Une après-midi comme les autres, Ran rentrait chez lui après sa chasse quotidienne, il venait d’abattre une troupe de gobelins lorsqu’un groupe de cavaliers passa en trombe sur le bord de la route, ils semblaient fuir quelque, la terreur se lisait dans leurs yeux.

    C’était anormal,

    Il courut à toute vitesse dans la direction d’où ils venaient, augmentant sa vitesse en tranchant l’air devant lui, Il aperçut rapidement la raison de leur fuite. Une scène cauchemardesque se dessinait devant lui.

    En plein milieu de la route, une charrette en bois gisait sur le côté, le flanc droit avait été éventré et les chevaux avaient disparus. De larges éclaboussures de sang peignaient la route d’un rouge écarlate.

    Et au milieu de cette horreur se dressait une espèce d’amas gélatineux, presque aussi grand qu’une maison, des tentacules jaillissaient de son corps grotesque, luisant d’un vert émeraude presque transparent, Ran l’analysa en restant prudemment à distance.

    Slime (géant) nv36: Résistance physique (avancé)
    Résistance magique (intermédiaire)
    Auto-guérison

    C’était un adversaire coriace, Ran pensa même à fuir lui aussi, mais il aperçut quelque chose bouger dans la charrette renversée, une femme et 2 hommes étaient enchainés au plancher, la femme était inconsciente et sa tête saignait abondamment, les 2 autres tiraient frénétiquement sur leurs chaines pour tenter de se libérer, tout en criant dans un dialecte que Ran ne comprenait pas.

    Une dernière victime servait actuellement de repas au slime, malgré la distance, Ran pouvait voir le malheureux tenter désespérément de s’enfuir, rampant au sol, hurlant et pleurant tandis que ses membres inférieurs se dissolvaient déjà dans l’amas verdâtre. Si Ran ne faisait rien, les 3 autres seraient les suivants.

    Il était à plus de 70 mètres, rien de bien difficile avec son armement, il sortit son fusil et l’épaula, tira une rafale courte tout en se rapprochant, mais les balles ne firent que traverser l’amas gélatineux sans occasionner le moindre dommage !

    Mais il avait attiré son attention. Le slime abandonna son repas pour se jeter sur cette nouvelle menace.

    Si les balles perforantes ne marchaient pas, les balles explosives devraient faire l’affaire.
    Sans s’arrêter, Ran jeta son fusil dans son inventaire d’une main et sortit son pistolet de l’autre, il tira 2 fois, mais aucune explosion ne se produisit. Les projectiles se figèrent dans le corps du slime et commencèrent à se dissoudre.

    Les capteurs d’impact n’avaient probablement pas pu détecter la matière visqueuse…
    Durant ce temps, le slime avait considérablement réduit la distance qui les séparait, il était bien plus rapide que son apparence laissait supposer.

    Ran pesta, sans perdre un instant, il dégaina son épée lourde dans un crissement métallique et scanna son adversaire avec tous les capteurs à sa disposition, mais il n’y avait rien, pas d’organes, pas de cerveau, pas de noyau, rien… Il était trop tard pour réfléchir d’avantage, le slime était sur lui.

    Ran leva son sabre et frappa de toutes ses forces, la lame tomba tel une guillotine et trancha le corps gélatineux en deux, mais un instant plus tard les 2 parties fusionnèrent! Le slime répliqua aussitôt, il étendit un de ses énormes tentacules et frappa Ran au niveau du torse avec une force herculéenne.

    Ran n’eut même pas le temps de se protéger, il fut soulevé de terre et projeté violement contre un arbre sur le côté de la route. Le tronc massif trembla sous le choc et Ran glissa jusqu’au sol laissant une trainée de sang au niveau de l’impact.

    Il était gravement touché, même si son armure avait tenu le coup, ses organes internes avaient été salement amochés, il avait plusieurs côtes brisées et son bras droit été fracturé. Il gisait au pied de l’arbre, crachant du sang.

    C’était mauvais, sa tête était lourde et son esprit s’embrumait, il devait trouver une solution, et vite. Il ne survivrait pas à un autre assaut comme celui-ci et le slime se rapprochait dangereusement. Ran eut un sourire de dépit, comment tuer un monstre qui résistait parfaitement aux épées et aux balles ?
  • Il s’apprêtait à renoncer lorsqu’il aperçut du coin de l’œil l’un des deux hommes qui avait réussi à se libérer de ses chaines, il lui criait quelque chose tout en lui montrant une flamme dansant dans sa main.

