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Douluo Dalu – Chapitre 1



Chapitre 1 : Le continent de combat, un nouveau Tang San

Partie 1

Continent de combat, sud est de l’Empire du Dou Céleste, province de Fasinuo, le village de l’Esprit Sacré.

N’importe qui entendant ce nom pourrait penser à un village impressionnant. Mais dans les faits, il s’agissait simplement d’un village de trois cents âmes au sud de la ville de Nuoding dans la province de Fasinuo. La raison pour laquelle il était appelé ainsi était parce que selon la légende, un Sage Spirituel y était apparu il y a cent ans. Il s’agissait également de la fierté éternelle du village de l’Esprit Sacré.

En dehors du village s’étendait à perte de vue une vaste étendue de champs, où grains et légumes étaient produits et envoyés comme provisions à Nuoding. Celle-ci était située au milieu de la province et même si elle n’était pas considérée comme une ville majeure, la frontière de l’empire était après tout très proche et naturellement, des marchands des deux grands empires commerçaient ici. Par conséquent, Nuoding prospérait et la vie des simples gens dans les villages environnants était meilleure que n’importe où ailleurs.

Le soleil venait de se lever dans l’est distant, le ciel était d’un gris pâle caractéristique de l’aube. Sur le sommet d’une petite colline d’environ cent mètres de haut, adjacente au village de l’Esprit Sacré, se trouvait une petite et fine silhouette. Il s’agissait seulement d’un enfant de cinq ou six ans. Évidemment, tous les jours, il endurait la chaleur du soleil. Sa peau était saine et avait la couleur du blé, ses courts cheveux noirs étaient très bien tenus et sa tenue, bien que simple, était propre.

Pour un enfant de cet âge, grimper sur cette colline d’une centaine de mètres ne pouvait pas être facile mais étrangement, quand il arriva au sommet, son visage n’était pas le moins du monde rouge, et il n’était pas essoufflé. Son expression apparaissait satisfaite et heureuse.

Le garçon s’assit au sommet de la colline, ses deux yeux fixant de manière résolue l’est, où le soleil levant s’éclaircissait progressivement. Lentement, il commença à inhaler par le nez, puis à exhaler doucement par la bouche ; des inhalations continues et des exhalations faibles qui, à la fin, formaient un cycle splendide.

Pendant celui-ci, ses yeux s’ouvrirent en grand soudainement. Une légère trace de qi violet sembla apparaître un instant dans la lumière grandissante de l’aube à l’horizon. Sans une concentration intense ainsi qu’une vision excellente, il serait impossible de la remarquer.

À la vue de ce qi violet, l’attention du garçon se concentra tellement qu’il n’exhala même plus, il ne faisait plus qu’inhaler légèrement et lentement. En même temps, ses deux yeux fixaient fermement et avec grande attention la lumière violette vacillante.

Le qi violet ne dura pas longtemps ; au moment où la lumière de l’est finit de se lever, le qi violet avait déjà complètement disparu.

Seulement à ce moment, le garçon commença à lentement fermer ses yeux, accompagné d’une longue expiration de qi interne impure. Du qi blanc coulait de sa bouche tel une bobine de soie se déroulant avant de se disperser lentement.

Après être resté assis en silence longtemps, le garçon ouvrit ses yeux à nouveau. Au centre de ceux-ci, on pouvait étonnamment voir, peut-être à cause de ce qi violet impure, une faible lueur violette. Même si cette couleur ne resta pas longtemps avant de disparaître discrètement, son existence était néanmoins distincte.

Avec un soupir abattu, le garçon montra une expression réticente inadéquate à son âge. Il secoua la tête et se dit, « Toujours impossible. Ma Technique Céleste Mystérieuse ne peut toujours pas dépasser le premier vrai seuil. Cela fait déjà trois mois entiers, pourquoi ? Même l’Oeil du Démon Violet, dont la cultivation requiert le qi violet de l’est, qui n’est absorbable que le matin, a progressé plus vite. Avec la Technique Céleste Mystérieuse qui ne passe pas ce seuil, ma Main de Jade Mystérieuse ne peut pas progresser non plus. La première fois que j’ai cultivé jusqu’à ce niveau, je n’ai rien rencontré de semblable. Pourquoi est-ce-que, quand ma Technique Céleste Mystérieuse possède neuf niveaux, c’est le premier qui pose le plus de problèmes ? Est-ce parce que ce monde est différent de mon monde d’origine ? »

