Le Grand Maître Stratège

Bonjour tout le monde !

Je suis le traducteur de SA, pour ceux qui ne me connaissent pas, et je suis tombé il y a pas longtemps sur ce merveilleux Wuxia qu'est GMS.

Evidemment, cette traduction sera faite par ma propre petite tête (avec l'aide occasionnelle de linguee.fr).
L'édition se fait en partenariat avec Miss Arpak, pour vous apporter la qualité la meilleure possible.
Et le check est fait par Miss X et Sehri (parce qu'on a jamais assez de vérification de qualité) ^^

Sur ce, bonne lecture ;)

Arpak

PS : le trad anglais fait un grand nombre de notes de bas de page, sur le forum elles seront insérées sous formes de crochets, mais quand le LN passera sur le site, elles deviendront de vraies notes en bas de page, ne vous en faîtes pas.

Rythme de sortie
Ce projet est un side-projet que je traduit à côté de SA. Je ne m'impose donc aucune date de sortie ni régularité. Ca sort quand ça sort, point. Je tiens à préciser que les chapitres sont trèèèèèèès longs (genre bien plus que le prologue ci-dessous), et que j'essaie d'en faire une version la plus littéraire possible. Notamment pour les poèmes dont le LN est parsemé, et qui risquent de me prendre du temps à traduire de manière assez poétique. Vous vous rendrez vite compte en le lisant que le style est assez différent d'un LN 'classique', et est donc assez éloigné de ce dont j'ai l'habitude de traduire. Tout ça pour dire qua chaque chapitre me prendra beaucoup plus de temps à sortir que SA, et qu'en plus je ne me force pas à être régulier, donc ne vous attendez pas à 14 chapitres par semaine ;) En tout cas, les chapitres risquent de pop de temps à autres, hésitez pas à venir faire un tour, ou à me demander où ça en est sur Discord, je vous répondrai avec plaisir ;)


Le Grand Maître Stratège (一代军师)
Auteur : 随波逐流 (Suis la foule)
Oeuvre originale : Raw
Traducteur anglais : Tannhaüser
Version anglaise : wuxiaworld

Synopsis :
L'histoire se passe dans une Histoire alternative. Des décennies après la chute de la Dynastie de la Jin de l'Est, le monde est encore chaotique, même s'il y a de l'espoir quant à la réunification.

D'un milieu pauvre, Jian Zhe, stylisé Suiyun, a enfin, après dix années de dur labeur, passé l'examen impérial pour devenir un érudit de l'Académie de Hanlin. Il doit faire face à des conspirations et des machinations, à d'innombrables batailles de force et d'intelligence. Voulant éviter les politiques de la cour, il n'a finalement pas d'autre choix que de s'impliquer. Dans ce monde de conspirations, il utilise son intelligence et son savoir pour se prodiguer, à lui et à ses compagnons, un environnement stable pour survivre.

Venez voir la chute des nations, la montée de grands hommes, et les suprêmes artistes martiaux s'agenouiller devant les doux chuchotements d'un frêle érudit.




