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ATG Tome 1 Chapitre 6

 


Trad : Nova
Edité : Strike
Checké : Ptit Lu et Salpatate


Chapitre 6 : Une beauté inégalée.

Quand Xiao Ying était encore en vie, le statut de Xiao Lie au sein du Clan Xiao n’était second à celui de personne, pas même à celui du chef du Clan qui à cette époque faisait preuve d’un grand respect envers lui. La raison était simple : le talent de Xiao Ying était tel que tous le considéraient déjà comme le futur grand expert du Clan. Dans un monde qui respecte la force, en tant que père de Xiao Ying, Xiao Lie était tenu en haute estime. Cependant, à la mort de Xiao Ying, son unique petit-fils s’avéra avoir des Veines Profondes endommagées. Aussi puissant que pouvait être Xiao Lie, avec son fils décédé et son petit-fils infirme, qui allait encore le craindre ? Très clairement sa famille était en déclin, et sa position dans le Clan Xiao en fut fortement impactée.

Xiao Lie n’arborait toutefois aucune colère ni ressentiment envers tous ceux l’insultant avec cynisme et lui portant des coups bas. Il était depuis longtemps habitué. Avec un sourire indifférent, il répondit :

« Je vous remercie tous de vous être personnellement déplacés aujourd’hui. Je vous invite à venir trinquer pour célébrer cet événement.

— J’ai été suffisamment poli en venant personnellement aujourd’hui, nous n’avons donc pas besoin de trinquer. Mon petit-fils Xiao Chengzhi vient juste d’atteindre le septième niveau du Domaine Profond Élémentaire. J’ai déjà passé assez de temps ici, je dois maintenant m’en aller l’aider à se stabiliser. », dit le Troisième Doyen tout en se levant.

— Chengzhi a déjà atteint le septième niveau du Domaine Profond Élémentaire ? Réaliser un tel exploit à seulement dix-sept ans, son avenir est décidément sans limite. Je comprends mieux pourquoi vous êtes si heureux aujourd’hui, un tel événement doit vous apporter une grande joie ! »

Les quatre autres Doyens se levèrent pour le féliciter, l’air surpris.

Bien qu’étant capable de faire preuve d’une grande retenue, le regard de Xiao Lie brûlait de colère. Ses quatre frères avaient toujours été respectueux envers lui, mais depuis la mort de Xiao Ying et la triste révélation sur les Veines Profondes de Xiao Che, leur attitude avait pris un tournant vers le pire. Pour dire les choses simplement, ils ne faisaient plus preuve du moindre respect envers lui. Habituellement, ils passaient déjà leur temps à vanter les réussites de leurs petit-fils, et même aujourd’hui dans le hall de mariage de son propre petit-fils, ils continuaient à faire de même sans la moindre gêne. Et tout cela dans un seul but : remuer le couteau dans la plaie de Xiao Lie, jusqu’au plus profond de son cœur.

Au milieu des entraînants battements de tambours et des gongs, le jeune couple qui venait de finir les rituels de salut, se mit en route et se dirigea vers la modeste demeure de Xiao Che. La chambre nuptiale était la pièce dans laquelle vivait normalement Xiao Che. Elle avait été redécorée entièrement en rouge. Le tapis sur le sol était finement brodé d’un dragon et d’un phœnix voguant à travers les nuages, un symbole favorable pour un mariage heureux. La pièce revêtue de soir rouge arborait un large symbole du double bonheur, et deux bougies brillaient ardemment dans des lampes dorées. Le dragon et le phœnix gravés dans la cire des chandelles semblaient se mouvoir sous l’effet de la lumière vacillante. Leurs éclats se reflétaient sur le glacis doré des rideaux et remplissaient la pièce d’une atmosphère brumeuse et idyllique. L’endroit était complètement isolé du monde extérieur et brillait d’une douce lueur.

La servante de Xia Qingyue, Xia Dongling, mena et fit s’asseoir sa jeune maîtresse sur le lit, et se retira de la pièce discrètement, fermant la porte derrière elle. Le silence se fit alors, et seules leurs respirations se faisaient encore vaguement entendre.

Xia Qingyue était assise, silencieuse et immobile. Xiao Che ne l’approcha pas, restant au pas de la porte qu’il fixait le regard sombre comme s’il tentait d’y voir à travers.

« Ton grand-père n’a eu le droit à aucun respect durant ton propre mariage, tu dois en être profondément contrarié non ? »

Une douce voix entra dans les oreilles de Xiao Che, et son expression changea. Bien que les mots de Xia Qingyue l’irritèrent, il était surtout surpris qu’elle prenne l’initiative et lui parle.

