[Release that Witch]

janvier 2017 modifié dans Section Création
Bonjour,

Alors je tiens tout d'abord à me présenter, je suis étudiant parisien en prépa MPSI. Je lis énormément de Light Novel et Web Novel, notamment sur le site de novelupdate. Je trouvais dommage que ce concept ne se soit pas plus développé que ça en France, et je voulais donc lancer ma propre traduction à mon propre rythme pour faire partager au plus de monde possible cette chose fantastique qu'est le LN. Bien entendu, il se peut que ma traduction ait des défauts ou des incohérences, je reste un débutant en matière de traduction, et je vais traduire un novel de l'anglais (qui lui même a été traduit d'une langue asiatique). Je me remets à votre indulgence. Si mon projet prend forme, il est très probable que le rythme de la traduction soit de un chapitre toutes les unes ou deux semaines.

Je mettrai souvent des TL Note (Translator Note, donc un commentaire de ma part) pour soit vous expliquer un terme compliqué soit pour indiquer une traduction hasardeuse. N'hésitez pas à me le dire si vous trouvez cela intrusif. Si vous avez une quelconque suggestion concernant ma traduction ou mon editing, vous pouvez le dire dans l'espace commentaire. Voilà, bonne lecture


...
Synopsis:

Cheng Yan a voyagé à travers le temps seulement pour finir en Europe de la période médiévale, devenant Roland, un prince royal. Mais ce monde ne semble pas être le même que son ancien monde. Les sorcières sont réelles et peuvent vraiment utiliser la magie?

Suivez la bataille de Roland pour le trône contre ses frères et sœurs. Sera-t-il capable de gagner, même si le Roi l'a déjà déclaré un cas désespéré et avec la pire situation de départ? Avec ses expériences des technologies modernes et l'aide des sorcières qui sont connues comme les serviteurs des démons et chassées par la Sainte Église, il pourrait avoir une chance de revenir dans la course.


...


Chapitre 1: A partir d'aujourd'hui, je suis un Prince

Cheng Yan pouvait sentir que quelqu'un l'appelait.

"Votre Altesse, s'il vous plait, réveillez-vous"

Il tourna la tête, mais les sons qu'il avait entendu subsistèrent, en réalité, ils devinrent encore plus bruyants. Puis, il sentit quelqu'un gentiment lui tirer la manche.

"Votre Altesse, mon Prince!"

Les yeux de Cheng Yan s'ouvrirent instantanément. Son environnement familier avait disparu, son bureau avait disparu, et les murs habituels couverts de post-its avaient disparu. Tous remplacés par un étrange paysage. Une place publique circulaire enfermée par de petites maisons en briques, et une potence érigée dans le centre la place maintenant dominaient son champ de vision. Lui-même était assis sur une table de l'autre coté de la place, loin de la potence. Il n'y avait pas la douce chaise de bureau tournante sous ses fesses, mais une froide et dure chaise en fer. Il y avait aussi un groupe de personnes assis avec lui et le regardant intensément. Plusieurs d'entre eux étaient habillés comme des seigneurs ou dames médiévaux comme dans ces feuilletons occidentaux, et essayaient de dissimuler leur rires.

C'est quoi ce bordel? N'étais je pas en train de me presser à finir mes croquis de mécanique avant la date butoire? Cheng Yan était perdu dans ses réflexions. Pendant plus de trois jours consécutifs, il travaillait en heures supplémentaires. Ainsi, il était à la fois mentalement et physiquement à ses limites. Il pouvait vaguement se rappeler que son rythme cardiaque était devenu instable, et qu'il voulait juste s'allonger sur son bureau et prendre une pause.

"Votre Altesse, veuillez annoncer votre sentence."

Le locuteur était celui qui lui avait tiré secrètement sa manche. Sa face était vieille, apparemment dans sa cinquantaine ou soixantaine, et il portait une robe blanche. A première vue, il ressemblait un peu à Gandalf, du Seigneurs des Anneaux

Suis je train de rêver? Cheng Yan songea alors qu'il se lécha ses lèvres sèches, Sentence? Quelle sentence?

Il regarda autour de lui rapidement, sa confusion fut emportée. Les gens qui l'entouraient regardaient tous dans la direction du centre de la place, sur la potence. Plusieurs habitants de la ville étaient aussi dans la place et agitaient leur poings tout en criant et jetaient même occasionnellement une pierre en direction de la potence et de la silhouette sur celle ci.

Cheng Yan n'avait jamais vu de tel instrument antique de mise à mort que dans des films. Les potences consistaient de deux piliers s'étendant vers le haut d'environ quatre mètres à partir d'une base surélevée, avec une portique s'étendant entre les deux piliers avec une épaisse corde jaune en chanvre autour du centre de la portique. Une extrémité de la corde était attachée à la potence, et l'autre extrémité était attachée à un nœud autour du cou d'un prisonnier.

Dans ce rêve étrange, dans lequel Cheng Yan pensait s'y trouver, il remarqua qu'il pouvait tout voir très clairement. Habituellement, il aurait besoin de porter ses lunettes même pour voir les mots sur un écran d'ordinateur, mais maintenant, Chen Yang pouvait voir tous les détails sur la potence, qui était à cinquante mètres, sans ses lunettes.

Le prisonnier au sommet de la potence avait la tête complètement couverte d'un capuchon et avait les mains liées derrière le dos. Il portait des vêtements sales et gris qui ressemblaient plus à des chiffons couverts par dessus un corps si fin, qu'il semblait que vous pourriez facilement enrouler votre main autour de leur cheville exposée. Cheng Yan jugea que le prisonnier semblait être une femme de par sa poitrine légèrement bombée. Elle regardait droit devant elle pendant qu'elle restait figée sur place, tremblante dans le vent froid, mais essayait quand même de se lever afin de faire face à son destin.

Allons bon, Cheng Yan pensea. Quel crime cette femme a bien pu commettre pour attiser la rage d'autant de gens n'attendant que sa mort avec tant de haine et d'hostilité?

Les souvenirs de Cheng Yan apparurent, presque comme s'ils avaient été soudainement allumés, et il réalisa la cause de la situation, ainsi que la réponse à sa question, presque au même moment.

Elle était une "Sorcière".

Elle était considérée comme ayant succombée à la tentation du diable et était considérée comme une incarnation du mal.

"Votre Altesse?". Celui qui ressemblait à Gandalf l'exhorta prudemment.