    Du Feu ?! Bien sûr !

    Il y avait encore de l’espoir ! Ran se jeta sur le côté et évita de justesse un second coup encore plus violent que le premier, l’arbre derrière lui fut déchiré comme du papier.

    Il prit ses distances et se mit à réfléchir à toute vitesse, malheureusement, il n’avait pas de lance-flamme et il se maudit de ne pas avoir emporté de cocktail molotov. Mais tout n’était pas perdu pour autant.

    Il avait une dernière option, il n’aurait qu’une seule chance, et si cela échouait… Le slime n’en ferait qu’une bouchée, il repensa alors au pauvre malheureux qui venait de se faire dévorer sous ses yeux et frémit.

    Mais il n’avait pas vraiment le choix, le slime était furieux, il balançait ses tentacules de droites à gauche pour écraser Ran, arrachant de nombreux arbres au passage. Ran esquiva du mieu qu’il put dans son état, s’aidant de la végétation pour couvrir ses mouvements. Il se cacha dans les fourrées tout en gardant le slime à portée de capteur.

    Dès que le monstre le perdit de vue, il sortit un petit cylindre de métal de son inventaire,… Une grenade !

    C’était un modèle N-22, une grenade thermobarique, elle libérait un gaz explosif et l’enflammait aussitôt. Mais même si elle était destructrice, si Ran la lançait simplement, le slime risquait de la dévier, il devait s’approcher… Il arracha la goupille avec ses dents et garda fermement la grenade dans sa main valide, puis attendit.

    Le barrage d’attaques diminuait graduellement et le slime ne semblait pas disposer à chasser Ran dans la forêt, lassé, il se retourna vers les proies restantes pour finir son diner.

    Ran choisit ce moment précis pour bondir ! Le slime réagit aussitôt, mais malgré ses blessures Ran parvint à se rapprocher en un instant, se glissant entre les tentacules frappant le sol tout autour de lui.

    « Mange ça enfoiré ! »

    Ilenfonça profondément son bras dans la masse gélatineuse et relâcha la quille qui se releva aussitôt. Lançant le compte à rebours,[3…] le petit objet dériva lentement à l’intérieur du monstre, mais ce dernier n’y prêta pas attention, une proie venait de se jeter à sa merci… Et il avait faim.

    [2…]

    Ran tenta de se dégager mais le fluide visqueux agrippait son bras et le gardait prisonnier !

    [1….]

    Le slime se mit soudain à gonfler, des reflets orangés parcoururent son corps qui se déforma de plus en plus, puis il explosa dans un bruit terrible. Le souffle projeta Ran sur plusieurs mètres et là où se trouvait le slime quelques instants auparavant, il ne restait plus qu’une grosse trainée noire.

    Des morceaux visqueux enflammés commencèrent à retomber tout autour de lui. Même si le slime avait absorbé la majorité de l’onde de choc, le deuxième bras de Ran avait lui aussi subit de lourd dégâts, du sang goutait à travers les joints de son armure et tous ses doigts étaient brisés, s’il n’avait pas eu « indomptable » pour supprimer sa douleur et « sang-froid » pour réfléchir calmement, ça aurait pu très mal finir pour lui.

    Mais il était vivant, en mauvais état, mais bien vivant.

    Des notifications apparurent alors :
    -Vous avez gagnez 3 niveaux
    -{régénération cellulaire} acquise
    -Résistance aux dégâts physiques (mineure) acquise
    -Résistance aux dégâts magiques (mineure) acquise

    Ran n’y porta pas d’attention pour le moment, il ramassa son épée au sol et boita vers les 3 survivants.

    En s’approchant, il se rendit compte que ces gens n’étaient pas humains, ils avaient de longues oreilles et de fins cheveux blancs, d’après ce qu’Era lui avait expliqué, il s’agissait probablement d’elfes.

    Vu que le royaume n’était pas vraiment réputé pour sa tolérance envers les demi-humains et d’après les habits délabrés qu’ils portaient, Ran conclut sans peine qu’ils devaient être des esclaves attendant d’être vendu, mais Il s’en fichait.

    Il s’approcha d’avantage et un sentiment amer l’envahit lorsqu’il vit en détails la scène qui se déroulait sous ses yeux.

    L’homme qui s’était libérer devait avoir la vingtaine, il tenait une jeune fille inconsciente dans ces bras, tentant désespérément de la réveiller, l’autre homme, plus jeune tirait violemment sur ces chaines pour se libérer à son tour, s’affolant et criant encore et encore le mot « Rey » vers la jeune fille.