Cet enfant, arrivé dans ce monde il y a cinq ans, était Tang San de la Secte Tang, qui avait sauté du haut d’une falaise pour poursuivre ses idéaux. Quand il avait regagné connaissance, il avait découvert qu’en plus d’une sensation de chaleur, il était incapable de bouger. Mais cette mort qu’il attendait n’était pas venue et il était très vite né dans ce monde.

Tang San ne comprit ce qu’il s’était passé que bien plus tard. Il n’était pas mort, mais aussi n’était plus l’ancien Tang San.

Le nouveau Tang San eut besoin de presque un an pour apprendre le langage de ce monde. Il se souvenait toujours qu’à sa naissance, même s’il avait été incapable d’ouvrir ses yeux et de voir, il avait entendu le son profond du cri déchirant d’un homme. Une fois qu’il eut appris la langue de ce monde, il ne put s’empêcher, grâce à sa mémoire exceptionnelle, de se souvenir du cri de cet homme, « Troisième Sœur, ne m’abandonne pas ! » Et cet homme était son père, Tang Hao(2). Dans ce monde, sa mère était déjà morte à cause d’une naissance difficile.

Que ce soit une mauvaise blague de dieu ou une simple coïncidence, Tang Hao l’appela miraculeusement Tang San en souvenir de sa femme.

À cause de ça, les enfants du village de son âge se rassemblaient tous les jours pour se moquer de lui. Néanmoins, dans son cœur, Tang San était satisfait. Il s’agissait, après tout, du nom qu’il avait utilisé pendant près de trente ans dans l’autre monde. Il était satisfait d’avoir simplement un nom qui lui rappelait sa vie antérieure. Depuis son arrivée dans ce monde, Tang San était au début, choqué et effrayé. Mais, suite à l’excitation ultérieure, ainsi que la tranquillité environnante, il avait complètement accepté cette réalité, qui semblait être une deuxième chance donnée par les Cieux. Ici, il serait peut-être capable de réaliser le plus grand vœu qu’il avait dans sa vie antérieure.

Même s’il était arrivé dans ce monde nu, Tang San possédait toujours sa plus grande fortune : sa mémoire. En tant que disciple le plus brillant de la Secte Tang extérieure, les méthodes de fabrication des différents mécanismes de la Secte Tang, y compris les armes secrètes, étaient toutes gravées dans son esprit. En plus, il avait aussi réussi à lire le manuscrit le plus rare de la secte intérieure dont il avait rêvé pendant des années. En l’apprenant, il avait gravé dans sa mémoire et appris par cœur les Précieux Écrits Célestes Mystérieux de la secte intérieure, et avec cela, il espérait recréer dans ce monde la gloire de la Secte Tang.

« C’est l’heure de rentrer. » Tang San regarda la couleur du ciel, son corps petit et fin se leva d’un bond et il courut en bas de la montagne. Si n’importe qui avait vu Tang San à ce moment, il serait sûrement choqué au point de perdre la parole. Chacun de ses pas était capable de le faire avancer de plus de trois mètres. On pouvait dire que les fissures ainsi que le sol irrégulier n’avaient aucun effet sur lui, alors qu’il les esquivait sans effort et avançait rapidement entre les obstacles. Même si on le comparait à un adultes, Tang San serait toujours plus rapide.

Quel était le cœur de la Secte Tang ? Les armes secrètes, le poison et les techniques de mouvement. La plus grande différence entre un disciple de la secte extérieure et un de la secte intérieure était la façon d’utiliser les armes secrètes. La secte extérieure privilégiait les mécanismes alors que la secte intérieure mettait l’accent sur la technique pure. De même, le poison était une compétence de la secte extérieure, pendant que dans la secte intérieure, les armes secrètes était transmises de maître en disciple et très peu utilisaient du poison, puisqu’il n’était de base pas nécessaire.