Cheng Yan regarda le vieillard. Eh bien, les nouveaux souvenirs de Cheng Yan lui firent comprendre que, le vieillard ne s'appelait pas Gandalf, son nom était Barov, et il était un ministre adjoint des Finances dépêché par le père de Roland afin de l'aider dans la gouvernance du territoire.

L'identité de Cheng Yan était celle du 4ème Prince du royaume de Graycastle, Roland, et il avait été envoyé ici pour gouverner cette région. Les habitants de cette ville frontalière avaient attrapé et saisi la Sorcière, la confiant immédiatement aux gardes locaux afin de l'interroger. L'interroger? Non, elle fut immédiatement envoyée à la potence sans qu'elle ne puisse se défendre. L'exécution de celles suspectées d'être une Sorcière était habituellement sous la juridiction des Seigneurs locaux ou des évêques, mais puisqu'il avait le contrôle de la région, l'émission de ces ordres était une de ses obligations.

La mémoire de Cheng Yan répondit à ses questions une à une, il n'était pas nécessaire de la filtrer et de la recomposer, c'était presque comme si cette mémoire était issue de sa propre expérience. Il était momentanément confus, il était strictement impossible pour un rêve d'avoir autant de détails. Puis, Cheng Yan songea, était il possible que ce ne soit pas un rêve ? Que j'aie voyagé à travers le temps, aux âges sombres de l'Europe médiévale, et que je sois devenu Roland? Je suis passé d'un pitoyable ingénieur en mécanique croulant sous les papiers à un grand Prince durant la nuit ?

Ce territoire qui semblait si stérile et arriéré était situé dans le Royaume de Graycastle, un nom qu'il n'avait jamais vu dans un livre d'histoire.

Bon, comment puis je gérer cela ? Songea Cheng Yan

Cheng Yan décida qu'il essaierait de comprendre comment une chose non scientifique comme être transporté à travers le temps et l'espace plus tard. Son soucis immédiat était de savoir comment arrêter la farce qui se déroulait devant lui. Assigner le blâme des désastres et du malheur qui les frappait sur ces "Sorcières" était l'acte de barbares ignorants. Il ne pouvait vraiment pas se résoudre à faire quelque chose d'aussi stupide que de pendre une personne pour satisfaire la masse.

Il saisit les écrits d'ordre formel tenus par Barov et les jeta au sol puis doucement déclara, "Je me sens très fatigué aujourd'hui, nous donnerons notre jugement un autre jour. La cour est congédiée (TL Note : Je ne connais pas l'expression formelle "Court dismissed", si quelqu'un pouvait m'éclairer sur ça, je serais plus qu'heureux) , maintenant dispersez vous, mon peuple!'

Cheng Yan savait qu'il ne pouvait risquer d'être imprudent, il fouilla soigneusement dans ses souvenirs et imita le comportement de l'ancien Prince. Il se devait de continuer avec le dandysme et le comportement grossier de l'ancien Prince. C'est vrai, le 4ème Prince lui-même était dérangé, avait un mauvais caractère, et faisait tout ce qu'il voulait sans penser aux conséquences de ses actions. Quoi qu'il en soit, Cheng Yan réfléchit, pouvaient ils vraiment s'attendre à ce qu'un homme incontrôlable de vingt ans et quelques ait une bonne attitude?

Les membres de la noblesse qui étaient assis avec lui maintinrent leur équanimité à sa soudaine déclaration, mais un grand homme portant une armure se leva et débatta, "Votre Altesse, ce n'est pas une blague! Toutes les Sorcières devraient être mises à mort immédiatement après identification, ou d'autres Sorcières pourraient être tentées d'essayer de la sauver! Voulez vous forcer l'implication de l'Eglise quand ils entendront que nous avons permis à une Sorcière de vivre? Nous n'avons pas d'autre choix!"

Carter, cet homme frémissant, était en fait son Commandant des Chevaliers. Cheng Yan fronça les sourcils et dit : "Pourquoi ? Vous avez peur ?". Sa voix était plaine de railleries et ce n'était pas un acte. Un homme avec un bras plus épais que la taille de la soi-disante "Sorcière" avait peur que la prison soit sous le raid de quelques femmes. Est ce que les Sorcières étaient vraiment les messagers du diable?

"Ne serait pas plus judicieux d'attraper plusieurs de Sorcières plutôt que seulement une seule ?"

Voyant qu'il ne prononça plus un mot, Cheng Yan agita ses mains afin d'appeler ses gardes personnels et partit. Carter hésita un moment avant de descendre pour rattraper les troupes marchant aux côtés du 4ème Prince. Les autres nobles se levèrent et payèrent leurs respects au Prince, mais Cheng Yan pouvait voir un mépris non dissimulé sur les yeux de ceux dans la foule.

De retour dans le donjon, le château était situé au sud de Border Town (TL Note: On va juste continuer avec Border Town au lieu de dire ville frontalière), il renvoya l'anxieux Ministre Barov hors de l'entrée de ses quartiers, lui permettant de respirer un coup tout en poussant un soupir de soulagement maintenant qu'il était seul.

En tant que personne ayant passée quatre-vingt dix pour cent de son temps en train de parler avec des personnes à travers un ordinateur, faire face à tout ce monde avait déjà trépasser sa zone de confort. Cheng Yan trouva l'emplacement de sa chambre à partir de ses nouveaux souvenirs, il s'assit sur son lit, et finalement eut un moment de véritable repos alors qu'il essayait de contenir son violent rythme cardiaque. Pourquoi est ce que le Prince, qui ne pouvait rester à Wimbledon City, la capitale du Royaume, fut envoyé à cette terre stérile?

La réponse inattendue auquel il arriva le laissa stupéfait.

Roland Wimbledon fut envoyé ici afin de lutter pour les droits de succéder au trône.

Tout venait de la magnifique proclamation du Roi Wimbledon III de Graycastle envers ses enfants disant, "Vous voulez hériter de ce Royaume? Le 1er Prince n'a pas nécessairement les droits de devenir le Roi, seule la personne qui sera la plus capable au gouvernement pourra hériter de ce Royaume". Il plaça divers territoires sous la gouvernance de ses cinq enfants, et après cinq ans, il décidera qui pourra devenir son successeur en se basant sur le talent qu'il auront fait preuve lors de la gouvernance respective de leurs territoires.

Alors que tourner la décision de qui devrait hériter du trône en une méritocratie et en fournissant une opportunité égale en dépit de leur sexe pourrait s'avérer être des décisions judicieuses et sages, le problème était l’implantation de ces soi-disant idées. Y-avait-il une quelconque garantie que tous les cinq auraient tous les mêmes conditions de départ ? Ce n'était pas comme s'ils jouaient à un jeu de stratégie en temps réel (TL Note: Cf Starcraft, Age of Empire, Warcraft ...). A sa connaissance, le second fils eut un bien meilleur territoire que ce Border Town. En faite, quand il y pensa, il semblait que parmi les cinq régions qu'on leur avait donné, aucun des autres n'était pire que Border Town. Son capital de départ était simplement inférieur.

