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ATG Tome 1 Chapitre 18

 


Trad : Nova
Edité : Strike
Checké : Ptit Lu


Chapitre 18 : Une aiguille d’argent pour libérer le froid.

« De qui tiens-tu cela ? » demanda froidement Xia Qingyue, ses pensées troublées. Au même niveau de force profonde, l’espérance de vie des membres d’Asgard du Nuage Gelé était sensiblement plus courte que celle des autres. C’était la cruelle vérité. Même au sein d’Asgard du Nuage Gelé, c’était un secret qui avait toujours été caché par les dirigeantes d’Asgard du Nuage Gelé.

La raison pour laquelle Xia Qingyue était au courant était car sa maîtresse l’avait distraitement mentionné après une de ses percées. De plus, elle lui avait précisé qu’il s’agissait du plus grand défaut d’Asgard du Nuage Gelé et lui ordonna strictement de ne rien révéler à quiconque, ses propres disciples y compris. Cependant à l’instant, Xiao Che venait de le clamer à voix haute.

« Si j’étais la maîtresse d’Asgard du Nuage Gelé, je consacrerais toute mon énergie à dissimuler ce défaut et empêcher tout étranger de l’apprendre. Penses-tu que j’aurais pu l’apprendre de quelqu’un d’autre ? », dit Xiao Che, retroussant ses lèvres.

« Je suis réellement venu à cette conclusion en mesurant tout pouls, c’est tout. De ta réaction, il semblerait que tout ce que j’ai dit est juste.

— Je ne te crois pas ! » fit Xia Qingyue, en secouant sa tête. Être capable de déduire le plus lourd secret d’Asgard du Nuage Gelé simplement en mesurant le pouls ? C’est absurde. Si c’était si simple, en considérant les innombrables docteurs spirituels de l’Empire du Vent Bleu, le secret d’Asgard du Nuage Gelé aurait été exposé il y a déjà de nombreuses années.

Cependant, tout ce que Xiao Che venait de dire avait frappé au cœur du problème, avec une extrême précision. Dans de telles conditions, Xia Qingyue ne pouvait qu’en être déconcertée.

« Je savais que tu ne me croirais pas. » Xiao Che ramassa la jarre de médecine et le paquet qu’il avait précédemment déposé puis marcha vers la maison.

« Suis moi. »

Le regard de Xia Qingyue balaya les objets qu’il tenait dans ses mains. Après une courte hésitation, elle le suivit dans la chambre et ferma la porte derrière elle.

Après avoir déposé son matériel médical, Xiao Che ordonna à Xia Qingyue

« Assied-toi.

— Que veux tu faire ? Xia Qingyue le dévisageait avait suspicion.

— Je vais te soigner, évidemment.

— Il n’y en a pas besoin, fit immédiatement Xia Qingyue, secouant la tête.

— Que ce soit nécessaire ou non, il vaut mieux que tu en juges toi-même par la suite… Hé ! Tu n’es quand même pas réticente au point de ne pas vouloir essayer, si ? »

Xiao Che ouvrit le paquet et en sortit une boîte argentée. Il lâcha un soupir. Frustration et déception se dessinaient sur son visage.

« Je sais que tu ne crois absolument rien de ce que je dis. Mais quoi qu’il en soit, je n’ai ni les capacités, ni de raison de te faire du mal. La raison pour laquelle j’ai récupéré ces choses à l’infirmerie plus tôt dans la matinée, est uniquement car je veux t’offrir mes soins, c’est tout. Si ça marche, tant mieux, sinon, tu n’as rien à perdre… Vu que tu ne veux pas me croire, et que tu ne veux pas tenter ta chance, alors oublie ça. Prétends simplement que c’est de l’affection non partagée. »

Les mots de Xiao Che mirent Xia Qingyue mal à l’aise et une pointe de culpabilité grandit dans son cœur… Il était vrai que tout ce qu’il avait dit auparavant, et tout ce qu’il disait maintenant était dans le but de la soigner. Il n’avait exigé aucune compensation ni soumis la moindre condition. Il avait aussi, comme il l’avait affirmer lui même, aucune raison ou moyen de lui faire du mal… Peu importe le résultat, le rejeter purement et simplement était vraiment un peu excessif.