Partie 2

Les Précieux Écrits Célestes Mystérieux ne décrivaient que six techniques d’arts martiaux, qui étaient : la technique de cultivation de la force intérieure : Technique Céleste Mystérieuse, la technique pratiquant entraînant la maîtrise des mouvements de la main : Main de Jade Mystérieuse, la technique de contrôle : Contrôle de la Grue Capture du Dragon, la technique de mouvement : Ombre Fantôme Brouilleuse de Traces, ainsi que la technique de maîtrise des armes secrètes : Compréhensions des Cent Armes Secrètes.

Les cinq premières étaient les bases ; après tout, sans une fondation solide, comment pourrait-t-on faire ressortir la quintessence des armes secrètes de la Secte Tang.

Ayant commencé à pratiquer la Technique Céleste Mystérieuse quand il avait un an, Tang San, qui à présent avait presque six ans, était toujours en train d’établir sa fondation.

La famille de Tang San vivait à l’ouest du village de l’Esprit Sacré, près de la maison du chef du village. La maison de trois pièces en brique de boue pouvait être décrite comme la plus grossière de tout le village. Une plaque en bois d’un mètre de diamètre était accroché au-dessus de la porte, avec un simple marteau peint dessus. Le marteau était dans ce monde le symbole le plus répandu d’un forgeron.

Et oui. Le père de Tang San était un forgeron, le seul forgeron du village.

Dans ce monde, la forge pouvait être considérée comme le métier le plus modeste de tous, car pour une certaine raison, aucune des meilleures armes de ce monde n’était forgée par des forgerons.

Cependant, en tant que seul forgeron accompli du village, la famille de Tang San ne devrait pas être aussi pauvre, avec un revenu si faible…

En entrant dans la maison, Tang San sentait déjà l’odeur du riz. Ce n’était cependant pas son père lui préparant le petit-déjeuner ; plutôt lui qui cuisinait pour Tang Hao.

A partir de ses quatre ans, Tang San était assez grand pour atteindre le plan de travail de la cuisine et donc cuisiner devint sa tâche quotidienne ; même s’il devait se mettre debout sur un tabouret pour atteindre le fond du plan de travail.

Il ne cuisinait pas parce que Tang Hao lui demandait, mais plutôt parce que s’il ne le faisait pas, Tang San ne mangerait jamais à sa convenance.

Arrivant devant le plan de travail, il monta sur le tabouret en bois d’une manière qui montrait la régularité de l’action et souleva le couvercle de la grande casserole en fer, faisant ressortir encore plus l’odeur de riz. Le congee dans la casserole avait cuit entièrement pendant très longtemps.

Tous les jours, avant de monter en haut de la colline, Tang San mettait du riz à cuire dans la casserole et allumait un feu de bois, de telle façon à ce que quand il rentrait, le congee serait cuit à point.

Prenant deux bols usés venant du côté du plan de travail, Tang San servit avec attention du congee dedans et les plaça sur la table derrière lui. Le nombre de grain de riz dans le congee pouvait presque être compté à l’œil nu ; et pour le corps en pleine croissance de Tang San, cette petite ration était évidement insuffisante ; Il s’agissait aussi d’une des raisons pour laquelle son corps était aussi épais qu’un fil.

« Papa, à table. » Cria Tang San.

Après un long moment, le drap qui servait de porte vers une des chambres se souleva et une large silhouette en sortit en chancelant.

Il s’agissait d’un homme assez vieux, dont l’apparence semblait approcher la cinquantaine. Sa carrure était toujours incroyablement large et droite, même si personne n’osait critiquer son style vestimentaire.

Sa robe, plus qu’usée, était couverte de trous, sans aucune rustine, exposant sa peau à la couleur de bronze. Ses précédemment plutôt beaux traits avaient maintenant un teint cireux. Il avait une pair d’yeux fatigués et l’air hébété ; des cheveux en bataille qui ressemblaient parfaitement à un nid d’oiseaux, une barbe qui n’avait pas été rasé depuis dieu sait combien de temps. Un regard faible et sans vie était visible dans ses yeux. Même après une nuit entière, il empestait toujours l’alcool, mais Tang San ne réagit pas.

C’était Tang Hao, le père de Tang San dans ce monde.