    Les 2 hommes se ressemblaient énormément, probablement des frères.

    Lorsque Ran se fut approché assez près, l’ainé le regarda avec méfiance pendant un instant, puis, semblant l’oublier, il tenta de nouveau de réveiller celle qu’il tenait.

    Ran ne perdit pas de temps, il leva son épée et frappa. La chaine retenant la femme au sol de la charrette céda d’un coup dans une pluie d’étincelles, et après avoir également libérer le plus jeune, Ran prit la jeune elfe dans ses bras et la déposa délicatement au sol.

    Il repoussa sans ménagement le cadet lorsque celui-ci tenta de s’approcher du corps, il fit également un signe de tête à l’ainé, ce dernier acquiesça et tenta de maitriser son frère pendant que Ran examinait les blessures de la jeune femme.

    Elle ne respirait plus, sa tête saignait abondamment et de nombreuses contusions couvrait son corps, Ran tenta de trouver son pouls, sans succès.

    Aucun doute possible…

    Elle était morte.
  • merci pour le chapitre
  • Ran joignit ses mains sur la poitrine de la jeune fille, son combat contre le slime n’avait pas duré plus de 3 minutes, il n’était peut-être pas trop tard, ses bras étaient en piteux état mais il n’y avait pas un instant à perdre !

    Il se mit à pousser, encore et encore, ses os émirent des craquements sinistres.

    Le plus jeune des frères tenta de l’arrêter, lui criant violemment dessus, mais son frère le retenait toujours, il semblait comprendre que Ran tentait de la sauver.

    RCP, méthode de réanimation cardio-pulmonaire, c’était un standard là d’où il venait, mais ici, c’était une technique inconnue et miraculeuse pouvant ramener les morts à la vie !

    Ran pinça le nez de l’elfe puis lui fit du bouche à bouche avant de reprendre son massage cardiaque. Il devait maitriser sa force ou il risquait de lui briser les côtes.

    Il continua ainsi pendant une dizaine de minutes environ, ce qui lui sembla une éternité.

    Enfin, elle eut un violent spasme et son corps se souleva. Elle prit alors une profonde inspiration et ses grands yeux bleus s’écarquillèrent.

    Elle toussa lourdement et parut déboussolée pendant un court moment, mais dès que son regard se posa sur Ran, elle bondit en un instant, s’emparant du couteau qu’il gardait à sa ceinture.

    « Arm, Verm, venez derrière moi, et toi ne bouge pas, Humain ! » Même si elle semblait toujours confuse, son ton était sérieux.

    Mais à sa surprise le cadet se contenta de courir directement vers elle pour la serrer dans ces bras, des larmes ruisselaient sur ces joues.

    L’ainé lui expliqua alors la situation.


    « C’est impossible, pourquoi un humain nous aiderait ? Tu as oublié que se sont eux qui nous ont enlevé et vendus comme des animaux ! »

    Elle se tourna soudain vers Ran avec un dégout évident dans son regard. Le menaçant toujours avec sa propre lame.

    « Il veut probablement mettre la main sur des esclaves, si on l’écoute il nous enchainera de nouveau ! »

    Ran soupira, pourquoi fallait-il toujours qu’on questionne ses motivations lorsqu’il voulait sauver quelqu’un ?

    La jeune fille n’avait pas totalement récupérer et à force de crier ainsi elle fut prise d’un vertige.
    Ran en profita, il attrapa son bras en un éclair et la força à lâcher son arme. Après avoir récupérer son couteau, il la repoussa légèrement vers les deux frères.

    Elle serra les dents et son regard se durcit.

    « -Toi…
    - Du calme… »

    Ran sortit alors 3 épées usées de son inventaire, des vestiges de l’armée de Gliver, le reste avait été vendu à Illa depuis longtemps. Il les planta au sol et sourit.

    « Comme je l’ai dit, je me fiche de savoir qui vous êtes, j’ai vu un monstre, je l’ai tué, point barre. Le reste ne me concerne pas, vous êtes libres de faire comme bon vous sembles. »

    Il s’éloigna alors en marchant en direction de Coza, sans se presser.

    L’elfe resta figée, elle ne comprenait pas ce qui se passait, qu’est-ce que cet homme cherchait à accomplir ? Si ce que Verm lui avait dit était vrai, Il les avait sauvés d’une mort certaine, au péril de sa vie qui plus est.