Xia Qingyue soupira intérieurement et s’assit à côté de Xiao Che :

« Comment comptes-tu me soigner ?

— … Tu es finalement disposée à recevoir ton traitement ? » Xiao Che la dévisagea puis tourna la tête dans une autre direction, l’air froissé.

Son attitude d’enfant vexé laissa Xia Qingyue dans l’indécision quant à savoir si elle devait en rire ou en pleurer, et sa voix s’apaisa :

« Je veux savoir comment tu vas me soigner.

— Eh, voilà qui est plus sage. » Xiao lui refit face, son visage tout souriant. Xia Qingyue le dévisagea le regard hagard… les changements d’humeur de cet individu étaient bien trop rapides !

« Tend la main. »

Xiao Che s’assit face à Xia Qingyue. En réponse, elle tendit les deux bras, les reposant à l’horizontal sur la table. Ses manches vermeilles étaient remontées jusqu’à ses coudes, dévoilant une paire de bras crémeux et blancs comme neige.

Xiao Che ouvrit la boîte d’argent. Étonnement, à l’intérieur étaient arrangées des dizaines de très fines aiguilles d’argent.

« Des aiguilles d’argent… Ne me dis pas que tu comptes utiliser l’acupuncture ? » Les sourcils en fins croissants de Xia Qingyue se levèrent.

« Ah ? Tu connais l’acupuncture ? » Xiao Che lui lança un regard plutôt surpris. À l’époque sur le Continent du Nuage Azur, il n’y avait même pas une dizaine de personnes capable de pratiquer l’acupuncture, même en l’incluant lui et son maître. Cependant, sur le Continent du Ciel Profond, cette pratique faisait partie des plus populaires traitements médicaux. Il était même possible de trouver des kits d’acupuncture dans l’infirmerie du Clan Xiao.

« Bien sûr que je connais. Je sais aussi que maîtriser les techniques d’acupuncture demande beaucoup de temps. Il faut des dizaines d’années pour avoir simplement un succès mitigé. Je n’ai jamais entendu dire que tu étudiais les techniques médicales, encore moins l’acupuncture. De plus, ta chambre n’a pas la moindre odeur caractéristiques des médecines traditionnelles. Que comptes-tu faire exactement ? » Le regard de Xia Qingyue était désormais méfiant et suspicieux.

Xiao Che prit une aiguille d’argent, la tenant à sa base entre deux doigts… Quand Xiao Che se saisit de l’aiguille d’argent, le regard de Xiao Qingyue en fut légèrement troublé. Car une fois dans les mains de Xiao Che, cette aiguille d’argent dégageait une sorte d’indescriptible sentiment d’harmonie, comme si elle avait naturellement poussée des mains de Xiao Che. Cette impression était subtile et indescriptible, et pourtant existait clairement.

Xiao Che ouvrit une petite bouteille et y trempa délicatement l’aiguille d’argent.

« Si je sais pratiquer l’acupuncture ou pas, tu vas vite le savoir. Bien sûr, si tu sens que quelque chose ne va pas, ou si tu sens que je me moques de toi, tu peux m’arrêter quand tu le souhaites.

— Qu’il y a-t-il dans cette bouteille ? Le regard de Xia Qingyue se posa sur le flacon.

— Du jus ordinaire d’un tournesol écarlate. » Xiao Che répondit instinctivement, son regard tombant sur le bras pâle de Xia Qingyue. Sa main gauche tenant l’aiguille d’argent se troubla légèrement.