De plus, Cheng Yan se demanda, comment pourraient ils juger qui aurait le mieux gouverné ? Par la population ? La puissance militaire ? Le statut économique ? Wimbledon III n'avait mentionné aucun critère, pas plus qu'il n'ait mis aucune restriction sur les méthodes de compétition. Dans le cas où quelqu'un assassinerait discrètement les autres candidats, que ferait il ? Est ce que la Reine se tairait et regarderait ses enfants se livrer à un jeu de massacre? Attendez... Il se rappela prudemment de sa prochaine mémoire, très bien, encore un autre morceau de mauvaise nouvelle. La Reine mourut il y a cinq ans.

Cheng Yan soupira. De toute évidence, c'était une obscure ère féodale de barbarie dans laquelle il se trouvait. Rien que la façon dont ils semblaient vouloir tuer les Sorcières suffisait à lui donner quelques indices. Aussi, Cheng Yan pensa, pourquoi voudrait il devenir Roi ? Sans internet et sans aucun confort de la civilisation moderne, il devrait vivre la même vie que les natifs. Brûler des Sorcières pour l'amusement, vivre dans une cité où chacun jetterait leur excrément partout, et finalement mourir de la Peste Noire.

Cheng Yan, étant un Prince, pouvait déjà être considéré comme ayant un capital de départ très élevé. Même s'il ne devenait pas Roi, il était toujours de sang royal et fut même conféré le titre de Chevalier. Tant qu'il se débrouillait pour rester en vie, il serait considéré comme un des Seigneurs du Royaume.

Cheng Yan réprima ces pensées errantes et alla se regarder dans le miroir de sa chambre. L'homme qui se regarda à travers le miroir avait de légers cheveux gris, qui étaient la caractéristique la plus distincte de ceux provenant de la famille royale. Sa face était légèrement pale et avec ses traits de visage réguliers, il semblait complètement dépourvu de traits de personnalité. Il semblait manquer d'exercice physique et quant aux femmes et au vin, il se souvenait qu'il se livrait aux deux régulièrement. Il avait plusieurs maîtresses dans King's City, mais tous étaient consentantes, il n'avait forcé personne.

Quant à la cause de sa propre renaissance... Cheng Yan déduisit qu'à cause du traitement inhumain de la compagnie poussant ses employés à se surmener, son patron avait arrangé des heures supplémentaires obligatoires, qui en retour le menèrent à la tragédie de sa mort subite. Les victimes de cas comme ça étaient principalement des codeurs, des ingénieurs mécaniques et programmeurs.

En fin de compte, peu importe tout cela, au moins il eut l'équivalent d'une vie supplémentaire. Il ne devrait pas trop se plaindre, dans les jours à venir, il pourra éventuellement améliorer sa condition de vie, mais sa première tâche était de jouer un 4ème Prince convainquant, de sorte à ce que les autres ne remarquent pas qu'il y a quelque chose de différent dans sa conduite et qu'ils ne pensent pas qu'il soit possédé par un esprit malicieux, menant à sa mort au bûcher, pensa Cheng Yan

...

Voilà !!!! Fini, bon c'était hyper long (2h+), mais je suis satisfait du travail. Il y a peut être des incohérences de temps ou des tournures maladroites, mais j'implore votre clémence <3. C'était JetonS.
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Commentaires

  • merci pour le chapitre
  • merci pour le chapitre j'ai hâte de lire la suite :D
  • Merci pour le chapitre .
    Belle traduction, claire et peu de non sens.
    Pour Court dismissed on peut traduire par: la Cours peut se retirer (formule traditionnelle); ta formule est correcte aussi
  • merci pour le chapitre,est se que tu peu mettre un synopsie ?
  • Bien entendu, je le fais de ce pas des que je rentre chez moi. Merci pour vos commentaires chaleureux.
  • merci genial en tous cas
  • décembre 2016 modifié
    Chapitre 2 : Elle s'appelait Anna (Partie I)

    Pendant un certain temps, Roland s'enferma dans sa chambre en examinant avec attention les souvenirs de ce nouveau monde, le dîner dut être envoyé directement dans sa chambre par ses domestiques.

    Roland réprima sa peur de l'environnement inconnu dans lequel il se trouvait grâce à sa forte volonté de vivre. Il était parfaitement conscient que s'il voulait se fondre dans la masse et éviter d'être suspecté, il avait besoin d'obtenir plus d'information aussi tôt que possible.

    Roland se devait de dire que le 4ème Prince avait, mise à part s'amuser avec d'autres fils de la noblesse, aucune autre chose dans son cerveau. Malgré ses nombreuses tentatives, Roland n'arrivait pas à se rappeler de quelques informations utiles telles que la connaissance de l'aristocratie, la situation politique de son propre pays, ou la situation diplomatique avec ses voisins. Quant au bon sens, tel que le nom des villes, ou les dates des événements significatifs, ils étaient complètement différent de l'histoire de l'Europe qu'il connaissait.

    Il semblait que, selon ses souvenirs, l'ancien Roland n'avait aucune chance d'obtenir le trône. Peut être que le Roi de Graycastle était il au courant de sa personnalité et, à cause de cela, le jeta dans cet endroit infernal. Même s'il faisait n'importe quoi dans Border Town, cela n'affecterait pas grandement le Royaume.

    Les prochains souvenirs que Roland regarda furent ceux de ses frères et sœurs , et ce qu'il en ressortit le laissa béa, ne sachant s'il devait rire ou pleurer.

    Le frère aîné de Roland, le 1er Prince, avait une puissance militaire hors du commum. Le 2ème Prince était toujours plein de mascarades et horriblement perfide. Sa 3ème sœur avait peur de la mort, et sa sœur cadette était brillante. Cela constituait l'intégralité des impressions de l'ancien 4ème Prince envers ses frères et sœurs. Roland se sentit un peu mal à l'aise, après plus d'une dizaine d'année de vie en commun, les connaissances de l'ancien Roland avaient été résumées en quelques mots. Quelle forces ils développaient, quels étaient les sujets les plus compétents, dans quel domaine ils excellaient, quels étaient leurs plans ... Il ne savait rien du tout.