En grandissant, Tang San ne sut pas ce qu’était l’amour paternel. La façon dont Tang Hao le traitait, était toujours la même, il était ferme dès le début. Bien qu’il sache cuisiner quelques plats pour lui-même, après que Tang San ait pris l’initiative de cuisiner, Tang Hao prêta de moins en à moins attention à quoi que ce soit. À cause de cela leur maison était tellement pauvre qu’ils n’avaient même pas de meubles décents. La nourriture était aussi un problème, surtout parce que Tang Hao utilisait tout son maigre salaire de forgeron afin d’acheter de l’alcool.

Concernant le comportement de Tang Hao, Tang San ne lui en voulait pas. Dans sa vie antérieure, il était orphelin. Dans cette vie, même si Tang Hao le traitait assez mal, il avait au moins de la famille. Pour Tang San, cela était déjà satisfaisant. Au moins, ici, il y avait une personne qu’il pouvait appeler père.

Tang Hao saisit le bol sur la table, sans se soucier de la température de celui-ci, et avec de grandes gorgées avala le congee. Son visage morne et cireux sembla regagner un peu de couleur.

« Papa, pas si vite, c’est encore chaud. » Tang San prit le bol des mains de son père et le remplit de congee à nouveau. Il saisit également le sien.

Dans la Secte Tang, il n’avait jamais le droit de sortir et rencontrait très rarement des affaires extérieures. Cela va sans dire que comme une feuille blanche, une fois dans ce monde, il adopta le comportent d’un enfant de nouveau, et n’avait rien qu’il ne pouvait accepter.

Très rapidement, un pot de gruau avec sept ou huit bols entrèrent dans l’estomac de Tang Hao. Soupirant, il replaça le bol sur la table. Ses paupières tombantes s’ouvrirent quelque peu, pour regarder Tang San.

« Continue ce que tu as à faire, je travaillerai dans l’après-midi. Je vais retourner dormir un peu. »

Tang Hao avait des horaires de travail et de repos très régulières : dormir toute la matinée, fabriquer quelques outils pour les fermiers l’après-midi, obtenir son salaire, et boire toute la soirée.

« Ok, papa » Tang San acquiesça.

Tang Hao se leva. Ayant mangé plusieurs bols de congee, il ne chancelait plus, et marcha vers sa chambre.

« Papa. » Tang San l’interpella soudainement.

Tang Hao s’arrêta, tourna sa tête pour le regarder, ses sourcils indiquant clairement une légère impatience.

Tang San pointa vers un coin de la pièce où reposait des gros morceaux de fontes : « Ces morceaux de fer, peux-tu me les donner afin que je les utilise ? »

Dans sa vie antérieure, il était le disciple le plus brillant de la Secte Tang extérieure, il était particulièrement familier avec la création de tous types d’armes secrètes. Naturellement, à l’époque tous types de matériaux étaient fournis par la secte. Mais dans ce nouveau monde, même s’il s’entraînait plusieurs années, sa force n’était toujours pas près d’être suffisante. De plus, il n’avait jamais voulu abandonner l’idée de fabriquer les armes secrètes les plus avancées. À ce jour, il avait déjà essayé de forger quelques armes secrètes, mais trouver les matériaux nécessaires était le plus gros problème.

Tang Hao forgeait des outils pour les fermiers grâce au métal qu’il recevait des villageois. Il était absolument impure et très commun. L’utiliser pour forger des armes secrètes d’excellente qualité était très difficile. Les morceaux de fonte que Tang San avait pointé, délivrés seulement hier, avaient surpris Tang San ; ces blocs de minerai de fer contenaient en fait et de manière sûr du fer très pur, ce qui était très utile pour fabriquer des armes secrètes.

Le regard de Tang Hao se tourna vers la fonte, « Huh. C’est du fer de première qualité, non ? » Marchant vers la pile pour regarder de plus près, il tourna sa tête vers Tang San, « Tu veux devenir un forgeron ? »

Partie 3

Tang San hocha légèrement la tête. Devenir forgeron était indéniablement la profession la plus adaptée pour lui permettre de fabriquer des armes secrètes, « Papa, tu vieillis. Pendant quelques années, jusqu’à ce que je sois plus grand, apprend moi à forger des ustensiles de cuisine et laisse moi reprendre ton travail. »
Dans son ancienne vie, il forgeait uniquement les plus précises des armes secrètes, et n’avait au contraire jamais appris les bases de la forge.