Les mouvements de Xiao Che étaient incroyablement rapides, si vifs que Xia Qingyue n’eut pas le temps de réagir. Quand la main gauche de Xiao Che se retira, l’aiguille d’argent entre ses doigts avait disparue. En revanche, sur son poignet droite, une aiguille d’argent venait d’y être placée verticalement… piquant avec précision dans le point d’acupuncture Yang Chi.

Xia Qingyue ne ressentit aucune douleur, et il était même plus exact de dire qu’elle ne ressentit rien du tout. Si ce n’était pour le fait qu’elle fixait le regard surpris cette aiguille d’argent, elle n’aurait jamais su qu’une aiguille était plantée dans son poignet. Xia Qingyue en fut remuée… si rapide ? Non, c’était en effet rapide, mais surtout d’une grande habileté ! Il s’agissait d’une compétence ayant atteint un niveau extraordinaire, au point qu’on pouvait dire que c’était le sommet de cet art !

La seconde aiguille d’argent fut trempée par Xiao Che dans le jus de tournesol écarlate. Il se pencha vers le poignet droit de Xia Qingyue, sa main trembla légèrement et la seconde aiguille d’argent fut piquée avec précision dans le point d’acupuncture Yang Gu. Les troisième et quatrième aiguilles percèrent respectivement les points Zhong Zhu et He Gu.

Après la main droite, quatre autres aiguilles percèrent ces mêmes point sur la main gauche. Chaque fois, ses mouvements étaient si vifs que Xia Qingyue ne put voir qu’une légère ombre passer. L’étonnement dans son cœur grandit à mesure que chaque aiguille d’argent était plantée.

Elle ne savait pas si le traitement de Xiao Che allait avoir le moindre effet, mais Xia Qingyue ne pouvait fondamentalement pas croire que cette technique, d’une précision et maîtrise envoûtante, soit exécuté par un garçon de seize ans.

« Détend tes mains et respire profondément. Sous aucune circonstance, tu ne dois utiliser ta force profonde. »

La voix de Xiao Che résonna dans ses oreilles. Elle coopéra avec lui, ses mains se relâchèrent et sa respiration se calma. À cet instant, elle sentit soudain de l’air glacial se condenser dans ses mains. Puis, comme si trouvant un échappatoire, cet air se précipita rapidement dans les points Yang Chi, Yang Gu, Zhong Zhu et He Gu qui avaient été percés d’aiguilles d’argent…

Soudain, des volutes de brume blanche s’échappèrent des huit aiguilles d’argent, l’air froid accumulé  à l’intérieur venant refroidir la température ambiante. En sentant l’air froid fuir ses méridiens et formant rapidement un brouillard blanc, le visage clair comme neige de Xia Qingyue tressaillit.

Il fallut quelques minutes pour que cette brume blanche cesse de se former. À ce moment, Xiao Che tendit ses bras et agita ses mains, ses doigts se déplaçant comme un mirage. En une fraction de seconde, les huit aiguilles qui perçaient les mains de Xia Qingyue étaient retournées dans les siennes, puis il les rangea dans une nouvelle boîte.

« C’est air froid était plus dense que ce que je pensais. C’est une bonne chose que tu m’aies rencontré. », marmonna Xiao Che à voix basse, avant de fermer le coffret d’aiguille en argent et de demander :

« Qingyue ma femme, comme se sentent tes mains désormais ? »

Xia Qingyue leva ses deux mains, son regard vacillant. Légère, confortable, chaude… voilà comme elle sentait désormais ses mains. Comme si elle avait soudain été libérée de lourdes contraintes. C’était la première fois depuis qu’elle avait commencé à pratiquer les Arts du Nuage Gelé qu’elle avait senti ce genre de chaleur dans ses paumes et bras. Elle leva ses yeux pour regarder Xiao Che et demanda avec étonnement :

« Qu’as-tu fais exactement ?

— C’était en réalité très simple. J’ai simplement libéré l’air froid de tes mains et de tes méridiens. En même temps j’ai débouché tes méridiens encombrés. C’est tout. », répondit humblement Xiao Che.