    Il y a seulement trois mois, le 4ème Prince était venu à Border Town, mais la noblesse avait déjà arrêté de dissimuler le mépris pour lui. C'était évident que le 4ème Prince n'avait rien d'un leader. Heureusement, quand le Roi donna ce territoire à Roland, il envoya avec lui deux de ses plus compétents sujets afin de l'assister pour éviter que les habitants de Border Town ne souffrent sous le règne inepte de l'ancien Roland.

    Après que Roland se réveilla le matin suivant, une de ses servantes, Tyre, mentionna a plusieurs reprises que l'Assistant Ministre voulait le voir. Quand il semblait qu'il ne pouvait plus délayer la rencontre, Roland agit selon ses souvenirs et toucha le derrière de la servante avant de l'envoyer chercher Barov, qui attendait dans le salon.

    Voyant Tyre rougir avant de quitter la salle, Roland réalisa soudainement que, puisqu'il avait été réincarné, ne devrait-il pas y avoir un système (1) ou quelque chose comme ça? Au moins, dans pas mal d'histoires, c'était la formule standard, mais l'arrivé d'une notification ne se produisit jamais.

    Bien sûr, ce que Roland lit dans ces romans n'était que de la fiction.

    ...

    Dans le salon, Barov ne tenait plus en place suite à l'attente. Au moment où Roland apparut, il demanda, "Votre Altesse, pourquoi n'avez vous pas ordonné l’exécution hier?"

    "Un jour plus tôt, un jour plus tard, quelle est la différence?" Roland répliqua tout en claquant des mains, faisant signes aux assistants d'amener le petit déjeuner. "Asseyez-vous, Barov"

    Les impressions qu'il avait de la mémoire de l'ancien Roland, mais aussi de par sa propre opinion, était que le Commandant des Chevaliers aimait affronter les problèmes avec le 4ème Prince face à face, même en présence d'un tier, tandis que l'Assistant Ministre était plus circonspect et aimait discuter de problèmes en privé. En tout cas, la loyauté des deux était probablement envers le Roi.

    "Un jour plus tard pourrait amener d'autres Sorcières à apparaître, mon Prince! Ce n'est pas de la même ampleur que de vos escapades précédentes, pas pendant cette période de chaos!". Avertit Barov.

    "Comment peux tu dire cela ?" Roland demanda en fronçant les sourcils, "Je pensais que tu étais capable de distinguer le vrai du faux, la superstition de la réalité".

    Barov pris un air égaré, "Quelles superstitions?"

    "Qu'une Sorcière est malfaisante et qu'elles sont les messagers du diable", Roland répondit calmement d'un air nonchalant. "N'est ce pas ce que l'Eglise nous enseigne? Ils n'interviendront pas ici, je pense plutôt que c'est le contraire. Leur propagande affirme que les Sorcières sont malfaisantes, et même si nous avons choisi de ne pas les aider activement dans leur chasse à la Sorcière, tout le monde vivant dans cette région croient en ces superstitions sans vergognes répandues par l'Eglise.

    Barov fut choqué, "Est ce que ... Est ce qu'une Sorcière peut vraiment être ..."

    "Effectivement un serviteur du mal ?" Roland demanda, "Comme quoi ?"

    L'Assistant Ministre devint silencieux pendant un moment, essayant de déterminer si le Prince se fichait de lui, "Votre Altesse, ce problème peut être discuter ultérieurement. Je sais que vous n'aimez pas l'Eglise, mais la poursuite de ce conflit est contre-productive".

    Roland frôla ses lèvres. Il semblait que renverser cette superstition à propos des Sorcières n'était pas quelque chose qu'il pouvait faire en une nuit, mais pour l'instant il décida de mettre la chose de côté.

    Quand le petit déjeuner de Roland, constitué de tartines, d’œuf frits et d'une carafe de lait, arriva, il composa deux assiettes, dont l'une fut servit à l'Assistant Ministre.

    "Vous n'avez pas encore mangé jusqu'alors, n'est ce pas?", demanda Roland avant de commencer à manger. La servante lui avait raconté que Barov était arrivé hors de ses quartiers au lever du soleil, et avait directement demandé de le voir, donc il ne devrait pas avoir eu le temps de manger. Puisqu'il avait décidé d'imiter la façon de vivre du Prince, il décida en parallèle de changer la façon dont les gens le regardait petit à petit.

    L'Assistant Ministre était une cible parfaite pour son plan. Roland songea, si vous pouviez faire en sorte que vos hommes se sentent importants et valorisés, ils seraient plus motivés à travailler pour vous.

    Prendre l'initiative a toujours été la façon la plus efficace de gagner, n'est-ce pas?

    Barov prit le verre de lait que Roland lui passa, mais ne but pas. Il dit anxieusement, "Votre Altesse, nous avons toujours un problème. Les gardes ont rapporté que trois jours avant, un possible camp de Sorcière a trouvé refuge dans la forêt à l'ouest. Vu qu'ils sont partis précipitamment sans effacer toutes les traces, un garde a trouvé ceci dans le camp"

    Il sortit une pièce de sa poche et le mit devant Roland. Ce n'était pas la monnaie commune du Royaume, du moins en accord avec les souvenirs de l'ancien Roland, il n'avait jamais vu une telle pièce. Ce n'était même pas semblable au leur, ce n'était même pas fait de métal.

    Le sentant dans ses mains, il fut surpris de constater que la pièce était chaude, et l'Assistant Ministre n'était certainement pas la source de cette chaleur étouffante d'au moins quarante degré celsius, qui lui rappelait le moment où quelqu'un prenait un bain.

    "Qu'est ce?" Roland demanda.

    "Je pensais que c'était juste une bibelote sans valeur qu'une Sorcière avait réalisé, mais c'est en réalité plus sérieux que cela". Barov dut faire une pause pour s'essuyer le front, "Le motif imprimé est connu sous le nom de L’œil du Diable des Montagnes Sacrées, qui est l'emblème de l'Association de Coopération entre Sorcières."

    Roland frotta la surface inégale de la pièce, il devina que c'était probablement de la céramique brute. En effet, il vit que le centre de la pièce représentait un motif en forme de "montagne" de trois triangles juxtaposés avec un œil dans le triangle central. Les contours du motif étaient très rugueux, il jugea que la pièce avait été polie à la main.

    Roland se rappelait des deux termes "L’œil du Diable des Montagnes Sacrées" et "l'Association de Coopération entre Sorcières", mais n'était pas capable de découvrir quelques détails que ce soit. Il semblait que le 4ème Prince n'avait aucun intérêt dans l'occulte.