Tang Hao, légèrement distrait, murmura :
« Forgeron, ça ne semble pas mal non plus. »
Tirant à lui une simple chaise usée et s’asseyant juste à côté de la pile de fonte brute, il s’exprima paresseusement :
« Petit San, dis moi, quel type de forgeron est le meilleur. »

Tang San y réfléchit, avant de dire :
« Les meilleurs forgerons devraient être capable de faire des outils divins. »
De ce que les villageois disaient, les outils divins existaient dans ce monde, même s’il ne savait pas exactement à quoi cela correspondait. Mais puisqu’ils étaient divins, on pouvait présumer qu’ils seraient plutôt bons.

Dans les yeux de Tang Hao apparut brièvement un reflet d’humour,
« Des outils divins ? Petit San sait aussi ce que sont les outils divins. Alors dis moi, que doit-on utiliser pour créer ces outils divins ? »

Tang San trouva cette question plutôt inattendue, et répondit immédiatement :
« Les meilleurs matériaux bien sûr. »

Tang Hao pointa son index, le secouant à l’attention de Tang San,
« Si tu veux devenir un maître forgeron, souviens-toi de mes mots : quelqu’un qui utilise des matériaux de première qualité pour forger des outils divins n’est pas le meilleur forgeron ; il est tout au plus un synthétiseur. Les meilleurs forgerons créent des outils divins à partir de matériaux communs. »

« Utiliser du fer de tous les jours pour forger des outils divins ? »
Tang San, quelque peu déstabilisé, regarda Tang Hao. D’habitude Tang Hao lui parlait très peu ; cette discussion comptait déjà comme le plus qu’ils n’aient jamais parlé en une seule fois.

Se levant, Tang Hao montra un gros bloc de fer de cinquante centimètres carrés de l’autre côté de la pièce.
« Si tu entretiens le moindre espoir de devenir forgeron et que je t’apprenne la forge, tu vas devoir marteler ceci dix-mille fois. Tu ne seras pas qualifié avant ça. »

Il s’agissait d’un bloc de fer ordinaire, plein d’impuretés. Comparé au tas de fer de première qualité, il n’aurait même pas su dire combien il était moins bon.

« Tu peux encore changer d’avis. »
Tang Hao s’exprima avec indifférence, se préparant déjà à retourner dans la chambre pour dormir.

« Papa, je veux essayer. »
La voix de Tang San était claire et calme, néanmoins résolue.

Tang Hao, quelque peu surpris, le regarda,
« Très bien. »
Prononçant ces mots, il s’avança, prenant le gros morceau de fer dans ses bras, avant de le placer directement à côté des soufflets de la forge. Aussi longtemps que le feu de charbon serait allumé, il pourrait être utilisé pour forger.

Après avoir fait ça, Tang Hao retourna dans la pièce arrière pour dormir.

Tang San était une personne à la volonté inébranlable. S’il en était autrement, il n’aurait pu, en se basant uniquement sur un dessin délabré, produire les Lotus de Tang Furie du Buddha, la meilleure arme secrète mécanique de la Secte Tang. Cela avait pris dix ans de sa vie.

Allumant le feu de charbon, activant les soufflets, il commença son travail solitaire.

Shushu shushu. Des bruits s’élevèrent des soufflets, les flammes jaillissant du fourneau, brûlant le gros amas de fer. Bien que Tang San n’ait jamais appris à forger, il avait regardé Tang Hao forger des outils de ferme tout les jours, et ainsi connaissait le processus correct.

Alors que le morceau de fer était progressivement devenu chauffé au rouge, il attrapa le marteau habituel de Tang Hao, le laissant tomber au sol. Ce marteau de fer à longue poignée était plus grand que lui, et un enfant ordinaire de cinq ou six ans n’aurait pas pu le bouger d’un centimètre, sans parler de le manier à la forge.