    Et cet homme allait juste s’en aller, sans rien demander en retour? Connerie, elle savait bien que rien n’était gratuit dans ce monde. Elle prit une des armes plantée au sol et lui cria :

    «Qui es-tu à la fin !? »

    Ran s’arrêta et tourna la tête

    -Je m’appelle Ran, ravi de te rencontrer miss Rey.

    Elle trembla un instant en l’entendant prononcer son nom puis resta silencieuse pendant un moment, semblant organiser ses pensées.

    -…Ran, hein ? Je ne te fais pas confiance, mais le fait est que tu nous as sauvé moi et mes frères, et pour ça je te suis reconnaissante. Tu sembles moins détestable que les autres humains.

    - Eh bien merci... Je suppose ?

    - Nous allons rentrer chez nous dans la forêt au nord-est, elle pointa son épée vers lui, ne nous suit pas.

    - D’accord, d’accord, j’ai compris, mais juste au cas où, si vous ne savez pas où aller suivez cette route vers le sud jusqu’à Coza et dites aux gardes que vous venez de ma part, ils vous aideront sans aucun doute. »

    L’elfe ne parut pas vraiment convaincu mais elle semblait au moins calmée. Elle passa une épée à chacun de ses frères puis commença à marcher vers le nord. Les deux elfes s’inclinèrent légèrement devant Ran avant de la suivre.

    Après quelques mètres elle se retourna et lui cria :

    « La prochaine fois qu’on se verra je rembourserai définitivement cette dette, humain ! »

    Ran sourit et se mit lui aussi en route.

    Sur le chemin il examina les capacités qu’il avait reçues et l’une d’entre elle attira particulièrement son attention,

    {Régénération cellulaire}

    Il ne l’avait pas remarqué jusque-là, mais durant sa conversation avec les elfes son état s’était relativement amélioré, les brulures sur son bras s’étaient résorbées et les os de sa cage thoracique et de ses doigts avaient commencé à se ressouder. Il pouvait aussi sentir que les dommages internes qu’il avait subis semblaient moins importants qu’avant.

    Ses nano robots avaient déjà arrêté l’hémorragie, ils pouvaient réparer une grande partie des dégâts que Ran avait subis, mais même avec leur aide, il lui aurait fallu plusieurs heures pour arriver à ce résultat et plusieurs jours pour revenir au maximum de sa puissance de combat.

    « Les capacités sont vraiment terrifiantes » pensa t’il.

    La nuit n’allait pas tarder à tomber, il se remit alors rapidement en chemin.

    Il avait été chanceux de s’en tiré cette fois ci, mais le combat avait été violent et même s’il ne l’avait pas réalisé, son armure avait été poussée à l’extrême, et une fissure…

    Une toute petite fissure, pas plus large qu’un ongle était apparue dans le compartiment extérieur de la pile à fusion.
  • Après être rentré, Il attendit devant les portes de la ville, espérant voir arriver les 3 survivants, mais personne ne vint, même s’il voulait les aider, Ran ne pouvait pas les forcer à le suivre et après ce qu’ils avaient vécu il était normal qu’ils se méfient des êtres humains.

    Lorsque les portes de la ville se refermèrent pour la nuit, Ran rejoignit Era et Joras au bar, priant intérieurement qu’ils atteignent leur village sans problèmes.



    Après une soirée bien arrosée, Ran passa la nuit chez Era, profitant des charmes de sa compagne, il dormit dans ses bras jusque tard dans la matinée, mais tous deux furent réveillés lorsque un garde tambourina à la porte.
    Ran enfila rapidement un pantalon et entrouvrit la porte. Le garde semblait anxieux.

    « - Qu'y a-t-il ?

    - Chef…On a un problème. »

    Ran s’équipa et suivit le garde jusqu’aux portes de la ville. Il lui expliqua la situation sur le chemin.

    « Un groupe de cavalier vient d’arriver d’Hua, ils exigent de vous parler et affirment agirent sur autorité royale. »

    Ran fronça les sourcils, ça ne présageait rien de bon.

    « - Combien sont-ils ?

    - Une douzaine.

    C’était déjà un soulagement, ils ne risquaient pas d’envahir Coza avec si peu d’hommes.

    - On t’ils précisé la raison de leur présence ?

    - Non, mais le capitaine Krueger tente de savoir ce qu’ils veulent. »

    Ils pouvaient en effet entendre des voix leur parvenir depuis le mur, et le ton ne semblait pas amical.