    Roland ne s'attendant pas à ce que Barov en sache plus, mais il continua, "Votre Altesse, vous n'avez jamais vu de vraies Sorcières auparavant, il est alors compréhensible que vous pensiez que leur capacités soient exagérées. En effet, elles peuvent être blessées, elles saignent même et ne sont pas plus difficiles à tuer que le reste d'entre nous, mais c'est seulement valable pour une Sorcière qui ne peut se défendre. Quand elles reçoivent le pouvoir du Diable, leur espérance de vie peut décroître mais cela leur confère aussi un pouvoir effrayant. Des gens ordinaires ne peuvent lutter contre eux. Une fois qu'une Sorcière atteint l'âge adulte, même une armée devra payer un prix élevé pour la tuer. Leurs désires sont presque impossible à réprimer, causant finalement leur dégénérescence en un serviteur du mal. C'est pourquoi l'Eglise déclara l'Inquisition Sainte, si une femme est suspectée d'être une Sorcière, elle doit immédiatement être capturée et tuée. Le Roi a aussi approuvé ce décret et en réalité, ces mesures ont été hautement efficaces et les accidents où des Sorcières sèment la panique ont grandement diminué comparé à un siècle auparavant. La Montagne Sacrée, ou plutôt la porte de l'Enfer, n'est qu'une rumeur illustrée dans un ancien livre de cette époque."

    Roland, tout en mâchant son pain, ricana de nouveau en entendant ces sottises. Même si les histoires de ce monde et du monde d'où il provient sont très différents, leur trajectoires historiques sont étonnement similaires. Peu importe si c'était l'Eglise dans ce monde ou l'Eglise qu'il connaissant, il pensait que la religion en elle même était le serviteur du mal (TL Note: Booouuuh, ça y est on a perdu tous les lecteurs croyants), la vraie source du mal. Ne pensez vous pas que mettre à mort quelqu'un parce qu'il est différent est une preuve du mal? Utiliser le nom de Dieu pour tuer quelqu'un est totalement débile. Inconscient de la pensée de Roland, Barov continua son discours, "D'après les livres antiques, les Sorcières ne peuvent trouver la paix véritable qu'à la Montagne Sacrée. Ils n'auront pas à souffrir des désires incontrôlables parce que leur magie n'aura pas d'effet secondaire. Il n'y a aucun doute à dire que la soi-disante Montagne Sacrée est certainement l'endroit où les démons naissent, une entrée à l'Enfer sur Terre. Je pense que seul l'Enfer ne punira pas ceux qui ont succombé à la tentation du Diable"

    " "L’Association de Coopération entre Sorcières", qui sont ils ? Quelle est leur relation avec la Montagne Sacrée?", demanda Roland.

    Barov expliqua avec un visage aigre, "Auparavant, tout était en ordre parce que les Sorcières courraient avant que l'Inquisition n'arrivait et vivaient en solitude. Mais pendant ces dernières années, l'Association de Coopération entre Sorcières fut créée et chamboula l'ordre mise en place. Elles veulent réunir toutes les Sorcières et trouver la Montagne Sacrée. Pour cet objectif, l'Association de Coopération entre Sorcières irait même jusqu'à prendre l’initiative d'appâter d'autres femmes à devenir une Sorcière. L'année dernière, énormément de nouveaux nés disparurent dans Port of Clearwater, et la rumeur fut que c'était leur méfait."


    ...

    (1) Système : Le système dont il fait allusion est le système d'auto-gestion d'un jeu de Réalité Virtuelle, où les joueurs sont la plupart du temps restreints en R18 (aucune action sexuelles permises). Il s'attendait donc à ce qu'une fenêtre d'alerte s'ouvre dans son champ de vision lui signalant que toucher les fesses d'une servante était interdit.

    ...

    Voilà, je mets un second chapitre, je finis le 3ème (il arrive demain ou après demain) et je laisse un cliffhanger pour tout le monde. (Ne lâchez pas, je vous jure que ça devient hyper intéressant, c'est pas pour rien que c'est un LN les mieux classés de NovelUpdate)
  • merci pour le chapitre
  • ne t'inquiète pas c'est intéressent et pour le moment l'auteur pose le base de l'histoire normal.


    merci
  • merci pour les 2 chapitres
  • merci pour les chapitres
  • Merci pour le chapitre ;)
  • décembre 2016 modifié
    Chapitre 3 : Elle s'appelait Anna (Partie II)

    Roland avala le dernier morceau d’œuf frit de son petit déjeuner, prit une serviette et s'essuya la bouche avant de dire, "Donc vous me dites que vous êtes inquiets que l'Association de Coopération entre Sorcières entende les nouvelles que la Sorcière n'est pas morte, et ainsi essaie de la sauver?"

    "Comme votre Altesse le dit", s'exclama Barov d'un ton colérique, "si la prisonnière était morte ce serait déjà assez mauvais, mais maintenant elle est encore en vie! Si ces Sorcières sont assez folles pour enlever des nouveaux nés afin d'en faire des alliés, jusqu'où pensez vous qu'elles iraient pour quelqu'un déjà devenue un serviteur du Diable? Au vu de leur comportement impétueux, une opération de rescousse de la Sorcière ne serait pas surprenant."

    Roland était confus, il avait toujours senti qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas à propos de la situation. Pourquoi l'Assistant Ministre et le Commandant des Chevaliers avaient-ils tant peur des Sorcières?

    La femme qui aurait du être pendue était une Sorcière, pas vrai ? La femme qui était si mince qu'il semblait qu'elle tomberait si le vent soufflait ? Si elle possédait vraiment un si grand pouvoir, pourquoi elle aurait besoin de se tenir debout là, à attendre sa mort ? Selon les sermons de l'Eglise, elle était le diable incarné, à exécuter sans procès. Même l'armé aurait besoin de payer un immense prix en cas de confrontation contre une Sorcière. Cependant, ce "diable" fut attrapée par des citoyens normaux de Border Town, fut torturée et il y eut même une corde autour de son cou, mais jusqu'à présent, ils n'avaient pas vu une trace de ce supposé terrible pouvoir.

    "Comment s'est elle faite attrapée?", questionna Roland.

    "J'ai entendu dire que quand la Mine du Nord s'est effondrée, afin de s'échapper, elle a exposé son identité de Sorcière et a été capturé par des villageois en colère", répondit Barov.

    Roland songea tout en écoutant Barov. Pourquoi ai je l'impression que tout ceci s'est produit le jour juste avant ma réincarnation ?

    "Comment s'est elle exposée ?", demande le Prince tout haut.