Prologue

« C'est vraiment un beau tableau, la brume qui couvre l'eau et s'étend au loin, un unique bateau à l'intérieur, une technique extraordinaire, » dis-je calmement, hochant la tête, plein d'admiration. Après tout, en raison de mon statut, je ne devais pas me laisser aller excessivement. Si mes louanges étaient trop appuyées, ne devrais-je pas m'occuper de certaines affaires de cette personne ? Avec mon statut, il y avait certaines choses dont je pouvais m'occuper, qui ne nécessiteraient que peu d'effort. Et d'autres qu'il valait mieux regarder sans agir.[1. 袖手旁观, xiushoupangguan – idiom, lit. Regarder les bras croisés, regarder sans bouger le petit doigt] Même si actuellement, Sa Majesté Impériale n'était pas dépourvue de sagesse, il fallait prendre en compte qu'il avait plus de soixante-dix ans. J'avais entendu dire qu'il comptait laisser le trône au Petit-Fils Impérial. S'il se mettait à douter de sujets comme moi, je n'aurais aucun moyen de conclure ma carrière correctement. Quand Liu Zhen, l'homme d'âge moyen qui me présenta ce cadeau, vit mon expression, une lueur d'anxiété brilla dans ses yeux. Prudemment, il dit : « Monseigneur l'Honorable Duc, le père de ce neveu se fait vieux et confus. Il n'aurait pas dû imprudemment écrire ce livre. Je prie Monseigneur le Duc de dire quelques bons mots de la part de mon père en mémoire de votre relation de collègues[2. 同年, tongnian – quelqu'un qui passe l'examen impérial la même année; dans l'administration Chinoise, les relations les plus importantes qu'on pouvait avoir étaient avec son professeur, et avec les collègues qui passaient l'examen impérial la même année], et du fait que vous fûtes sujets ensemble. »

« Ah oui ? Et quel livre a écrit mon Frère Wenju ? Laissez-moi vite y jeter un coup d’œil. Je suis un grand amateur des écritures de Frère Wenju. » Mon intérêt était piqué. Cette année-là, j'avais passé l'examen impérial avec ce vieil homme, Liu Kui, Liu Wenju. Je fus premier, il fut deuxième. Mais à dire vrai, j'avais toujours admiré ses écrits. Il était consciencieux dans ses textes et ses histoires étaient complètes et exactes. Si ce n'avait pas été pour sa ténacité de cochon, à refuser de servir un deuxième maître, il aurait facilement pu devenir l'historien officiel de la cour. Précédemment, j'avais entendu dire qu'il avait écrit le Rapport Dynastique de la Chu du Sud[3. 南楚 – Chu du Sud, un royaume (roi)]. J'avais beaucoup d'espoir... Mais il n'y avait pas eu de nouvelles récentes de ce travail. Liu Zheng fit une expression bizarre. De sa poitrine, il sortit un paquet de tissus, et me le tendit. Quand j'ouvris le paquet, j'y trouvais un livre avec un titre effacé Rapport Dynastique de la Chu du Sud. Excité, j'ouvris le livre, oubliant complètement qu'il y avait un intrus dans la pièce. Après avoir rapidement lu quelques lignes, un sourire amer apparut sur mon visage. Frère Wenju n'avait pas été tendre avec moi, et ne m'avait vraiment pas laissé de face. Posant paresseusement le livre, je parlais sincèrement : « Digne neveu, rentre pour l'instant. Je dois considérer tous les détails de cette affaire. Tu dois savoir que cette honorable personne n'a pas été mêlée à la politique depuis longtemps. »

Après avoir reconduit Liu Zhen, j'appelais d'une voix forte : « Xiaoshunzi ! Xiaoshunzi ! » Suivant mes cris, un homme entra. Il semblait avoir la quarantaine. Son apparence était délicate, son visage pâle et sans ride. Cette personne était mon aide, qui m'avait suivi pendant cinquante ans, Li Shun. Il avait été un eunuque du Palais de la Chu du Sud. Son art martial était superbe. Il paraîtrait qu'il avait atteint le niveau de grand-maître. Pour quelle raison ne pouvais-je pas l'affirmer ? Bien évidemment parce que je n'y connaissais rien en arts martiaux. Mais voyant qu'il avait plus de soixante ans et paraissait encore d'âge moyen, cela devait être vrai. Il fut un temps où ceux qui ne croyaient pas qu'un artiste martial talentueux tel qui Li Shun pouvait servir loyalement un érudit faible et inoffensif[手无缚鸡之力, shouwufujizhili – idiom, lit. Trop faible pour trousser un poulet; faible et inoffensif] tel que moi, avaient tenté de le corrompre. Je ne parlerai pas de la misérable fin qu'ils rencontrèrent afin que personne ne perde son appétit en l'entendant. Avec un sourire amer, je dis : « Liu Kui est un ancien sujet de la Chu du Sud. Il importe peu qu'il dise quelque chose de trop excessif. Pourquoi est-ce que les hauts fonctionnaires s'en soucient? »