Xiao Che lui jeta alors un coup d’œil et dit d’une voix hésitante :

« Tu peux retirer ton diadème désormais. Cette chose doit être bien lourde et le porter trop longtemps risque de devenir vite inconfortable. »

Selon les traditions de mariage du Continent du Ciel Profond, le mari devait retirer le diadème de la tête de sa femme. Mais quelques heures auparavant, alors qu’il voulait l’aider à mettre un pied hors de sa voiture, elle avait piqué sa main de son étrange aura glaciale. Et Xiao Che était bien trop fier pour se permettre de la toucher et de la laisser recommencer. De surcroît, il considérait comme très peu probable le fait qu’elle accepte son aide s’il lui proposait de retirer lui-même son diadème.

Après une courte hésitation, Xia Qingyue leva les mains et retira silencieusement son diadème. À ce moment, un visage magnifique, à couper le souffle apparut dans le champ de vision de Xiao Che. Alors qu’elle relevait ses yeux enchanteurs et que son regard croisait le sien, Xiao Che était stupéfait… Une paire de prunelles magnifiques et indescriptibles rencontra les siennes. C’était comme si l’essence même du monde s’y était déposée. Pas même le peintre le plus talentueux au monde, ni les mots les plus beaux et les plus rares ne pouvaient fidèlement représenter leur beauté. Sa peau de jade et crémeuse était blanche comme la neige sous les pâles lumières de la pièce. Ses lèvres étaient tels les plus délicates pétales du monde et son nez, la plus magnifique des sculptures de jade blanc, retroussé et fier d’un air de noblesse inné.

« Ta réputation te précède… » murmura Xiao Che, l’examinant sans ciller. Une paire de magnifiques yeux le fixaient attentivement en retour. Ses prunelles étaient telles un abysse, attirant toute son attention et ses pensées, il était impossible de détourner le regard.

Bien qu’il s’agissait d’un mariage arrangé, décidé depuis sa naissance, mis-à-part de rares coups d’œil quand il était jeune, c’était la première fois qu’il voyait vraiment Xia Qingyue depuis ses dix ans. Dû au fait que Xia Qingyue ne quittait que rarement son domicile et que Xiao Che, étant infirme, avait une estime de soi des plus faibles, ayant dégénérée en un complexe d’infériorité. Il avait uniquement entendu parler de Xia Qingyue via des rumeurs et ouï-dire, et après avoir appris qu’elle était devenue une beauté sans pareil, il avait tenté de se l’imaginer.

La vague image qu’il s’était construit d’elle dans son esprit fut balayée devant la perfection qu’était Xia Qingyue, juste en face de lui. Un tel être était au-delà de son imagination et ne pouvait être décrit. Même Xiao Che, avec les expériences et les souvenirs de deux vies ne pouvait s’empêcher de se perdre dans ses pensées, confronté à une telle vue.

Xia Qingyue était qualifiée de beauté numéro une dans la Cité du Nuage Flottant, mais si quelqu’un venait à affirmer qu’elle était numéro une dans tout l’Empire du Vent Bleu, Xiao Che ne remettrait pas en cause cette allégation. Il ne pouvait pas imaginer qui que ce soit capable de surpasser la magnificence qu’il avait devant ses yeux. Et la fille en face de lui n’avait que seize ans, à cet âge elle n’avait pas encore fini de s’épanouir, mais il était déjà impossible de s’imaginer ce qu’elle deviendra dans quelques années… peut-être attendrait-elle le stade de divinité.

Une fille dont le moindre des gestes et sourires avait le pouvoir de bouleverser le monde était née dans l’insignifiante Cité du Nuage Flottant. Et cette fille est aujourd’hui devenue ma femme… Xiao Che ne pouvait s’empêcher de remettre en doute l’authenticité d’une telle réalité.

« Et tu n’es pas comme les rumeurs le rapportent, ni comme je t’avais imaginé. »

Xia Qingyue se leva et les délicates courbes de son corps se mirent en mouvement tandis qu’elle s’approchait de Xiao Che. Ses yeux brillaient comme le reflet du soleil sur l’eau, et elle ouvrit légèrement ses lèvres :

« Les rumeurs disent que tes Veines Profondes sont endommagées et que tu es bloqué au niveau un du Domaine Profond Élémentaire. À cause de cela, tu as une faible constitution et une estime de toi si basse que tu ne sors jamais de chez toi. Tes seuls amis sont ta petite tante Xiao Lingxi et mon jeune frère Yuanba. Et la seule chose pouvant être considéré comme une qualité chez toi est ton apparence. Ton aura Profonde n’est pas seulement faible et trouble, mais tes Veines Profondes sont en effet infirmes. En revanche, ta personnalité est complètement différente de tout ce à quoi les rumeurs prétendent. »

Xia Qingyue s’arrêta à une distance de trois pas de Xiao Che et le fixa de ses yeux magnifiques.