    "Je ... eh bien, je n'en suis pas certain", l'Assistant Ministre remua sa tête et dit, "La situation était très confuse, peut être que quelqu'un l'a vue utiliser de la sorcellerie."

    Roland fronça les sourcils et demanda, "Vous n'avez pas fait une enquête approfondie de la situation?"

    "Votre Altesse, reprendre l'exploitation de la mine était notre priorité", protesta l'Assistant Ministre. "Les revenus de cette mine de fer représentent la moitié de la production de cette ville, et les gardes ont confirmés qu'une personne sur les lieux a été tuée par de la sorcellerie."

    "Quel genre de sorcellerie ?", demanda Roland, visiblement intéressé.

    "La tête et une grande partie du corps étaient étendus sur le sol comme s'ils avaient fondu. Le cadavre ressemblait à une bougie usée", dit le Ministre avec un air de dégoût. "Votre Altesse, soyez heureux de ne pas avoir eu à assister à une telle scène."

    Roland commença à jouer avec une fourchette en argent, pensif. Historiquement, la plupart des victimes de la chasse aux Sorcières étaient innocents, outils pour l'Eglise de maintenir le contrôle sur la population ou possibilités pour des citadins ignorants de décharger leur colère. Bien entendu, une petite portion des accusées causèrent leur propre chute. Le genre de personne habillées étrangement tout en mixant ensemble toute sorte de produits étranges, prétendant pouvoir prédire le futur et connaissait la conclusion de la vie et de la mort.

    La vérité était que ces personnes avait effectivement découvert quelques ruses, telles que l'utilité des réactions chimiques, mais alors, elles utilisèrent ceci pour prétendre qu'elles avaient gagné le pouvoir des Dieux.

    Au yeux des gens modernes, ce n'était que de simples réactions chimiques, mais à l'époque médiévale, ces réactions pouvaient facilement être mal interprétées comme un phénomène incroyable.

    Quant à faire fondre des personnes, la première chose à laquelle Roland pensa fut une solution d'acide.

    Mais ce serait un vrai inconvénient de préparer ce genre de choses, et vous deviez également complètement tremper le corps avec l'acide, mais ça ne ressemblerait pas à des restes de bougies, et quant aux autres méthodes, elles étaient hors de question.

    Comment a t'elle bien pu faire ?

    Si elle comptait sur l'alchimie, chose rare à l'époque, peut être que ...


    Roland se tritura les méninges puis dit d'une voix déterminée, "Emmenez moi la voir".

    L'Assistant Ministre fut choqué pendant un moment avant de bredouiller, "Monsieur, vous voulez voir la Sorcière ?", Barov se leva en panique, renversa la tasse avec le lait qu'il n'avait pas bu.

    "Oui, ceci est un ordre", dit Roland en regardant en arrière et sourit à l'Assistant Ministre, il était à présent extrêmement reconnaissant au regard du comportement déraisonnable du 4ème Prince.

    Roland s'approcha de la porte, mais s'arrêta soudainement en demandant, "Bon, je dois demander, pourquoi utiliser la potence ?"

    "Comment ?" dit Barov.

    Roland réitéra sa question, "Pourquoi a t-elle besoin d'être pendue ? Les Sorcières ne devraient-elles pas être brûlées au bûché ?"

    Le visage de Barov semblait perplexe pendant la question du Prince, "Il est vrai que ... Mais elle ne craint pas le feu".

    ...

    Le donjon était petit, cette terre stérile ne pouvait se permettre d'avoir trop de prisonniers. La plupart des criminels étaient jugés quelques jours après leur capture et étaient soient libérés, soit tués.

    En plus de Barov, le Prince entra dans le donjon avec le Commandant des Chevaliers, le gardien de la prison et deux gardes.

    Le donjon avait un total de quatre niveaux et les murs avaient été construits en blocs de granit dur. C'était la premier fois que Roland se trouvait dans ce genre de lieu et il nota que plus il allait profond, plus les couloirs se rétrécissaient. Le nombre de cellules se réduisait également. Il pensa qu'ils avaient probablement creusé une fosse sous la forme d'un cône inversé d'abord, puis construisirent couche de pierres sur couches de pierres.

    Ce projet brut n'avait bien sûr pas un bon système de drainage. Le sol était mouillé et les eaux usées boueuses descendaient les escaliers jusqu'au dernier étage.

    Evidemment, la Sorcière était au fond du cachot. Pour chaque étage qu'ils descendaient, la puanteur dans l'air devenait plus insupportable.

    "Votre Altesse, vous vous exposez beaucoup trop en faisant ceci, même si elle a été neutralisée par un Médaillon de Rétribution de Dieu, ce n'est pas prudent".

    Celui qui parlait était Carter. Aussi tôt qu'il eut vent de la nouvelle comme quoi le Prince avait l'intention de rendre visiter à la Sorcière, il alla immédiatement auprès du Prince, lui conseillant tout le long de la route d'annuler cette visite. Mais c'était peine perdue, même après la répétition de la commande directe du Roi lui demandant de ne pas se trouver dans de situation dangereuse, rien n'y fut. De toute évidence, il n'avait pas seulement un joli visage, il était aussi un moulin à parole. Après avoir été soumis à cela pendant un certain temps, Roland souhaitait seulement que quelqu'un coudât sa bouche. "Vous devez regarder le diable dans les yeux avant d'y faire face dans un champ de bataille et de le combattre sur un pied d'égalité. Je pensais que vous saviez cela", dit Roland.

    "En plus de combattre le mal avec du courage, il est aussi important d'évaluer justement ses propres capacités et d'agir en conséquence. L'imprudence n'est pas synonyme de bravoure", réfuta Carter.

    "Vous voulez dire que si vous rencontriez un ennemi plus faible que vous, vous seriez la justice, mais que s'il était plus fort que vous, vous prétendriez n'avoir rien vu ?", provoqua Roland.

    "Non, votre Altesse, je voulais dire que ...", balbutia Carter.

    "Avant vous aviez peur d'une Sorcière, maintenant vous avez même peur d'une petite fille, mon Commandant des Chevaliers est en effet redoutable".

    Malgré que le Chevalier était un bon orateur, il n'excellait pas dans les débats, rencontrant un homme doué avec les mots tel que Roland, il était complètement perdu. Prenant avantage de cet effort, le groupe atteignit le fin fond du donjon.

    Le plancher était beaucoup plus petit que celui au dessus, avec un total de seulement deux cellules. Le garde alluma les torches sur les murs et, au fur et à mesure que l'obscurité s'estompait, Roland vit la Sorcière penchée dans un coin de sa cellule.