Li Shun sourit et répondit : « Le Seigneur a dû oublier. L'année prochaine, le Petit-Fils Impérial lui succédera au trône. La Dauphine est votre aînée. Dans de telles circonstances, tout le monde cherche vos faveurs. Seul Liu Kui demeure aussi têtu, tenant à placer la biographie de votre vénérable personne parmi celles des hauts dignitaires de la Chu du Sud. Même si cela ne vous importunait pas, la dignité de la Dauphine et celle du Petit-Fils Impérial doivent être maintenues. »

« C'est vrai ! » Je vis enfin la lumière. Sans compter que dans cette histoire, Liu Kui avait écrit que j'étais « un profond comploteur, perfide et sinistre ». Tout le monde savait qu'il n'était pas quelqu'un de particulièrement sensible à la politique. Si ce n'avait pas été pour les conseils de Xiaoshunzi et mes efforts pour garder ma sécurité au premier plan, j'aurais probablement été éliminé il y a bien longtemps. En y repensant, je répondis indifféremment : « Va parler à Roulan et dis-lui que Liu Kui est l'un des derniers sujets de la Chu du Sud. Pas besoin de lui compliquer la vie. Il y a des choses que même s'il ne les disait pas , d'autres les diraient. Même si la Biographie de Jiang Suiyun qu'il a écrite sur moi est caustique et acerbe, elle confirme les faits. Qu'il écrive ma biographie empêche les autres d'écrire sans fondement. De plus, ce sujet n'impliquera pas le Petit-Fils Impérial. Dis à la Dauphine qu'il n'y a pas matière à s'impliquer. ». Xiaoshunzi se retira respectueusement.

De bonne humeur, j'ouvris la Biographie de Jiang Suiyun et me mis à la lire. Même si ma vie était incomplète[盖棺论定, gaiguanlunding – idiom, lit. Ne jugez pas la vie d'une personne avant que le couvercle ne soit sur le cercueil ; une vie incomplète ne peut être jugée], ce n'était pas grave si j'y jetais un coup d’œil en avance.

En la seizième année de Xiande[6. 显德, xiande – lit. Vertu qui se manifeste], la quatrième année du cycle de soixante ans, après que le roi ait récupéré d'une légère maladie. Comme l'automne approchait, le roi ordonna un examen impérial spécial pour célébrer son rétablissement. Les érudits de Jiangnan furent ravis, se déplaçant en grand nombre vers la capitale. Au quinzième jour du huitième mois, les résultats furent annoncés. En premier vint Jiang Zhe de Jiaxing. A ce moment-là, Suiyun n'était pas encore connu. Beaucoup demandèrent qui était cette personne.