Mais Tang San était toujours entrain de le maintenir en l’air. Avec la Technique Céleste Mystérieuse renforçant tout son corps, bien qu’il n’ait pas encore percé le premier niveau, il possédait déjà une force physique comparable à celle d’un adulte.

En frappant le morceau de fer encore et encore, le marteau de même métal résonna d’un son clair et mélodieux. C’était le premier coup de marteau de Tang San, et le prélude à la forge.

Dans la chambre, allongé sur le lit, Tang Hao se retourna. Bien que ses yeux soient clos, son expression était quelque peu étonnée, murmurant dans son sommeil,
« Il peut réellement lever le marteau, est-il né avec une force surhumaine ? »

Dong dong dong dong dong. Des bruits de martèlement s’élevèrent de l’échoppe de forgeron. Tang Hao et Tang San, père et fils, continuèrent leur vie prosaïque, à la seule différence qu’à partir de se jour, Tang Hao laissait Tang San jouer avec un autre fourneau dans la pièce, martelant son gros morceau de fer dans sa propre forge. Il ne guida pas Tang San, même d’une seule phrase, mais à partir de ce jour, son débit de boisson diminua un peu, et la quantité de nourriture sur la table augmenta légèrement également.

Forger était un processus absolument monotone et fatiguant, mais Tang San le voyait toujours comme la bonne voie pour tempérer son corps. Quand onze jours eurent passé, il avait déjà forgé de nombreuses fois, et il semblait que chaque coup de marteau utilisait plus que sa simple force physique, nécessitant l’aide de la Technique Céleste Mystérieuse.

Sa force entière était suffisante pour balancer le marteau environ une centaine de fois. Chaque fois que sa force était presque épuisée, il s’asseyait en tailleur sur le sol pour récupérer, et une fois sa force intérieure recouvrée il recommençait à marteler.

Cela ne servait pas qu’à tempérer son corps. Répéter un cycle d’épuisement puis de récupération de la force était aussi un bon moyen de tempérer sa Technique Céleste Mystérieuse et sa volonté. Malheureusement, le seuil du premier niveau de sa Technique Céleste Mystérieuse, semblait toujours être une barrière inexpugnable. La pratique de Tang San ne pouvait être décrite comme non assidue, mais même avec son talent naturel, il était encore incapable d’atteindre le second niveau.

Mais son entraînement n’était définitivement pas gâché. Malgré le fait que sa Technique Céleste Mystérieuse ne progresse pas, sa force intérieure continuait de s’endurcir en même temps que sa forge du bloc de fer avançait, et sa vitesse de récupération semblait elle aussi un peu plus rapide qu’avant.

Pendant ces onze jours, Tang San avait balancé le marteau plus de 8000 fois, le bloc de fer devenant constamment plus petit. Il ne faisait déjà plus qu’un tiers de sa taille originale. Avec son entraînement et l’augmentation de ses quantités de nourritures, son corps devint plutôt solide, en même temps que sa force physique évoluait petit à petit. Par conséquent, pendant le processus de forge, la consommation de force intérieure diminua graduellement. Avec l’augmentation de l’endurance de sa force intérieure, sa force physique augmenta largement elle aussi.

Lorsqu’il abattit son marteau une millième fois, le bloc de fer avait notablement changé ; c’était un petit cercle, et bien que le centre du feu le chauffait au rouge, il pouvait faiblement percevoir que les impuretés intérieures avait sensiblement diminué en nombre.

Tempérer le fer en acier, ces mots apparurent dans l’esprit de Tang San. Cela le rendit encore plus déterminé à accomplir dix mille coups de marteau. Et la distance qui le séparait de cet objectif n’était plus très grande.

La persistance de Tang San étonna grandement Tang Hao. Il lui semblait que même si son fils était né avec une force surhumaine, il devrait être impossible de persévérer au-delà de trois jours. La poignée du marteau était dépolie pour l’empêcher de glisser et causerait inévitablement des blessures majeures à la paume de la main. Mais il découvrit que bien que Tang San forgeait honnêtement, ses deux tendres et jeunes petites mains ne semblaient pas changer. Il n’avait même pas d’ampoules.