    Krueger était parmi les premiers hommes que Ran avait formé, il était plus âgé que le reste de ses frères d’armes mais il arrivait à suivre ses entrainements intensifs sans problèmes et il avait la tête sur les épaules, et plus que tout, il se souciait de ses hommes.

    Une fois arrivé au pied du mur, Ran observa les arrivants par un trou dans la porte. Chacun des hommes portait une armure complète et une épée longue à la ceinture, un drapeau portant les armoiries de la famille royale, une tour de pierre et une lance, flottait derrière eux, comme pour affirmer la légitimité de leur présence.

    Leur leader « discutait » avec Krueger, lui ordonnant surtout qu’on lui livre Ran sans plus tarder.

    Alors, avec un grincement sonore, Ran ouvrit les lourds battants de la porte principale. Mettant fin à la conversation.

    « - Que puis-je faire pour vous messieurs ?

    Le leader le regarda de haut en bas avec un air de dégout.

    - Ran je présume ?

    - Lui-même.

    La mine du soldat se changea en un rictus satisfait.

    - Eh bien, Ran, par décret royal je vous arrête pour vos nombreux crimes envers la couronne !

    Fidèle à leur entrainement, les gardes autour de Ran saisirent leur arbalète et mirent les cavaliers en joue. Mais il les arrêta d’un signe de la main.

    - Et puis je savoir quels sont ces crimes ?

    Le rictus de l’homme s’accentua, il sortit un parchemin de sa besace et le lui jeta.

    - Vous êtes accusé de tentative de meurtre sur son Altesse la princesse Elisa, d’occuper illégalement par la force la ville de Coza, du meurtre du très respecté marquis Gille de Gliver ainsi que d’avoir attaqué un marchand d’esclaves et volé ses marchandises.

    Ran lut le document, tout ce que le soldat venait de dire était marqué ici, mais ce qui le choqua le plus fut que le document était signé par un sceau que Ran avait déjà vu lorsqu’il avait signé l’annulation des taxes pour Coza… Le sceau royal, celui de la 2nde princesse Elisa !

    « Tous ceux qui lui viendront en aide seront considérés comme complices ! Soldats, arrêtez cet homme ! »

    Ran ne prêtait plus attention à ce qu’il disait, malgré la tension ambiante il était étrangement calme. Il savait que ce jour viendrait dès l’instant où il avait pris les armes contre Gliver. De nombreux passants observaient la scène, s’il décidait d’éliminer la troupe représentant la famille royale il serait définitivement marqué comme un criminel, même aux yeux des plus indécis.

    Pire encore, si les gardes de Coza lui venaient en aide, c’est toute la ville qui pourrait être déclarée comme rebelle.

    Encore une fois, il savait ce qu’il avait à faire, il regarda en arrière, Era l’avait suivi et se tenait à quelques mètres derrière les gardes, ne sachant que faire. Il lui lança un dernier regard plein de tendresse, et lui sourit. Era mit ses mains devant sa bouche et des larmes se formèrent aux coins de ses yeux, c’était un adieu… Et elle le savait.

    Ran ne pourrait pas revenir avant d’avoir lavé son nom…Ou d’avoir éliminé ceux qui l’ont sali.

    Les soldats se rapprochaient, la lame de leur épée crissa contre leur fourreau, mais Ran ne bougea pas, il fit simplement un signe de tête à Krueger, ce dernier prit une mine grave, presque douloureuse, il ne voulait pas le faire, mais il devait accomplir l’ordre que Ran lui avait donné si une telle situation se présentait.

    Il releva la tête et fit un salut militaire impeccable en direction de Ran, échangeant un regard rempli d’un mélange de respect et d’amitié entre 2 compagnons d’armes. Puis il inspira profondément :

    « A tous les hommes, en tant que capitaine de la garde de Coza je vous ordonne d’arrêter le traitre Ran sur le champ ! »
  • merci pour ce chapitre
  • Les gardes furent encore plus surpris que les chevaliers, la plupart d’entre eux avaient été personnellement sauvés et entrainés par Ran, ils hésitèrent donc longuement, s’échangeant des regards d’incompréhension, mais un nouvel ordre de Krueger et leurs carreaux finirent par pointer vers lui.

    C’était ce à quoi Ran s’attendait, Il les avait entrainé comme ça après tout, obéir à son officier supérieur faisait partie des bases.

    Avec des arbalètes dans son dos et des épées en face de lui, Ran n’avait nulle part où fuir et le cercle autour de lui se rétrécissait. Il leva les mains en l’air et ferma les yeux…

    Un petit cylindre métallique apparut alors à quelques mètres au-dessus de lui et un éclair blanc engloutit le paysage dans un bruit monstrueux.