Jiang Zhe, stylisé Suiyun,[7. 随云, suiyun – lit. Qui suit les nuages] naquit la quatrième année de Tongyuan,[8. 同原, tongyuan – lit. Mêmes origines] la quarante cinquième année du cycle de soixante ans. Son père était Jiang Mu, stylisé Hanqiu.[9. 寒秋, hanqiu – lit. Automne froid] Jeune, la famille de Hanqiu était pauvre. Pourtant, il était raffiné, distingué, et accompli. Une famille aristocratique ayant une longue amitié avec la famille de Hanqiu lui donna sa chère fille en mariage. Plongé dans un monde en chaos, Hanqiu ne réussit pas à tracer sa voie ; refusant de prendre un poste officiel, il passa ses journées à instruire son fils. Vers la fin de la huitième année de Xiande, une épidémie toucha Jiaxing. La femme de Hanqiu mourut. Peu après, Hanqiu rompit ses relations avec sa belle-famille sur une affaire peu importante. Même s'il était malade, il voyagea avec son fils. En arrivant à Jiangxia,[10. 江夏, Jiangxia – Aujourd'hui Wuhan] Hanqiu tomba gravement malade. Suiyun chercha un remède pour son père. Par chance, il rencontra un sage-médecin, Sang Chen. Impressionné par le savoir encyclopédique de Suiyun, Sang Chen lui apprit tout ce qu'il savait. Peu après, Hanqiu se rétablit petit à petit, et Sang Chen traversa la Rivière Yangtze vers le Nord. Prenant soin de son père, Suiyun resta à Jiangxia. En la onzième année de Xiande, la cinquante neuvième année du cycle de soixante ans, Hanqiu mourut, laissant derrière lui les douze volumes de la Collection de la Pureté Lointaine. Ces écrits étaient frais et raffinés, et furent très apprécié par les générations suivantes. Quand Hanqiu mourut, Suiyun était trop pauvre pour l'enterrer. En ce temps-là, Jiangxia était occupée par Lu Xin, le Marquis Qui Possède des Terres Lointaines. Le marquis cherchait un tuteur pour son fils. Suiyun se présenta à l'entretien pour le poste. Voyant qu'il était jeune, le marquis rendit les choses intentionnellement difficiles, ordonnant à Suiyun de faire étal de son talent. De la plume de Suiyun sortirent un millier de mots. Rapidement, il écrivit la Rhapsodie de la Rivière d'Automne, contenant les vers « Rapidement la lune s’élève sur la montagne de l'Est, flottant entre la Grande Ourse et le Bouvier. La rivière s'étire en blanc, scintillant comme de rosée, son eau miroitante semblant se fondre dans le ciel. Nous laissâmes notre art nous porter sur les vastes étendues d'eau, nous sentant libres comme chevauchant le vent, galopant vers une destination inconnue, aussi légers que si nous avions laissé le monde des humains pour devenir des immortels ailés. »[ 11. Ça vient d'une rhapsodie écrite par le fameux poète de la Dynastie de la Chanson, Su Shi, Su Dongpo, titrée « Première Rhapsodie de la Falaise Rouge » (前赤壁赋). Cette rhapsodie fut écrite lors d'un voyage en bateau de Su Dongpo, lorqu'il arriva devant les Falaises Rouges, le lieu d'une fameuse bataille de la période des Trois Royaumes.] Le Marquis Lu fut déconcerté par ce vers, et se leva pour remercier Suiyun. Il ordonna à son héritier de se présenter afin de demander formellement à être son élève...


- Rapport Dynastique de la Chu du Sud, Biographie de Jiang Suiyun

Commentaires

  • Ah ouais, il impose, le prologue.
  • Ah oui effectivement, tu ne plaisantais pas avec les notes de bas de page... En tout cas c'est intéressant comme projet, bon courage à toi Arpak ;)
  • @Meifumado Et tout le reste est comme ça, mais les chaps tournent autour de 4000 mots ^^ En tout cas, content que ça te plaise :)

    @Vilipendeur oui, la concentration de notes de bas de page est assez impressionnante. Et merci pour le soutien :)
  • J'ai même du me concentrer pour le lire ce LN! sa change^
  • Oui, et ça fait du bien de voir que la littérature chinoise est aussi capable d'un truc comme ça !
  • Ça c'est à ne point douter Arpak, une telle civilisation a forcément des écrivains de talent. Accessoirement, les LN ne sont, de manière générale, vraiment pas destiné à présenter un intérêt littéraire. En tout cas à mon sens, c'est l'univers qui importe, le monde qui est décrit et l'histoire qui s'y déroule.

    Mais je le redis, c'est cool de te lancer là dedans. On ne peut qu'apprécier la démarche si on est sensible à la question du style :)

  • Nice hâte de voir la suite
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