« Tes techniques profondes d’Asgard du Nuage Gelé permettent à ton qi profond de devenir glacial et ainsi grandement augmenter ton pouvoir. La raison pour laquelle le qi profond glacial est plus puissant est car le froid est néfaste pour tout individu… Tes ennemis sont des personnes, mais tu en es une aussi. Avant de blesser quelqu’un d’autre, tu vas inévitablement te blesser toi-même. C’est un principe des plus évidents. Ce matin, quand j’ai touché ta paume, j’ai trouvé que la température de ta main était bien plus basse que celle d’une personne normale. Peut-être que les membres d’Asgard du Nuage Gelé pensent réellement que c’est une conséquence normale de la pratique des Arts du Nuage Gelé, mais d’un point de vue médical, ce serait très étrange qu’une telle température corporelle puisse être considérée comme normale ! Habituellement, quand tu n’utilises pas ta force profonde, la force profonde s’accumule dans les veines profondes et n’influence pas le corps. Cependant, aussitôt qu’il est utilisé, le qi profond du Nuage Gelé se lie à tout ton corps, le blessant quand il est libéré. Quand il circule, il va aussi te blesser ! Tu n’as pas dû cultiver les Arts du Nuage Profond depuis plus de quelques années, mais une grande quantité d’air froid a déjà pénétré tes cinq viscères, tes six intestins, ton sang, ta moelle osseuse et tes dantians, et continue à s’accumuler. Avec le temps, cela va continuellement causer de sévères dommages à tes organes internes, et ce serait surprenant que cela ne réduise pas ton espérance de vie ! Ces effets négatifs sont des choses qu’on ne croise pas en temps normal.

— …

— De plus, sous l’effet de cet air froid, les nombreux méridiens de ton corps vont souvent avoir des spasmes et ensuite se refermer, affectant grandement tes capacités à utiliser le qi profond. Tu peux essayer de transférer de la force profonde dans tes mains et comparer à auparavant. », dit Xiao Che le visage terne.

L’avis confiant de Xiao Che fut posé avec raison du début à la fin, présentant les causes et les effets. Non seulement cela, mais le raisonnement derrière était si simple à comprendre que même un idiot serait capable de le saisir. En y ajoutant les réactions franches de Xiao Che, il était basiquement impossible de le remettre en cause ou le réfuter.

Alors que Xiao Che parlait avec un visage sérieux, son cœur grimaçait en réalité… car bien tout ce qu’il avait dit était exact, c’était à la fois vrai… et à la fois n’importe quoi.

L’air froid s’amassant et causant des dégâts au corps était vrai. Le fait que cela allait refermer les méridiens était aussi exact… mais si les Arts du Nuage Gelé étaient aussi insupportables qu’il les avait décrit, comment Asgard du Nuage Gelé aurait-il pu avoir un quelconque prestige ? Sans mentionner l’idée de rester au sommet de l’Empire du Vent Bleu, il ne pourrait même pas survivre huit autres siècles. Après avoir cultiver les Arts du Nuage Gelé pendant un moment, le corps finirait par s’y habituer complètement. Alors, l’air froid contenu dans le corps, originellement néfaste, cesserait de le blesser, mais au contraire l’assisterait. Les méridiens bloqués se libéreraient alors naturellement.

Cependant Xia Qingyue n’avait pratiqué les Arts du Nuage Gelé que pendant trois ou quatre ans. Elle ne pouvait évidemment pas avoir atteint la phase d’adaptation totale. Ses mots combinés avec sa propre expérience jusqu’à ce jour, en addition des sensations suite au traitement, donnaient aux arguments de Xiao Che le son d’une vérité fondamentale.

Mais le « traitement » n’était qu’une excuse. Le « défaut » des Arts du Nuage Gelé n’était aussi qu’une excuse. Ce que Xiao Che comptait accomplir, lui seul le savait…


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