Partie 4

Puisque Tang San ne voulait pas perdre son père, et que de plus il ne voulait que son ex-identité soit connue, il ne dirait naturellement pas à Tang Hao que c’était parce qu’il pratiquait la Main de Jade Mystérieuse de la Secte Tang.

Afin de fabriquer de bonnes armes secrètes, les prérequis étaient une combinaison de vision, de force manuelle ainsi que d’effort. C’est ce qui était appelé « Le cœur vers l’œil, l’œil vers la main ». De ce fait, dans la Secte Tang intérieure, les prérequis regardant la vision et la force manuelle étaient extrêmement haut.

L’Oeil du Démon Pourpre avait un effet d’amélioration maximum sur la vue grâce à une pratique durant le bref instant du levé de soleil à l’est.

La Main de Jade Mystérieuse avait pour effet de rendre la paume dure et solide, en plus de bloquer n’importe quel poison.

Ces deux techniques étaient les bases requises pour tous les disciples de la secte intérieure. Même si la Main de Jade Mystérieuse de Tang San était loin d’avoir atteinte un niveau suffisant, elle pouvait toujours protéger sa paume contre les ampoules venant des abrasions.

« De plus, ma poigne peut être considérée comme suffisante maintenant. » Tang San dépensait toute son énergie dans ses mouvements avec le marteau. Durant cette action répétitive, son cœur n’était pas calme du tout. Sa compréhension concernant ce monde était toujours faible, cet endroit n’était qu’un petit village, rien de plus.

Dans ce monde appelé Douluo Dalu, le continent était divisé en deux grands empires, qui pouvaient également être décrits comme des coalitions. Parce que à l’intérieur de ces deux empires, une grande partie des territoires avaient été conférés à des vassaux, et le nombre de nobles possédant une armée ne pouvait être compté.

De ces deux empires, celui dans lequel Tang San vivait était l’Empire du Dou Céleste, l’autre était l’Empire du Luo Étoilé(*).

La province de Fasinuo était géographiquement proche de la frontière entre ces deux empires, et le village de l’Esprit Sacré, près de Nuoding, n’était même pas à 200 li(*) de celle-ci.

Tang San avait apprit grâce aux villageois, que sur le continent de combat, les art martiaux de son monde n’existaient pas, mais il y avait une chose appelée Esprit. Il était dit que tout le monde avait un Esprit propre, et que seul de rares personnes étaient capables de cultiver leur Esprit, donnant naissance à une profession appelée les Maîtres Spirituels. Et ces Maîtres Spirituels étaient la profession la plus noble sur tout le continent. Selon une légende, cent ans auparavant, le village de l’Esprit Sacré avait produit un Sage Spirituel, en d’autres mots un Maître Spirituel renommé ; Sage Spirituel correspondait à un certain rang pour les Maîtres Spirituels.

Les Esprits étaient divisés en deux catégories principales, l’une était les Esprits Utilitaires, l’autre les Esprits Bestiaux. Comme leur nom l’indique, quand un Esprit était un outil, c’était un Esprit Utilitaire, et avec un animal en tant qu’Esprit, un Esprit Bestial. En les comparant, on constatait que les Esprits Utilitaires étaient beaucoup plus variés, et que la majorité des gens avaient un Esprit Utilitaire. De plus, le pourcentage de gens avec un Esprit Utilitaire qui ne pouvaient pas cultiver était beaucoup plus important que pour les Esprits Bestiaux.

Tang San avait une fois rencontré la personne du village dont l’Esprit était une pioche, clairement il s’agissait d’un esprit qui ne pouvait pas cultiver. Mais malgré cela, il travaillait relativement plus vite que les villageois ordinaires.

Tang San comprenait aussi pleinement cela parce que tout ceux qu’il avait rencontré avait leur propre Esprit, Tang San voulait par conséquent aussi savoir quel était son Esprit martial. Après tout, Esprit Utilitaire ou Esprit Bestial, n’importe lequel des deux était suffisant tant qu’il pouvait cultiver, non ?

Pour les habitants du continent de combat, l’Esprit s’éveillait à l’âge de six ans. Et dans quelques jours Tang San aurait six ans. Inconsciemment, Tang San sentait que la raison pour laquelle sa Technique Céleste Mystérieuse était incapable de progresser, était son Esprit.