« Bien que tu aies délibérément dissimulé ton vrai tempérament, j’ai senti ton arrogance dès le moment où j’ai posé mon regard sur toi. Tu es le parfait opposé de ces rumeurs. Plus tôt chez moi, j’ai gelé ta main avec mon pouvoir Profond mais ta réaction étrangement calme m’a surprise. Si ta main n’en avait pas été figée, je serais venu à douter de mon propre pouvoir. Et au mariage, alors que ton grand-père et toi étiez ridiculisés lors d’un événement aussi important, tu n’as eu l’air d’être en colère que durant un battement de cil, puis plus rien. Ni ton visage, ni ton pouls ne montrèrent la moindre fluctuation. Il est difficile d’atteindre un tel état mental, même pour quelqu’un d’expérimenté et au stade Profond de l’Esprit. Quand tu me regardes, je vois dans tes yeux une étincelle de détermination qui ne s’est toujours pas éteinte. Les dégâts à tes Veines profondes sont un fait, mais ta vraie personnalité et ton état d’esprit ont réussi à berner tout le monde. », murmura Xia Qingyue, ses yeux infiniment profonds fixant Xiao Che.

Xiao Che sursauta de surprise.

Avec Xia Qingyue aussi proche de soi, une personne normale serait en extase en présence de son doux parfum floral mais Xiao Che ne pouvait pas se permettre d’être dérangé par cela. Il était choqué au plus profond de lui-même, dévisageant Xia Qingyue avec admiration. C’est vrai, il était en effet une personne fière peu importe la situation et son interlocuteur car lorsqu’il était encore sur le Continent du Nuage Azur, il était l’un des plus orgueilleux seigneurs de guerre. Personne dans la Cité du Nuage Flottant ne pouvait égaler un de ces éminents personnages de son passé. Et bien que sa force était maintenant infiniment moindre, sa mentalité était restée la même. Cependant il avait dû faire profil bas et se dissimuler en raison de sa situation.

Ce qu’avait dit Xia Qingyue était un bilan exact de sa personnalité. Elle avait tout vu juste du premier coup !

Sur le chemin du Clan Xia au Clan Xiao il avait toujours pensé qu’elle le méprisait complètement et ne lui prêtait pas le moindre regard tant la différence entre eux était immense. Ce qui aurait été une hypothèse tout à fait raisonnable. Mais jamais il n’aurait pu croire qu’elle l’avait attentivement observé durant tout le trajet de retour. Xiao Che vit soudainement Xia Qingyue sous un autre jour, alors qu’il plongeait son regard dans ses yeux magnifiques. Ces yeux limpides qui avaient pu voir les moindres détails de son esprit et de son cœur le plongeaient en pleine perplexité.

Il fallait savoir que Xiao Che, avec les souvenirs et les expériences de deux vies, fut une personne qui face à tous les héros du monde ou même face à sa mort imminente resterait calme. Et pourtant elle avait lu dans son jeu en un instant !

Était-ce vraiment une fille qui venait juste d’avoir seize ans ?!

Comment cette jeune fille pouvait-elle posséder un regard et un esprit aussi affûtés ?

Xiao Che alla même jusqu’à la soupçonner d’être comme lui, une personne réincarnée dans ce monde !

« Et tu supportes tout cela ? », demanda Xia Qingyue après une courte pause.

— Le supporter ? »

Xiao Che lâcha un léger rire d’autodérision.

« Peut-être. Le fait que mes Veines Profondes soient endommagées ne peut être changé. Sur le Continent du Ciel Profond, vivre avec des Veines Profondes comme les miennes fait que chacun me méprise. Y-a-t-il réellement une différence entre se reprocher lâchement sa situation et la supporter silencieusement ?

La supporter ? Plutôt l’avait-il anciennement acceptée ! Hier encore, Xiao Che était comme les rumeurs le prétendaient. Mais peu importe à quel point Xia Qingyue était brillante, jamais elle n’aurait la folie de penser qu’il venait de se réincarner dans ce corps avec la mémoire d’une autre vie. Son tempérament et sa personnalité en avaient été profondément changés.

Les magnifiques yeux de Xia Qingyue se plissèrent tandis qu’elle leva sa main de jade vers sa poitrine, et y posa deux doigts. Soudain, une fraîche et non plus glaciale aura se fit sentir dans son torse et se répandit dans tout son corps. Alors Xiao Che allait lui demander ce qu’elle faisait, la sensation de froid disparue et Xia Qingyue ouvrit ses lèvres aussi délicates que des pétales de fleur :

« Tes Veines Profondes sont bien endommagées, mais ce n’est pas une malformation de naissance. Tu as probablement été attaqué plus jeune et quelqu’un a volontairement détruit tes Veines Profondes ! »


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