    Ils étaient déjà en fin d'automne, et la température du donjon était assez basse pour que la respiration produise du brouillard blanc. Il portait un manteau en fourrure avec une doublure de soie à l'intérieur, il ne sentait donc pas le froid, mais la fille ne portait qu'un linge grossier qui ne pouvait même pas complètement couvrir son corps avec ses bras et ses pieds sortis, devenant bleu.

    L'allumage soudain des torches la firent tressaillir avec les yeux fermés. Mais bientôt, elle fut capable d'ouvrir les yeux et regarda droit vers eux.

    C'était une paire d'yeux bleu pâle, comme un lac calme avant le début de fortes pluies. Il n'y avait aucune crainte sur le visage de la Sorcière et vous ne pouviez ni voir aucune colère ni aucune haine. Roland eut une vision, comme si ce qui était devant lui n'était pas une jeune fille frêle et fragile, mais au lieu de cela, c'était comme s'il était devant une flamme flamboyante. Il sentit soudain que la lumière des torches sur les murs était un peu sombre.

    La jeune fille essaya tant bien que mal de tenir debout, s'appuyant contre le mur. Elle se leva au ralenti, comme si elle avait peur de tomber. Au final, elle finit par se lever et sortit du coin de la cellule, permettant à la lumière de la recouvrir.

    Déjà un mouvement si simple, et pourtant ses hommes respirèrent profondément à plusieurs reprises et reculèrent de deux pas, seul le Commandant des Chevaliers résista et se tint devant Roland.

    "Quel est ton nom ?". Roland questionna la Sorcière et tapota le Chevalier sur l'épaule, indiquant qu'il n'avait pas besoin d'être aussi nerveux.

    "Anna", répondit-elle.

    ...

    Fin du chapitre 3, j'espère que ça vous a plu. Dîtes moi si l'histoire vous plait pour l'instant, je vais essayer de sortir le chapitre 4 et 5 d'ici Mercredi, puis le rythme sera de 2 chapitres par semaine (on verra si je tiens le rythme en prépa, sinon je descendrai à 1). Bonne lecture.
  • Merci pour ton ardeur de nous faire découvrir un nouvelle L.N =)
    Pour ma part, laisse les TL Notes qui sont utile pour partager tes impression ou éclaircir certains points occultes ^^
    Bon courage pour la suite et bonne continuation =)
  • l'histoire me plait a voir ou ca va aller maintenant mais j'ai l'impression qu'on le saura dans le prochain chapitre
  • merci pour le chapitre, pour l'instant ça a l'aire prometteur ^^ vivement la suite
  • Belle première trad ! Un beau niveau de français qui aide bien à la fluidité (malgré quelques phrases à rallonge un peu indigestes ! ^^)

    Bonne continuation à toi et bienvenu parmi nous :)
  • Merci pour les chapitres, hâte de lire la suite .. :*
  • Merci pour le chapitre
  • merci le ln e pas mal et la trad et bonne donc no prob
  • merci pour les chapitres
  • janvier 2017 modifié
    Chapitre 4 - La flamme

    "En fin de compte, que s'est il passé quand la mine s'est effondrée, peux-tu me raconter étape par étape ?", demanda Roland.

    Anna hocha la tête et commença à rapporter les événements.

    Roland était un peu surpris, il s'attendait à ce qu'elle reste silencieuse ou qu'elle commence à le maudire, mais au lieu de cela, elle répondit juste avec un, "Demandez ce que vous voulez", et commença à narrer son histoire.

    Ce n'était pas une histoire très compliquée, mais restait tout de même triste. Le père d'Anna était un mineur et quand la mine s’effondra, il était au travail. Immédiatement après qu'ils eurent vent de la nouvelle, Anna et la famille des autres mineurs de dépêchèrent à la mine pour sauver leurs proches. Le Mine du Nord avait la réputation d'être un nid de monstre avec de nombreuses intersections tout au long du chemin, s'étendant dans toutes les directions. Puisque l'unité de rescousse n'était sous les ordres de personne, les volontaires se séparèrent après être arrivés à l'entrée de la mine, ainsi quand Anna trouva son père, seuls ses voisins, Susan et Ansgar étaient à son côté.

    Anna découvrit que la jambe de son père était écrasée sous une charrette de minerai pleine, et qu'il ne pouvait pas bouger. A côté de lui, un autre mineur fouillait ses poches, cherchant l'argent de son père. Lorsque le pillard les vit arriver, il prit un javelot, se précipita vers Ansgar et le projeta au sol, et au moment où il se préparait à frapper Anna, elle le tua en premier.

    Les voisins d'Anna jurent qu'ils ne parleraient de cela à personne, et avec leur aide, Anna réussit à sauver son père. L'aube de la journée suivante, le père d'Anna sortit avec ses béquilles et rapporta aux gardes locaux que sa fille était une Sorcière.

    "Pourquoi ?", lorsque Roland écouta jusqu'à ce point, il ne put s'empêcher de se poser la question.

    Barov soupira et répondit, "Probablement pour la récompense d'or. La découverte et le signalement d'une Sorcière peut vous rapporter jusque 25 Royal d'Or. Pour un homme privé de ses jambes, ces 25 Royal d'Or sont l'équivalent de ce qu'il pourrait gagner en une moitié de vie de travail."

    Après un moment de silence, Roland demanda, "Ton adversaire était un adulte robuste, comment t'y es tu pris pour le tuer ?"

    Anna se mit à rire, et les flammes des torches tremblèrent, tel des vagues sur la surface d'un lac auparavant calme.

    "C'est exactement ce que vous pensez, j'ai utilisé le pouvoir du Diable", dit Anna.

    "Tais-toi ! Vile Sorcière !", cria le gardien, mais tous pouvaient remarquer sa voix tremblotante.

    "Est-ce vrai ? Je veux le voir", dit le 4ème Prince calmement, indifférent quant à leurs singeries.

    "Votre Altesse, ce n'est pas une blague !", le Commandant des Chevaliers intervint en fronçant les sourcils.

    Roland prit l'initiative de sortir de la protection de son Chevalier et se rapprocha peu à peu de la cellule en disant, "Ceux qui sont trop effrayés par elle peuvent partir, je n'ai jamais sollicité votre présence ici".

    "Ne paniquez pas ! Elle a un 'Médaillon de Rétribution de Dieu' autour de son cou !", cria Barov d'une voix forte afin de rassurer son entourage, mais aussi pour se rassurer lui même, "Peu importe la puissance du Diable, il ne peut pas briser la bénédiction de Dieu".