Concernant à l’idée de devenir un Maître Spirituel, Tang San n’était pas particulièrement intéressé, mais il était déterminé à devenir un expert des armes secrètes de la secte de Tang intérieure, même avec le peu de force intérieure (qi) qu’il avait.

« Tang Hao, es-tu occupé ? » Alors que Tang San déployait de grands efforts pour atteindre son objectif des dix-mille coups de marteau, il entendit le son de la voix d’un vieil homme dehors.

C’était actuellement l’après-midi, Tang Hao était en train de travailler, de créer des outils de ferme, et ce qui pouvait être entendu comme réponse était un simple « ng ».

Tang San, plutôt curieux, sortit de sa chambre, seulement pour voir un vieil homme, qui semblait avoir bien plus de soixante ans, une figure dégingandée, mais pleine de santé et joviale, une tenue parfaitement propre et soignée, des cheveux méticuleusement coiffés. La comparaison entre Tang Hao et ce vieil homme était simplement trop choquante.

Tang San connaissait cette personne, il était l’ancien du village, Vieux Jack.

« Petit San, viens, laisse papy te regarder de plus près. » Vieux Jack se tourna vers Tang San et lui fit un signe de la main.

L’ancien du village d’ici était un personne bienveillante, grandement respectée par tous les villageois, et il leur amenait souvent quelque chose à manger.

« Papy Jack, bonjour » Tang San marcha jusque devant Vieux Jack, pour s’incliner respectueusement. Quand une personne le traitait correctement, Tang San s’en souviendrait toujours dans son cœur.

Tang Hao dit indifféremment, « Je suis occupé, ancien. »
Vieux Jack n’avait pas plus de dix ans que lui, mais le fait d’être mis dans la même génération que lui le mettait toujours de mauvaise humeur.

Vieux Jack semblait déjà être habitué au caractère de Tang Hao, « Tang Hao, ah, Tang San a si rapidement atteint l’âge de six ans. Il devrait participer à la cérémonie de l’éveil de cette année. »

Tang Hao jeta un regard à Tang San, disant indifféremment : « Va participer alors. C’est quel jour ? »

Vieux Jack dit : « Dans trois jours, quand il sera l’heure, je passerai le chercher pour l’amener. » Son expression en regardant Tang Hao, semblait dire « si tu l’accompagnes, il sera sûrement en retard. »

Tang Hao baissa légèrement sa tête, ne payant plus attention à l’ancien du village.

Tang San, qui néanmoins était plutôt curieux, dit : « Papy Jack, qu’est-ce-que la cérémonie de l’éveil ? »

Vieux Jack dit sérieusement : « Nous avons tous notre propre Esprit, qui s’éveille vers l’âge de six ans grâce à la cérémonie de l’éveil. Avec un Esprit, nous pouvons améliorer nos compétences dans un certain domaine. Même un esprit ordinaire peut toujours aider. Si par chance tu gagnes un esprit impressionnant, nous pourrons parler de cultivation, peut-être même jusqu’au niveau où tu pourra devenir un Maître Spirituel. La cérémonie de l’éveil a lieu une fois par an, je ne peux pas te laisser la manquer. C’est un seigneur intendant venant d’une branche du Hall Spirituel(*) de Nuoding qui vient personnellement aider les enfants du village à s’éveiller. Cependant ce seigneur intendant a atteint le rang de Grand Maître Spirituel. »

Alors qu’il disait les mots « Grand Maître Spirituel », il y avait une admiration évidente dans les yeux du Vieux Jack.

Tang San avait seulement entendu quelques vagues choses à propos des Maîtres Spirituels, il ne pouvait donc pas laisser passer l’opportunité de se renseigner, en disant : « Que signifie Grand Maître Spirituel ? »

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1 Le Dou dans « l’Empire du Dou Céleste » est le même que dans Douluo en chinois
2 Tang Hao : Tang « Sans Limite »
3 Le Luo dans « l’empire du Luo Étoilé » est aussi le même que dans Douluo en chinois
4 1 li = 500 mètres
5 « Spirit Hall » en anglais, peut être soit un lieu soit une organisation répandue dans tout le continent dans la nouvelle



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