    Une grenade flashbang venait d’exploser, le mélange d'ammonium et de magnésium produisit 180 décibels et 10 millions de candelas, toute personne dans un rayon de 8 mètres fut aussitôt assourdit et aveuglé…excepté Ran. Il ouvrit les yeux et ne perdit pas un instant pour désarçonner le cavalier le plus proche, s’emparant de son cheval avant de partir au galop vers le Nord-Ouest. Laissant les soldats dans son sillage, ils mettraient sans doute plusieurs minutes avant de se remettre assez pour pouvoir le pourchasser et il voulait gagner autant d’avance que possible d’ici là.

    Il s’attendait à être accusé, mais que la princesse ordonne son arrestation pour avoir tenté de l’assassiner ? Il n’accepterait pas ça sans rien dire, il voulait des réponses, et il allait les obtenir de sa bouche.



    Le jeune Marco avait vécu toute sa vie dans la cité marchande d’Hua, son père était un sous-officier dans l’armée royale et Marco avait passé toute son enfance à pratiquer l’art de la plume et de l’épée pour lui succéder.

    Il avait récemment rejoins la garde d’Hua comme recrue pour faire ses preuves, il avait même eu l’honneur de participer au contrôle de la foule lors de la parade de la princesse Elisa, mais un incident était arrivé, il était loin du convoi et n’avait donc rien vu, mais il avait entendu un son énorme et fracassant l’ayant glacé d’effroi, mais avant qu’il puisse se reprendre et rejoindre la princesse pour accomplir son devoir, la foule prise de panique se mit à fuir dans tous les sens l’entrainant avec elle.

    Il entendit ensuite d’un de ses ainés présent sur place qu’un homme avait sauvé son altesse à l’aide d’une magie inconnue, mais des idiots pensaient qu’il faisait partie des assassins. Cela l’intrigua fortement et lors de sa patrouille quelques heures plus tard il vit les larges portes de la maison du maire s’ouvrir, un homme et une femme en sortir, libres.

    La femme semblait normale, mais l’homme portait une armure intégrale, elle était d’un noir profond, était ce de l’acier ? Une telle armure coutait extrêmement cher et son père avait mis des années avant d’obtenir la sienne.

    Lui-même ne portait qu’un casque et une plaque en fer sur la poitrine. Mais l’armure de cet homme était différente, elle ne luisait pas d’un éclat métallique au contraire elle avait l’apparence du charbon, et malgré le poids d’une telle armure l’homme semblait pouvoir bouger sans aucun problèmes !

    Même si son intérêt était piqué, il devait continuer sa ronde et les deux inconnues disparurent au coin d’une rue.


    Marco apprit plus tard que l’homme était revenu à Hua avant le départ de la princesse et avait causé un grand choc ! Mais il était de nouveau sorti libre comme l’air. Il devint vite le sujet de toutes les rumeurs au sein de la garde, certains le voyait comme un héros, d’autres comme un criminel. Lui-même ne savait que croire, il finit par ne plus y penser, mais lorsqu’il rejoignit officiellement l’armée royale, il fut choqué de découvrir que sa première mission était de l’arrêter.

    Une fois sur place, il fut déconcerté en entendant les charges retenues contre le dénommé Ran, s’il avait vraiment tenté d’assassiner la princesse il ne serait jamais revenu à Hua, et pourquoi attendre aussi longtemps avant de l’arrêter ? Tout aussi étrange, on lui reprochait d’occuper la ville par la force, mais il suffisait d’un coup d’œil derrière la porte principale pour voir que c’était faux, les habitants allaient et venaient librement et les gardes semblaient attachés à cet homme, réticents même lorsque leur chef leur avait ordonné de l’arrêter.

    Il avait de sérieux doutes, mais il n’était qu’un bleu sans autorité, et il avait des ordres.
    L’homme ne semblait pas vouloir fuir ni se défendre, mais alors qu’il s’approchait…

    BANG !

    Il ne vit plus rien, un flash lumineux l’avait aveuglé et ses oreilles bourdonnaient affreusement à cause de la détonation soudaine. Puis sortie de nulle part, une main l’agrippa et le désarçonna en un instant. Il se retrouva au sol et entendit vaguement un cheval s’enfuir au galop. Marco était honteux de s’être fait voler sa monture aussi facilement durant sa première mission, mais au fond de lui, il était soulagé que Ran ait pu s’enfuir.
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