    Debout devant les barreaux de la prison, Roland et Anna étaient à bout de bras et Roland pouvait clairement voir sa joue poussiéreuse et écorchée. Ses doux traits faciaux montraient qu'elle était encore mineure, mais son expression n'avait aucune trace d'enfantillage. Plus que cela, même la colère était difficile à trouver. C'était le genre de chose dissymétrique que Roland n'avait vu qu'à la télévision.

    C'était le visage d'un orphelin errant qui avait souffert de la pauvreté, de la faim, du froid ... mais ce n'était pas exactement le même non plus, normalement devant la caméra, les enfants se tenaient avec un corps penché et maigre, avec leur yeux baissés, mais pas Anna.

    Depuis le début, elle essayait de se tenir droit avec son regard légèrement levé, regardant calmement les yeux du Prince. Elle n'avait pas peur de la mort, Roland réalisa. En faite, elle avait l'air d'attendre sa dernière heure.

    "Est ce la première fois que vous voyez une Sorcière, mon Seigneur ? Votre curiosité pourrait vous faire tuer", dit Anna.

    "Si c'était vraiment le pouvoir du Diable, tu ne serais jamais dans ce genre de situation", répondit Roland, "Si ce que tu as dit est vrai, je ne devrais pas avoir peur du Diable, mais de ton père".

    Les feux de la prison devinrent soudainement sombres, et ce n'était certainement pas une illusion, ce qui semblait n'être que des flammes étouffées laissa place à de fines flammèches. Derrière lui, Roland pouvait entendre le bruit de respirations haletantes et de prières, ainsi que le bruit étouffé de personnes paniquées tombées par accident.

    Le rythme cardiaque de Roland s’accéléra et il se sentit à un tournant inhabituel. D'un côté le monde scientifique, en accord avec les lois et constantes qu'il connaissait, puis de l'autre, un monde fantastique, plein de mystères et d'inconnus. Et en ce moment même, il se tenait sur le seuil de ce monde.

    Pendu à son cou, on pouvait distinguer le 'Médaillon de Rétribution de Dieu' ? Quel médaillon simple et grossier, pensa Roland. Une chaîne de fer rouge avec un pendentif étincelant et translucide, si la Sorcière n'avait pas les deux mains menottées derrière son dos, ne pourrait elle pas simplement détruire ce médaillon ?

    Roland jeta un coup d’œil à la foule derrière lui, qui prononçait encore des prières en panique. Il atteignit rapidement la cellule, prit le pendentif, et rien qu'avec une petite pression, la chaîne du collier se brisa et tomba à terre. Cette action surpris même Anna.

    "Allons bon", murmura Roland.

    Es-tu un menteur, un genre d'alchimiste, ou es-tu une vraie Sorcière ? Si tu commences à sortir des bouteilles et pots afin de composer de l'acide, je serai plus que déçu, pensa Roland.

    Roland entendit alors le son du crépitement des flammes, qui était le bruit caractéristique de la dilatation thermique de la vapeur d'eau. Grâce au changement drastique de la température, l'eau par terre sous leurs pieds devint de la vapeur.

    Roland vit une flamme flamboyante s'élever directement du pied d'Anna, puis le sol où elle se trouvait commença à brûler. Les torches derrière eux explosèrent simultanément, comme si elles avaient reçu de l'oxygène pure, dans un éclat de lumière aveuglante. Pendant un court instant, la cellule entière était comme exposée au plein jour, et ce fut accompagné de cris terrifiés des spectateurs.

    Quand la Sorcière avança, les flammes autour d'elle avancèrent avec elle. En arrivant au bord de sa cellule, les quelques douzaines de barreaux en fer qui faisaient office de mur devinrent des piliers de flamme.

    Roland fut forcé de reculer, l'air chaud lui mordait la peau, lui faisant sentir la douleur. En même pas l'espace de quelques secondes, il passa d'une fin d'automne à l'été, non, c'était un autre genre de chaleur. Une chaleur uniquement générée par une flamme à très haute température et non pas par une chaleur ambiante d'été. D'un coté de son corps, il pouvait sentir la chaleur de la flamme, de l'autre côté, il pouvait sentir le froid. Il sentit même une sueur froide couler le long de son dos.

    ... Elle n'a vraiment pas peur du feu, pensa Roland.

    Roland se souvint des mots de l'Assistant Ministre. C'est seulement maintenant qui comprit le sens de la phrase.

    Elle est la flamme elle-même, comme pourrait-elle avoir peur d'elle-même ?

    Bientôt, les barreaux en fer passèrent d'un rouge écarlate à un jaune clair, et commencèrent à fondre. Voulant dire qu'ils avaient été chauffé au delà de 1500 degrés celsuis (TL Note: Le point de fusion du fer est de 1538°), et dire qu'elle réalisa ce tour de force sans aucune mesure isolante, surpassant les attentes les plus folles de Roland. Comme les autres, il s'éloigna de la cellule, fixé fermement à la paroi la plus éloignée de la cellule.

    S'il n'avait pas fait cela, la chaleur produite par la fonte du fer l'aurait tué même sans contact direct. Il n'y avait qu'à voir les habits de Anna, maintenant en cendre. Son corps était maintenant entouré d'un feu ardent.

    Roland ne savait pas comment de temps avait passé, mais au final, la flamme disparut, s'évanouissant dans l'air.

    Les torches brûlaient silencieusement sur le mur à côté d'eux, comme si rien de tout cela ne se produisit jamais. Mais les habits brûlés d'Anna, l'air chaud et les barreaux de la prison qui semblaient avoir été brûlés par un serviteur du Diable, tout cela, informaient la foule que ce n'était pas une illusion.

    En plus de Roland, seul le Commandant des Chevalier était encore debout. Les autres s'étaient effondrés, le gardien avait eu tellement peur que son pantalon sentait l'urine. Anna était maintenant debout, nue devant la cellule, les entraves sur ses bras maintenant disparues. Elle ne bloqua pas la vue de son corps nue, ses mains étaient suspendues naturellement à ses côtés et ses yeux bleus comme la mer reprirent la tranquillité qu'ils avaient avant.

    "Maintenant que j'ai satisfait votre curiosité, Monsieur", dit-elle, "Allez vous me tuer ?"

    "Non", répondit Roland en s'avançant. Il enveloppa son manteau autour d'elle et dit d'une voix aussi douce que possible, "Mademoiselle Anna, je veux vous engager".

    ...

    Fin du Chapitre 4. Je sors le Chapitre 5 aussi vite que possible.
  • merci pour le chapitre
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